jeudi 19 juillet 2012

Et ce mal qui nous fait du bien... C´est extra!


Des cheveux qui tombent comme le soir
Et d´la musique en bas des reins
Ce jazz qui d´jazze dans le noir
Et ce mal qui nous fait du bien
C´est extra
Ces mains qui jouent de l´arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui brille


C'est Extra - Léo Ferré

C'est une course contre le temps où l'existence, souriant de toutes ses belles dents de piano rythmant le pas de nos respirations, parie contre nous; elle s'esclaffe devant nos trébuchements, devant la précarité de nos enjambées au-dessus du gouffre des sociétés mégalomanes que nous avons érigées sur des fondations de paille. "Il y a des clous de diamants, ça devrait tenir, pas vrai?" Querelle de bon sens dans l'humanité. On est quoi, au juste, si on meurt demain? Si la seule preuve que nous avons foulé cette terre avec l'angoisse effrénée de ne pas avoir le temps de coudre assez de pas est détenue dans la mémoire des gens qui nous ont frôlés du bout du souvenir, ces mêmes personnes qui se plient et se mutilent pour ressembler au portrait borgne que nous renvoie l'industrie, peut-être n'existons nous même pas? Comment est-ce que la réminiscences de la texture de no lèvres gercées lors d'une étreinte alcoolique - robe rouge cerise sur le vieux parquet de bois franc. Amalgame d'épidermes sur un matelas à demi-éventré. Haine et larmes au creux du coeur et seuls des soupirs de plaisir parviennent à s'échapper de nos lèvres entrouvertes -, souvenir si bénin dans l'épreuve de demeurer, pourrait garantir l'affirmatif de notre présence à un endroit bâtit par notre race, à un moment dont le nom a été inventé de toute part par une génération, un peuple, une poussière qu'on nomme vie dans le désert des heures? Les aiguilles filent, cercles concentriques de répétition des mêmes erreurs et éclats de rire, et puisqu'on sait - sans l'avoir déjà détaillé toutefois - que le sablier de nos années comptées avec la précision d'un métronome se vide, que la durée de nos embourbes coule hors du goulot de ce que nous connaissons, on s dit qu'il faut tout essayer, tout faire: souffrir, sourire, aimer, baiser, réussir, envoyer chier, danser, caler, gémir, respirer, démolir, reconstruire, brailler, faire pleurer, accumuler, bronzer, manger, dormir, continuer, continuer, larguer, chanter, accoucher, divorcer, vivre, vivre, vivre! Et recommencer.
On guillotine notre vie à vouloir la goûter pleinement.

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