mardi 31 juillet 2012

If I didn't tell her, I could leave today



-------Ces sentiments qu'on assassine
-------Pour ne pas débourer les chevaux d'écume de nos veines,
-------Spectres d'émotions à la guillotine
-------Qu'il vaut mieux oublier pour taire notre peine.

-------Ces sentiments qui se fatiguent
-------Et nous abattent au rythme de leur agonie,
-------Courant trop faible pour déchirer la digue
-------Qui avant parvenait à étouffer notre ennui.

Tu me manques. Tellement. Tellement que ça me donne envie de gerber. Et le pire, c'est que je t'ai vu hier. Je ne me rendrai pas bien loin, si ça continue de la sorte
Quelle petite conne je fais... Tomber amoureuse, quelle idée, et à mon âge en plus! J'aimerais bien mieux donner des tickets à tous les hommes qui pénètrent mon appartement et m'en foutre comme de l'an quarante. Comme à la crémière, je distribuerais des sucettes.
C'est si étrange. J'aimerais vraiment croire que nous pourrions passer des soirées, étendus entre ces corps d'arbres enveloppants et oppressants, à écouter ces vieilles mélodies hypnotisantes d'harmonies vocales des années 60s, qu'on s'oublie et que le monde nous oublie aussi dans ces envollées impressionnistes où je suis supposée finir ma deuxième session dans les deux prochains jours mais où je passerai surement l'essentiel de mon temps à ressasser à quel point j'aimerais que tu y sois, revenir une semaine en arrière, boire moins et ne pas coucher avec le héros d'Itak, de toute façon, j'ai toujours préféré les fous aux cavaliers (le roi, on n'en parle même pas. La perfection me fait trop peur, au point de me dégoûter).
J'aimerais pouvoir te dire qu'il n'a été qu'une envollée alcoolique comme j'en ai tant connu, que si je lui ai prêté mes lèvres et mon corps, c'est probablement que je ne savais pas comment te les proposer à toi, que de se donner entièrement à quelqu'un, avec sincérité et douceur, et douleur et rancoeur, en espérant qu'il vous rende cette affection miroitant contre les larmes dans vos yeux, c'est bien plus risqué que d'offrir son épiderme raturée de souffrance au premier venu qui voudra bien la profaner de ses ongles et de ses dents, comme on tag un nom pastiche et inutile par-dessus les rubriques éphémères calligraphiées à la canette, sur les briques sales des ruelles d'un centre-ville qui a déjà été possédé par bien d'autres junkies espérant que leur anarchie resterait dans les mémoires mégalopoles d'un monde de poussières au vent (Au bal des écorchés / Ce n'est pas par amour / Que peaux cicatrisées / Se joignent après le jour). Je voudrais tellement, tellement pouvoir effacer ces heures là, t'en proposer des nouvelles, toutes neuves, qu'on les tache à deux de toutes les conneries que nous nous savons capable de faire, qu'on les peinture de notre sueur ou de nos larmes ou de nos silences...
Tu vois, avec toi, je ne ressens même pas le besoin de m'emboiter comme une pièce de casse-tête; je veux seulement une promesse, muette, peut-être, si nous ne sommes pas capable de l'aritculer, que tu ressens quelque chose, je ne sais quoi, quelque chose, putain, quelque chose... Je me meures ici à attendre l'impossible, et des scénarios ridicules germent dans mon crâne à mesure que j'appréhende le fait que tu reposeras peut-être tes pieds dans le château de cèdre de mon paternel... Peux-tu seulement m'accorder cette danse où nos mains se croisent et s'esquivent, et se retouchent et se serrent? Derrière les yeux de celui qui m'aime trop, derrière ses rétines, il ne peut pas te détester, s'il n'en sait rien, pas vrai? Donnes-moi juste le droit de te dire que je tiens à toi plus qu'il ne m'en est permis pour ne pas me sentir mourir quand je croiserai ton embarras au détour d'un regard.
J'asphyxie. J'ai besoin d'air. Mais davantage du tiens. Peux-tu me prêter ton haleine de cigarette à quelques pas de la mienne? C'est que je crois pouvoir puiser plus de plaisirs dans sa débauche que je n'en trouve dans ma saineté mentale.
Vous m'avez fais redevenir une dépendante de l'adrénaline, une accroe aux sensations un tant soi peu plus forte, une junkie des paradis artificiels, tant qu'ils nous donnent des aubes roses détaillées à travers le filtre absurde des boissons d'adieux hâtifs... Ce n'est pas très bien. Je me demande comment je vais bien pouvoir reprendre le rythme morne et monotone de l'année scolaire qui s'ammorce dans moins d'un mois. Comment je vais parvenir à ne pas me trancher les veines la veille de la grande escapade dans les couloirs millionnaires de ce collège de gosses de riche - comme moi! Comment je vais réussir à respirer sans tenir une bière dans ma main.
Je voudrais exister. JE VOUDRAIS EXISTER, VOUS COMPRENEZ, ÇA, PUTAIN? Mords-moi, la vie, mords-moi, je suis trop cynique pour en faire de même, et de toute façon, les dents d'or de mon sourire juvénile sont pourries.
Je me sens devenir complètement cinglée, perdre le contrôle, me prendre de manies terribles, comme aller me cacher entre les souches d'arbres et écouter le soupir du vent dans les feuilles qui dorment durant des heures sans me soucier du fait que je suis atrocement dangereuse pour moi-même, ou me rentrer des aiguilles dans la peau de plus en plus profond jusqu'à ce que la douleur soit intolérable, ou paranoyer durant des heures sur le fait que tu me détestes et ne veux pas me voir, et avoir possiblement raison, au fond. Folle. Putain de folle.
Si vous saviez...
Je déteste tout ce qui s'apparente à une affection univoque pour un être sans équivoque, c'est compris? J'ai envie de briser des murs et de bouffer mes doigts jusqu'à ce que mes dents rongent mes coudes. J'ai envie de gueuler jusqu'à ce que mes cordes vocales se cassent et s'embobinent comme celles d'une guitare grattée trop violemment. J'ai envie de faire l'amour à des inconnus ramassés sur la rue, à un itinérant qui n'a pas goûté à la tendresse depuis une dizaine d'année, quand sa femme l'a laissé parce qu'il préférait se piquer de l'oubli des aiguilles au lieu de caresser la mémoire de ses yeux (Au bal des écorchés / Les aiguilles sont vides / Leur oubli déversé / Dans des veines translucides). J'ai envie de me recroqueviller en petite boule et de pleurer longtemps et probablement ensuite de mourir.
Serres-moi dans ton étreinte de papier journal, petit soldat de bois; je te promet de tenter de ne pas nous enflammer de mes intempéries émotionnelles. Je te jure d'essayer de ne pas nous casser comme tu sembles avoir été réduis en minuscules morceaux qu'on ne pouvait pas recoller sans quelques malformations, invisibles du monde extérieur, mais qui lentement prennent l'humidité de tes larmes et finiront par te pourrir les synapses. Je pourrais essayer de panser tes ventricules fondues de plastique calciné, comme les voitures qui ont été embrasées devant ta demeure hypothétique (dis donc, que serait mon été devenu si tu n'avais pas été à Montréal en Septembre?), je crois que je pourrais m'y retrouver, j'ai moi-même colmaté tant de fois les artères déchiquetées sensées me faire fonctionner.
Nos coeurs sont des caveaux, des catacombes où sont mortes trop d'amour pour que nous puissions ne pas voir dans les battements irréguliers de leurs rythmes la promesse militaire d'une mort inévitable. Il y a tant d'alcôves funéraires qui abritent mes défunts sentiments dans mon âme, je ne sais pas s'il me reste quelque part où dormir et me reposer, souffler un peu... De toute façon, 
Je me fais des idées. Mais j'aimerais tellement pouvoir avoir un seul souvenir de mes lèvres contre les tiennes... Foutue boisson, foutue existence humaine déplorable dégoulinante de tristesse et de morve et de rire et de doute.
Je t'aime, moi non plus. Comme toujours, j'imagine.
On a soulevé l'idée d'aller passer un weekend à New York. Vous imaginez le nombre de conneries que je raconterai si ça se concrétise? Vous en auriez pour des jours à pleurer ma démence affective.

lundi 30 juillet 2012

Tes réveils sans sommeil s'accumulent en angoisse


Lola, Lola... La veuve noire et l'amante de nacre.

J'ai complètement sauté un fusible. Après quelques gin tonic, brandy-jus d'orange, verres de vin et bières, j'imagine que les idées s'empêtrent toujours un peu, mais là, il y a vraiment eut plus que des étincelles, ce fut un kamikaze émotionnel, un carnage rouge dentelle déchiré par ses doigts tremblants et ma peau brûlante d'une demande muette strictement charnelle. Je déteste quand mon corps éclipse mon âme.
Je déteste également quand les gens connaissent ma sexualité. Alors lorsque c'est quelqu'un que j'aime bien qui m'offre l'exposé de mes amalgames corporels avec un de ses meilleurs amis, je fulmine, et non, je n'ai plus envie de t'embrasser et de te pousser contre le premier matelas venu, peu importe à quel point je pourrais en avoir envie.
Je ne veux pas le dire, je ne veux pas le dire, je ne veux pas le dire, mais jet'aimepeut-êtreunpetitpeutabarnackdecaliced'estidemarde.
Je ne comprend plus rien.
On a eu un moment tellement génial, où, étendus à l'intérieur de l'étreinte de pierre de l'étrange humanoïde coin St-Denis et Sherbrooke, on ne faisait qu'écouter les paroles douces d'une Lana Del Rey à la beauté de la voix exacerbée par son contact délicieusement tiède. Couchée la tête contre son bras, moi, lui, saouls à deux heures du matin, j'aurais tellement voulu avoir le droit de poser mes lèvres contre les siennes sans qu'il n'y ait d'étrangeté le lendemain, comme il me l'est permis avec son meilleur ami... Je me prenais un plaisir un peu malsain à savoir que comme les bars fermaient et que nous restions couchés côte à côte en fredonnant nos comptines alcooliques, il était en train de charcuter ses heures de sommeil alors qu'il travaillait à 8 heures du matin le jour même. Quand nous avons recommencé à marcher, par la suite, je me retenais tellement fort de ne pas lui prendre la main, parce que je ne voulais pas le forcer à quoi que ce soit et que j'ai la paranoïa des émotions facile. Et comme nos doigts se frôlaient par la proximité de nos pas, c'est lui qui m'a doucement saisi les doigts, comme si c'était une constance nécessaire dans nos escapades jusqu'à Parc, de la façon la plus naturelle qu'il soit.
Continuation des descriptions de mes déboires adulescents lorsque j'aurai davantage que 5 heures de sommeil dans le corps.
Si demain mourrait aujourd'hui, nous souviendrions-nous d'hier?

mercredi 25 juillet 2012

mardi 24 juillet 2012

Baby I'm a man, I was born to hate



Tabarnack d'osti de caliss de saint-ciboire.
Je suis jalouse en esti. Ou en fait non, juste fâchée parce que possessive, même des personnes que je ne veux pas.
Quelle personne étrange je fais!
Calice.


J'ai envie de:
- Tirer à la kalachnikov sur d'innocents pigeons qui n'ont fait que roucouler sur les trottoirs de Parc, parce que je suis une personne machiavélique.
- Boire avec monsieur et écouter du Lana Del Rey ensemble et pouvoir m'expliquer et qu'il mette un peu d'ordre dans ma tête. Remarcher dans la rivière avec lui et minimiser la crise que j'ai fais. Je ne veux point que vous pensiez que je regrette l'action, c'est simplement ne pas m'en souvenir et l'addition qui me dérange.
- Boire encore.
- Que LoCho soit sympathique de nouveau.
- Que Martie revienne pour que je puisse me vider le coeur.
- Que je puisse parler à Marie et qu'elle ne soit pas triste et qu'on puisse en parler and all and all.
- Tabarnack de caliss de merde.

lundi 23 juillet 2012

Stars


                     Bref, je me suis nické la gueule.
J'ai embrassé monsieur et couché avec son ami. Saloperies de merde.

samedi 21 juillet 2012

If you want me, let me know



C'est tellement étrange à relire...
Je ne m'en ennuie pas, mais c'était un moment tellement magique...
Tout le monde parle de la première fois qu'ils sont tombés amoureux comme de l'épisode rose bonbon et un peu embarrassé des rires coquets; moi, c'est la rencontre sur la peanut.
Officiellement, je veux vous dire merci, et bye-bye monsieur le Loup.


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"Je me sentais tellement en sécurité, dans mon petit cocon de dents qui claquent et d'amour universel ou exclusif (et puis fuck pour l'adjectif, je suis même pas capable de démêler ça), ou est-ce que c'était vraIment à cause des pillules ? Tabarnack.
Pourquoi est-ce que j'ai tant peur de tout ? J'ai peur que les gens me laissent tomber (Haha! Ironique.), j'ai peur de ne pas aimer ET d'aimer, j'ai peur de frapper le sol bientôt mais je crains encore plus peur que la chute dure encore longtemps... Pfffff. J'comprend plus rien. Faudrait peut-être que je prenne le téléphone, en fait. J'ose pas. Juste nice.
Même si j'essayais de justifier quelque chose, de tout vous expliquer, vous comprendriez pas. Simplement la vie, j'crois bien, comment on est nés, combien on est prédestiné à souffrir et combien, même en essayant de tout son coeur, certains n'y arrivent pas. Combien on comprend, combien on est égoïste, superficiel, ficellé à nos idéaux, à la liberté. La mienne se sent toute saucissonnée par... de l'espoir ? What the fuck is wrong with me ?!?
C,est que ça fait plus de 5 ans au moins que j'ai été comprise à ce point. À cause de des pillules.
...Arrête d'écouter ces chansons, Emma, sérieusement, t'es pathétique."



30 Août 2009.

vendredi 20 juillet 2012

Heart and soul, war is over



C'est étrange, je me sens tant à ma place au milieu de ces personnes qui connaissent des faits divers et excentriques similaires aux miens, qui critiquent la politique avec un sarcasme constant, qui se délectent de nombreux styles musicaux tous plus extravagants les uns que les autres; j'ai tellement l'impression pour une fois dans ma vie que on m'apprécie pour la personne que je suis... Je me sens légère, vivante et jolie la plupart du temps. Je ne me souvenais plus ce que c'était de s'estimer avoir un tant soi peu de valeur justifiée.
Bien sur, il y a deux petits problèmes; d'abord, je consomme des quantités astronomiques d'alcool et de Marie Jeanne. J'appréhende la descente inévitable, la dégringolade jusqu'aux bas des escaliers de marbre blanc de ces divins paradis artificiels, et j'essaie de m'imaginer qui je pourrai appeler quand je serai enfermée dans ma chambre, la lumière soufflée, les rideaux tirés, dans l'encre marine d'une journée barricadée par le blocus de mes neurotransmetteurs... J'espère que j'aurai le courage de composer son numéro, et j'espère encore davantage, naïvement, je rêve, oui, plutôt, qu'il viendrait me serrer dans ses bras, parce que nous aurions l'excuse que je suis complètement désaxée, que je suis un petit bibelot qu'il faudrait bien abrier de tes triceps de papier journaux si l'on ne veut pas qu'il se morcelle davantage. Je te promet de ne pas me segmenter entre tes pages et de ne pas barbouiller les nouvelles en pattes de mouche que personne n'a prit la peine de lire qui tissent les fils de tes muscles si tu m'enveloppes bien dans leur maigre chaleur inutilisée, comme ces châteaux Metro, Journal de Montréal et Cahier Arts et Spectacles de la Presse que se bâtissent les itinérants pour tenir le siège de l'hiver.
Et puis, aussi de temps à autre, je suis prise d'une angoisse asphyxiante que tout cela n'est que le mirage que j'avais besoin de me représenter pour survivre, mais qu'en réalité, vos visages ne soient que rêves hallucinés dans la fumée de mes propres intempéries de nicotine, dans les cercles concentriques troubles de larmes tombant une à une dans un verre de bourbon...
Alors je panique, je suffoque, je veux m'échapper de ma cage thoracique pour ne pas avoir à affronter le regard de plomb avec lequel mes propres prunelles mitraillent cet ingrat corps infirme et cette âme boursouflée par les hématomes du passé qui continuent à percer de leur lancinante douleur la peau de mes sourires présents.
J'ai peur qu'une fois qu'U. m'aura confronté sur son intérêt pour moi (que M. m'a confirmé après 8 pichets de bière et 2 verres d'absinthe, entre une conversation sur la mort prématurée de Sid Vicious et sur sa propre relation amoureuse... Douce soirée!), parce que je lui avouerai nécessairement que je ne suis pas le genre de fille qui tranche en deux semaines sur si elle éprouve le désir d'afficher une liaison, il se détachera de cette relation que je trouve pourtant tellement agréable, ira courtiser d'autres débauchées et je n'aurai plus ma place dans cette petite molécule d'hélium qui me fait léviter au-dessus de l'uranium de mes songes de jais.
J'ai également peur que M. ne me trouve vraiment pas aussi chouette qu'il semble le démontrer et qu'il l'affirme, et qu'une fois que j'aurai retourné U. de la sorte, étant forcément lié à lui par une amitié bétonnée par les années, je perde son appui, et celui de tous les autres lurons for that matter
Et puis, j'ai aussi peur de me faire des idées et que l'Anglais n'en ait strictement rien à foutre de moi, que je sois en train de divaguer depuis deux semaines sur cette curieuse relation qui s'échafaude sur les méandres de notre déchéance,  que toutes les demoiselles qu'il côtoie soient aussi surnommées grande ou gente dame et qu'il veuille aller prendre de longues marches avec elles lorsqu'il boit trop afin de leur expliquer qu'il ne veut pas qu'elles aient des aventures avec ses amis parce que "c'est chiant les histoires de cuttage", qu'il leur raconte son passé amoureux et qu'elles lui jouent dans ses cheveux d'or bouclés. Casque d'or.
J'essaie de me rassurer en me disant que s'il n'espère pas secrètement et sobrement un lien plus intime ("Pi tu me tiens la main seulement parce que je suis décaliss, esti", a-t-il lâché à 2 heures, aigrement, il me semble... Mais peut-être était-ce à cause de X. qui l'avait délaissé d'une manière peu regardante.), il doit bien rechercher ma présence, à quelque part; quand on ne se voit pas, on écoule nos minutes de cellulaire à jacasser sur n'importe quoi. Je ne crois pas encore avoir passé une journée sans lui parler au moins une fois, quelques minutes seulement, quelquefois simplement pour se raconter à quel point notre réveil de la veille a été ardu... Ses collègues de travail plaisantent sur la durée de nos appels, veulent savoir de quoi j'ai l'air, racontent des blagues salaces que je ne réussis pas à percevoir de l'autre côté du combiné... 
J'ai de drôles d'envies de simplement lui demander si je peux revenir avec lui dans sa grande baraque froide d'amour, "je sais que tu travailles demain matin, alors on pourrait simplement ne pas dormir, tant qu'à rentrer à 4 heures en se tenant la main trop fort lorsqu'on déambule de Berri-Uqam jusqu'à Parc et Mont-Royal, non?" Je ne demanderais même pas à ce que nos lèvres s'effleurent. La seule requête que je chuchote à ton paratonnerre à pensées, c'est de s'échouer sur un matelas conjoint, la respiration de l'un caressant le cou de l'autre, s'effondrer dans tes draps Union Jack comme nos jambes bringuebalantes refusent une fois de plus de supporter le poids de notre toxicité, dormir de ce sommeil troublé et frémissant des gens imbibés de 40%, emmêler mes genoux dans les tiens sans trop faire exprès ou m'en rendre compte. Comme j'attendrais l'appréhension enivrante du léger embarras d'un de ces lendemain de veille où un des deux spectres d'émotions alcooliques se réveille en premier et n'ose pas se défaire de cette étreinte approximative qui s'est nouée entre les rayons dorés des longues et silencieuses minutes de l'aube...
Je ne sais pas si j'apprécie avec un plaisir malsain, sans trop m'en rendre compte, de créer des tensions subtilement jalouses dans leurs amitiés géométriques, en prenant la main de X. alors que je suis écrasée contre P., incapable de relever ma tête lourde du plomb de mon imagination enfumée, par exemple, ou en souriant d'une manière peut-être un peu trop frivole à U. lorsqu'il affirme qu'il viendra tous les jours lorsque je travaillerai dans un bar de strip-teaseuse miteux pour payer mes sorties... À retardement, les lendemains, je me rend compte de la dissension que j'insère possiblement dans leur univers parfait d'amis tissés serrés, et je déteste aussi de risquer de leur faire du mal et de foutre le trouble, mais si j'agis de la sorte sur le moment, c'est bien que c'est ce que je désire faire, à quelque part, non?
Vous me fasciner tous, pardieu; c'est le problème de voir mon cercle d'amis soudainement composé uniquement d'hommes plus fantastiques les uns que les autres; chacun a un visage duquel, dans un univers, peut-être celui-ci, je pourrais tomber amoureuse.
Ainsi - mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu! -, j'ai une obsession sur les traits d'ange de leur copain. Tout est ténu, mince, subtil, dans son portrait. Si vous, lecteurs anonymes, pouviez voir à travers les pixels de cet écran la régularité parfaite des fines arrêtes de son visage,  son nez en angle parfait, sa mâchoire dessinée d'un trait aux esquisses de maître cubiste, vous seriez aussi sous le charme, je vous l'assure. C'est une beauté hors de ce monde, qui ne nous touche même pas personnellement tellement elle me semble pure; on ne peut que la détailler, l'admirer, s'en extasier. Ou moi, en tout cas. Et puis, il a un rire aigu et un débit de voix un peu précipité, comme s'il pressait rapidement tous les mots hors de sa fine bouche de peur qu'ils ne s'y oublient, mais que quelques syllabes trébuchaient sur la marche d'église de sa lèvre... Je le prendrais en photo pendant des années.
Je pourrais continuer ainsi durant des années, mais je vous l'épargnerai, surtout que je risque d'avoir tellement à raconter après ce weekend (allant passer une soirée en la compagnie du trio PUX dans mon chalet bourgeois avec beaucoup d'alcool et de bâtonnets d'oubli). Mais  j'aime tellement ces personnes, je n'ai presque pas envie que mes anciens amis reviennent de leurs tours du monde. J'ai peur d'en être forcée de me détacher de leur petit univers de coton de drogues.

But I'm already somebody's baby


...............................Je peux pas continuer à séduire chaque homme dans ma vie, right?
...............................Mais putain, Kundera l'avait compris pour Thomas, c'est la faute des parcelles d'unicité.

jeudi 19 juillet 2012

Et ce mal qui nous fait du bien... C´est extra!


Des cheveux qui tombent comme le soir
Et d´la musique en bas des reins
Ce jazz qui d´jazze dans le noir
Et ce mal qui nous fait du bien
C´est extra
Ces mains qui jouent de l´arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui brille


C'est Extra - Léo Ferré

C'est une course contre le temps où l'existence, souriant de toutes ses belles dents de piano rythmant le pas de nos respirations, parie contre nous; elle s'esclaffe devant nos trébuchements, devant la précarité de nos enjambées au-dessus du gouffre des sociétés mégalomanes que nous avons érigées sur des fondations de paille. "Il y a des clous de diamants, ça devrait tenir, pas vrai?" Querelle de bon sens dans l'humanité. On est quoi, au juste, si on meurt demain? Si la seule preuve que nous avons foulé cette terre avec l'angoisse effrénée de ne pas avoir le temps de coudre assez de pas est détenue dans la mémoire des gens qui nous ont frôlés du bout du souvenir, ces mêmes personnes qui se plient et se mutilent pour ressembler au portrait borgne que nous renvoie l'industrie, peut-être n'existons nous même pas? Comment est-ce que la réminiscences de la texture de no lèvres gercées lors d'une étreinte alcoolique - robe rouge cerise sur le vieux parquet de bois franc. Amalgame d'épidermes sur un matelas à demi-éventré. Haine et larmes au creux du coeur et seuls des soupirs de plaisir parviennent à s'échapper de nos lèvres entrouvertes -, souvenir si bénin dans l'épreuve de demeurer, pourrait garantir l'affirmatif de notre présence à un endroit bâtit par notre race, à un moment dont le nom a été inventé de toute part par une génération, un peuple, une poussière qu'on nomme vie dans le désert des heures? Les aiguilles filent, cercles concentriques de répétition des mêmes erreurs et éclats de rire, et puisqu'on sait - sans l'avoir déjà détaillé toutefois - que le sablier de nos années comptées avec la précision d'un métronome se vide, que la durée de nos embourbes coule hors du goulot de ce que nous connaissons, on s dit qu'il faut tout essayer, tout faire: souffrir, sourire, aimer, baiser, réussir, envoyer chier, danser, caler, gémir, respirer, démolir, reconstruire, brailler, faire pleurer, accumuler, bronzer, manger, dormir, continuer, continuer, larguer, chanter, accoucher, divorcer, vivre, vivre, vivre! Et recommencer.
On guillotine notre vie à vouloir la goûter pleinement.

mercredi 18 juillet 2012

To die by your side is such a heavenly way to die


Résumé d'une soirée, sans poésie, sans jolies phrases, juste parce que je dois dire tout ça quelque part, à quelqu'un, je ne sais quoi.


C'est fini. C'est fini et c'est moi qui a décidé d'y mettre fin. Et je suis étrangement vraiment bien. Sereine.
Un appel téléphonique en face du métro Saint-Laurent, je déambulais sur la gravelle; je viens de marquer le point final dans le manuscrit d'une histoire de trois ans, ponctuée de courts chapitres et de longues attentes, de désirs qu'on n'arrivait pas à se donner mutuellement, d'angoisses, de bonheurs, de je ne sais plus trop quoi, mais, au final, de trop de douleur pour ce que ça nous rapportait. On a finit par: "Sinon, tu fais quoi ces derniers-temps?", j'ai ris, lui aussi, et j'ai eu l'impression qu'on venait réellement de refermer la couverture du livre. Waw. Tu vas avoir été tellement génial dans ma vie, C. Je te suis reconnaissante pour tout.
Alors je suis allée aux Foufs boire, j'ai rejoins les autres, je me suis amusée comme une petite folle, rencontré plein de personnes, chanté du Lana Del Rey en faussant comme tout, rencontré les copains de M, rigolé avec U avec un pincement de regret, parce que je sais que je fous le bordel dans le coeur de quelques personnes, ces temps-ci, et que, méchamment, j'y prend un subtil plaisir.
P m'a demandé pour parler, je ne suis pas sure pourquoi moi, peut-être parce qu'il me fait confiance, ou qu'il voulait interrompre notre conversation, ça importe peu. Alors on a parlé. Longtemps, longtemps. Il paranoyait sur le fait que j'aimais chaque de ses amis, à tour de rôle. Ah, les gens partis.
À un certain point, assis sous le toit du bâtiment principal, en parlant, nos nez se frôlaient pratiquement, on chuchotait, je ne sais plus trop sur lequel des tracas d'avocats. Il s'est écroulé sur mes genoux et m'a fait croire qu'il s'était de nouveau évanoui (ou bien peut-être l'était-il vraiment), alors je lui tapais dans le visage en faisant un certain monologue qui le faisait sourire. C'était bien, même si c'est un mirage d'affection, je crois.
Il m'a raconté l'année précédente, comment il s'était fait floué et qu'il détestait l'amour et qu'il avait eut tellement mal qu'il voulait seulement se tirer une balle; puis, comment il était tombé bas et comment X l'avait rattrapé, et combien il lui devait la vie et qu'à cause de ça, il ne pourrait jamais s'en détacher ou lui en vouloir, mais dans son visage,  dans cette expression de découragement résolu, on voyait à quel point il avait mal de se sentir aussi inutile et non important dans l'existence de quelqu'un pour qui il "prendrait une balle".
Il était tellement touchant, tellement fragile soudainement, à découvert, la cage thoracique de sa pensée découpée pour que je vois à quel point il était gangrené de toutes ces pensées et de ces évènements fortuits sur le fil de la vie. Je l'aurais serré dans mes bras des années de temps pour essayer d'épancher toutes les larmes qui ne coulaient et ne couleront pas, parce qu'il reste tout de même lui-même... J'aimerais vraiment être capable de lui donner les quelques phrases qui le ferait réaliser à quel point il ne tombe pas, que tout le monde l'apprécie et que ce n'est pas grave s'il boit à en avaler la mer, que les gens ne lui en veulent pas, tant qu'il trouve un moyen d'aller bien, lui. Putain. Il est tellement, tellement, tellement touchant.
Et puis, ça donne une autre coloration à X, que j'essaie encore de cerner parce qu'il glisse des mains comme de l'eau (de vie). Il est d'un paradoxe incroyable, à la fois la meilleure personne pour soutenir les autres, et semblant toujours détaché, sans réels sentiments face à toutes ces personnes. Hier, il n'avait pas l'air triste ou fâché d'être la seule personne sobre de l'assemblée; seulement vaguement ennuyé de tout ce désordre.

samedi 14 juillet 2012

You're screwed up, you're brilliant


Hit me I'm not afraid


Je dégringole depuis ce matin.
Je n'ai jamais sorti avec d'autres personnes que des drugheads. S'pas aujourd'hui que ça va changer, right?
C'est tellement... Tellement. J'aime tellement me perdre dans l'apocalypse, boire, boire, fumer, boire encore... J'aime me réveiller et sentir que mon corps est si épuisé qu'il pourrait se fendre.
Et en même temps, je me sens régresser, j'avais réussi à passer par-dessus tout ça, par dessus l'adrénaline de l'intensité du moment de fin... Je ne sais pas si je veux mourir demain, les amis... Je ne sais plus si quelque chose vaut la peine. Oui. Tout vaut la peine. Mais je suis un artiste, je pourrais bien me tuer à coup de cocktails. Hemmingway et Joyce.
On a couru en se tenant par la main, fort, paumes moites de grisés collées pour ne pas tomber sur le sol qui tangue à chaque pas, et ça ne voulait rien dire, et c'est peut-être ce qui fait que je trouve cela beau, et j'aime ta voiture, et j'aime tes réveils maganés, et j'aime que tu te fous de tout, sauf de ta petite destruction.
Esti, j'ai pas été heureuse comme ça depuis un an.
MES ÉTÉS SONT DES BONHEURS PARCE QUE JE ME DÉCALISS!
Je viens de trouver l'équation.
Je suis pas capable d'écrire ces temps-ci, ça ne sert à rien de me lire.

jeudi 12 juillet 2012

I'm laying down eating snow



Parce que TOUT LE MONDE aime les bébés cochons qui nagent!!!

(je suis une sale séquelle)




Il n'y a jamais eu autant de gens qui m'appréciaient en même temps que maintenant.
Enfin, je crois.
Je me sens aimée de toute part par des gens de qui je n'ai pas grand chose à voir. Ça doit se sentir comme ça, une rock star.
Triste, dans ce cas, que ma santé soit fripée comme une petite patate au four.

mercredi 11 juillet 2012

J'ai planté dans ton coeur des fichiers irréversibles



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Quand ton coeur commence à faire badoum badoum plus vite en voyant un portrait...
"Fuyez, pauvres fous!"
Esti de sales séquelles dans ma tête.

C'est que je suis peu saine, j'ai des images des plus horribles au creux de l'encéphale, elles ont l'air amoureuses, ou seulement désireuses de posséder des corps et de les emboîter comme des pièces de casse-tête et que toutes les âmes se repoussent toutes comme des champs magnétiques contraires... Mais je sais que je ne le suis pas, en tout cas pas avec toi... Peut-être qu'aimer est un état d'esprit, peut-être n'aies-je que besoin de reins auxquels agrafer les miens pour ne pas tomber dans le vide de ma normalité. Je n'en sais rien. Laisses-moi, C. J'en ai déjà assez de toutes ces foutaises, je ne veux pas que tu ne m'aimes pas et que tu me regardes et te sentes mal de cracher sur mon corps de tiges de verre.
Putaigne, hein?


"Et à la fin de notre vie, il ne nous restera que la même chose qu'au tout début, quelque chose pour nous faire pleurer.
J'ai cassé mes principes, adhéré à la folie, en pleurant chaque nuit dans l'oubli, dans l'oubli."


Ps. Je suis rendue amoureuse de VioleTT Pi. Allez voir, bons samaritains!

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Tes réveils sans sommeil s'accumulent en angoisses
Chaque séquence matinale me rappelle qu'au lever de la lune 
Tu te sentiras encore mal, mal de toi-même, mal de vivre mal 
D'un éveil non lucide 
Mal d'un chocolat plein d'acide, de ton visage délavé 
D'une envie irritante de dormir au soleil 
Gardant ton sommeil en éveil 



Violette c'est la fleur du mal 
Violette tu me feras mal 
Violette c'est la fleur du mal 



J'ai mis ta photo et ta voix sur mon iPod blanc 
Et ta voix en wave m'a dit 
Viens mon beau et rave, c'est le temps de partir en extase 
Et sur mon lit cette énorme pilule d'ecstasy 
Où chaque soir je te revois et tu jouis 
Si bien et si fort que les flocons perdent le nord 
Et viennent se fondre sur le long de ton corps 


Violette, VioleTT Pi

dimanche 8 juillet 2012

While I wonder what it is you're after, keeping company with this disaster


Un autre déboire littéraire sur mon besoin de m'en aller.
Oui, oui, je deviens redondante à fond.


Je suis rentrée chez moi à 7h du matin, sans avoir dormi, encore complètement paquetée, légèrement étourdie par les derniers relents d'un joint partagé avec un groupe dont je ne me souvenais pas du nom de la moitié des gens. Je me suis fumée une top à l'arrêt d'autobus en la laissant se désagréger à moitié dans l'atmosphère, parce que je n'avais pas vraiment envie de me sortir un paquet, que je m'étais promis que j'arrêtais de consommer cette cochonnerie, mais qu'évidemment, je ne gardais jamais cette résolution pour bien longtemps. J'ai épié la conversation d'un vieil homme et d'une jeune femme qui patientaient à coté de moi en discutant de la grossesse de la dame qui commençait à se manifester, gonflant doucement les plis de son chandail soulevé par sa petite bedaine. Elle avait l'air si heureuse, si heureuse...
Je suis débattue avec ma serrure, j'ai lancé mon sac sur notre divan déjà jonché de mes trucs, parce qu'il n'y a que moi qui me laisse traîner dans cette maison. Je me suis pris une bouteille d'Arizona, je l'ai calée en deux minutes en espérant faire cesser le tambourinement de mes vaisseaux sanguins dans ma tête causé par le carburant à danser des clubs aux parquets collants de bière du centre-ville.
Il y a quelques jours, on m'a transporté jusqu'en bas du Mont Royal parce que j'étais trop poquée pour marcher, conséquence d'une bouteille de 750 ml de Captain Morgan ingurgitée comme une grande
Je m'en foutais un peu, je crois, à 7 heures du matin.
Ayoye.
Je suis montée jusqu'à ma salle de bain pour me laver un peu, dégoûtante comme je l'étais.
J'ai lentement laissé tomber sur les dalles froides de ma salle de bain mes vêtements noircis par les trottoirs du centre-ville; il faudrait que je les lave à la main. J'ai tourné le robinet de la douche et patienté hors de sa case pour que l'eau se réchauffe un peu. J'ai enlevé mes verres de contact, mes boucles d'oreilles (à une main), absente, puis  mon bracelet, mon élastique...
Puis, j'ai commis l'erreur de croiser mon regard dans la glace de la salle de bain avant d'entrer dans la douche; deux grands yeux vides, éteints, d'où pendaient des rideaux lilas de cernes creuses, barbouillés de maquillage, des paillettes et du mascara étalés jusqu'aux pommettes...
Alors,  dans ce grand reflet d'apocalypse, j'ai regardé mon corps constellé d'hématomes héritées de mes chutes alcooliques sur les pavés. J'ai dévisagé les valons de mes côtes dans les plaines de ma cage thoracique, les coupures sur mes bras, la blancheur de ma peau toujours cachée sous les ombres de la nuit... J'ai tenté d'imaginer mon foie, mon estomac, tous mes organes agonisants au fond de ce ventre creux. J'ai essayé de me représenter une quelconque raison qui ferait qu'on veuille coucher avec moi, ou même qu'on désire effleurer ma peau, me regarder dans les yeux et embrasser ces lèvres pratiquement mauves, mais je n'en ai pas trouvé d'autre que l'absence d'autres possibilités ou les chaines conjugales.
Et puis tout d'un coup j'ai eu envie de tout laisser tomber de ce mode de vie de merde; j'ai eu envie d'habiter un étage de ce triplex sur Saint-Urbain près de Fairmount, pouvoir marcher jusqu'au métro Laurier le matin pour me rendre au Collège, puis à l'université... (En hiver, lorsqu'il ferait froid, je mettrais des mitaines dépareillées et une tuque rouge.) J'ai eu envie de posséder l'excuse d'un travail constant, supportable, pour rentrer à 8h du soir au lieu du matin, me brosser les dents dans le paisible de la trame sonore des voitures qui défilent sur St-Joseph et Parc, et Saint-Denis, et Saint-Laurent. J'ai eu envie d'apprendre à faire des dizaines de recettes, des potages, des plats indiens, de la sauce à spaghetti que je brûlerais une fois en l'oubliant sur le feu, des pad thaï, les biscuits granos d'Annie, plein de trucs inusités et certains que je détesterais. J'ai eu envie de regarder un vieux film en noir et blanc sur un ordinateur portable acheté usagé, et de me coucher sans ressentir le besoin de tromper l'ennui avec une quelconque intoxication chronique. J'ai eu envie d'avoir un espace tout aménagé chez moi où déposer des toiles gigantesques, et une galerie où les disposer, que quelqu'un d'autre que moi les détaille du fond de sa conscience. J'ai eu envie d'avoir une bibliothèque d'un mur complet qui se remplirait graduellement, et un écran blanc, mon store actuel, peut-être, où faire tous ces portraits et ces monologues de courts métrages qui germent constamment dans ma tête... J'ai eu envie de ne pas dormir en fin de session parce que je rédigerais des travaux finaux dans mon salon en buvant une théière complète de thé. J'ai eu envie d'aller faire mon épicerie et de me rendre compte que je suis complètement fauchée, alors remettre les saucissons au poivre noir et au vin rouge sur une des étagères avec un petit "squich" au coeur qui fait tout de même sourire. J'ai eu envie de rentrer d'un drink avec des copains à pied, et peut-être d'avoir seulement pris un verre de bière. J'ai eu envie que mes sous-vêtements soient tous élimés jusqu'à la corde et que m'en racheter des nouveaux ne rentre pas dans mon budget, alors que mon copain s'en plaigne avec humour. J'ai eu envie de demander les choses les plus essentielles pour Noël, comme du détergent à lessive ou une clef USB, parce que ce qui importerait, ce serait de payer mon loyer, mes repas et mon éducation. J'ai eu envie d'avoir un copain facile qui m'embrasserait de temps en temps en se réveillant dans mon lit, à qui je pourrais faire des tartines au Nutelas et avec qui je pourrais coucher sans avoir l'impression oppressante de risquer la paranoïa de l'abandon douloureux de ses adieux récurrents. J'ai eu envie qu'un ami paqueté m'appelle à deux heures du matin pour savoir si il pouvait venir dormir chez moi, et que je lui prépare un petit lit sur le futon. J'ai eu envie de me prouver que je pouvais être autonome sans être suicidaire, réussir mes études en m'organisant toute seule, comme une grande. J'ai eu envie de me faire des espressos les matins d'hiver et qu'un jour, comble de malheur, ma machine se brise. J'ai eu envie de me maquiller pour aller danser sans dépenser un dollars en alcool. J'ai eu envie de quêter les évènements gratuits des festivals de Montréal et de connaître les petits bistros pas chers, d'inviter les gens à souper plutôt que de sortir au restaurant. J'ai eu envie d'exister de façon réaliste, mais en contrôle de mon existence, parce que je me sens comme un de ces machins gonflables dans lesquels on projette de l'air pour qu'ils se débattent avec l'atmosphère, à la sortie des autoroutes.
Et puis je me suis souvenue que j'étais immature et dépendante de tout le monde, en crise existentielle et paranoïaque que mes amis me laissent et que je ne m'en trouve plus, que même en laissant mon copain pour quelqu'un qui me traiterait mieux, je ne l'aimerais pas moins pour l'instant, que je ne pouvais pas aller en arts plastiques avant un bon bout de temps et que je n'avais pas le sou. Je me suis souvenue pourquoi je n'avais pas encore complètement réformé mon existence déplorable: parce que je ne pouvais pas.

jeudi 5 juillet 2012

"Someway, baby, it's part of me, apart from me"




Holocene, Bon Iver


Je me sens glisser ailleurs, love, je me sens tomber dans le trou du vide de sens et je suis prise dans l'étau de l'angoisse que plus rien ne me donne de répits, pas même les goulots trop larges ou les joints trop long. Je n'ai plus envie de me perdre nul part, dans aucun paradis artificiel. Ce qui m'entoure, c'est le même trou noir vide et lassant qui se dégage de Virginia Woolf au début de Hours, le même ennui souffrant et épeurant que tant d'autres oeuvres dont je ne connais pas le nom ou qui n'existent peut-être même pas encore...
J'ai envie d'avoir un petit chez moi joli et pauvre où faire du café et l'amour tranquille, avec seulement un matelas sur le sol, du pain Pom et du Nutelas, une lumière du matin qui réveille vers 9h et du temps à perdre sans me sentir enfermée dans mon corps et dans ma tête. De la peinture, des crayons, une petite routine, mon vieux ipod brisé, pas d'électricité, que des bougies, des centaines de bougies, ça serait magique de toutes les allumer une à une quand la nuit tomberait doucement sur nos corps et étirerait les ombres dans une couleur estivale chaude lentement refroidie... Si tu m'amenais des croissants les samedis matin, je te jure que je te marierais dans la salle de bain, une bague dessinée sur ton doigt au sharpie, avant de coucher avec toi dans la douche.
J'aimerais qu'on puisse s'étendre dans les draps de coton bon marché et élimés d'un vieux lit lancé sur un plancher de beau vieux bois qui craque, défaire un à un les boutons de ta chemise et t'embrasser pendant deux cent ans sans que quelque chose d'autre importe. Peut-être écouter du Bon Iver, même si c'est l'antithèse de ce que tu aimes, ou alors n'importe quoi d'autre qui soit calme et laisse le temps de respirer dans le souffle de l'autre. Juste exister, cinq minutes seulement si on a pas le temps, si tu dois aller réexister ailleurs en tant qu'excentrique et moi en tant que fillette parfaite... Juste se reposer un peu.
Est-ce qu'on peut encore apprendre à respirer à 18 ans, mon amour? Ça a l'air de fonctionner pas si mal pour toi, j'aimerais bien que tu m'apprennes, si tu es capable... Parce que j'ai l'impression de sombrer et de ne plus rien contrôler de moi, pas même mes sentiments pour toi. Parfois je te déteste de ne pas m'aimer assez, et parfois je me déteste d'hésiter autant dans la vie, et d'autres fois je déteste l'univers de nous avoir fait rencontrer si tôt et qu'on soit mangé par le temps. Parfois j'aimerais qu'on en finisse et parfois j'aimerais qu'on réussisse enfin à être ensemble pour de bon. Parfois j'aimerais exister autrement que pour les autres, parce que disons nous le, tu n'es pas le centre de mon univers et si je déblatères sur ce que j'aimerais que nous soyons, c'est que mes amours sont un des uniques critères de ma vie sur lequel j'ai un quelconque pouvoir et sur lequel je met un tant soi peu d'espoir de me permettre de me reposer.
Je suis tellement fatiguée de retenir mon souffle...

21st century schizoid man


La lutte était terminée. Il avait remporté la victoire sur lui-même._________________ 
Il aimait le Big Brother._________________
1984, George Orwell.______________________


Et bien nous, ils ont réussis à nous faire vivre pour des sets IKEAs, quelques babioles et des corps pastichés.
On est condamnés à pleurer sans savoir pourquoi on ne trouve pas de mouchoirs étanches dans toutes ces piles de fric.

mercredi 4 juillet 2012

But you didn't have to cut me off



"Being happy doesn't mean everything is perfect. It means that you've decided to look beyond the imperfections."


Aujourd'hui, je me suis sentie comme une vieille coquille vide aux rires pré-enregistrés;
Appuies sur play à la moindre tentative de plaisanteries, parce que tu ne vaut rien de plus que ça.
Vide, vide, vide.
Je ne vois pas comment pourrait un jour se résoudre le dilemme du paradoxe d'exister autrement que par ma mort.

mardi 3 juillet 2012

Where I end and you begin




Ayoye. Je sais pas ce qui me fait me sentir comme ça. Les trop grandes quantités d'alcool en une semaine (une bouteille de 750 ml en 2 jours... Pas pire pour un foie, ça) et la descente inévitable qui en découle, le fait que j'ai enfin eu tes deltoïdes sous mes ongles et que je te veux tellement que ça me brûle de l'intérieur, mon sang a viré au napalm le temps d'une nuit et maintenant je m'enflamme à la moindre pensée d'allumette, que j'ai peur que tu ne m'aimes pas et que tu ailles d'autres chats à fouetter que la fillette étrange et insécure qui te trouve d'un esthétisme trop accru pour qu'elle ait le droit d'en jouir, le bunker familial dans lequel je me retrouve terrée, les nombreux médicaments que j'ai délibérément laissés de côté ces derniers temps (après tout, je n'ai pas une vraie maladie, non mais...!), l'ennui des longues journées sans travail où je n'ai rien envie de faire, sauf me tirer une balle dans le crâne...
J'ai envie de m'arracher les poumons, la peau, les os, me déboîter de toute part, me faire flamber pour qu'il ne reste plus rien de ma dépouille. Un dégoût et une honte de moi-même me collent à l'âme, si profondément enracinés que j'ignore où ils pourraient puiser leur source autre que dans ma moelle. Du mortier pour mes troubles. Je me déteste. Je me déteste. Je voudrais débourrer les monstres de mes veines, ou alors que tu viennes et que tu me serres dans tes bras. Non, pas toi. Quelqu'un. Quelqu'un. N'importe qui. Je crierais pour qu'on fasse fondre le scaphandre de cire qui m'enferme.
Nous sommes un génocide, ou alors une boucherie noir dentelle.
M. avait raison, putain ("Mais tu es Em et tu sais que peux importe si tu l'aimes ou non, tu peux quand même te faire mal. Alors fais juste être prudente.")­.
Je ne me souviens plus de comment je réussissais à exister de façon si souffrante, il y a quelques années. Je me sens enrubannée dans ma douleur, de beaux habits d'agonie qui ne sont plus à la mode et desquels je ne peux me défaire; ils sont cousus à ma peau, comme dans Roberto en Morceaux.Mots. Cloison. Exprimer. Ennui. Haïr. Soi. Arracher. Démembrer. Brûler. Désarticuler. Assassiner.  Mutiler. Suicider. Amoindrir. Jolie. Poétique. Mort. Funérailles. Larmes. Souvenirs. Douceur. Tendresse. Sexe. Violence. Violer. Sentiments. Dégoût. Déception. Oublier. Danser. Sueur. Silence. Gross. Grosse. Délicieux. Fatiguée. 6 A.M. Fini. Désir. Non. Oui. Aimer. Peut-être. Adieu.

Knocking on heaven's door



J'expliquerais, si j'avais les phrases qu'il faut... Mais j'ai l'impression d'avoir avalé toutes les syllabes qui me servent habituellement de rempart contre le trouble langagier de mes émotions, que j'ai trop pesé mes mots et ils ont glissés dans ma gorge jusqu'à ma cage thoracique.
It's getting dark, too dark to see.


Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir
Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir Je veux pas te décevoir

Since I've been loving you




Ayoye.
Je te veux tellement, ça a pas de bon sang.
Tellement que j'en viens à oublier que notre complexité me fait encore un peu mal.
Un tout petit peu.
Juste assez pour me cacher sous mon lit en pleurant et en crachant du sang.