dimanche 17 juin 2012

My man is a bad man but I can't deny the way he holds my hand






C'est un galimatias d'absurdité, des couleurs bonbon qui explosent dans mon crâne, des sourires qui s'étirent à l'infini dans le cosmos de mes risibles délibérations à savoir avec quel corps je m'emboîte le mieux, quelles paroles me renvoient une image plus satisfaisante de ma personne... Du Vince Collins avec une bande sonore de Colin Stetson.
Colin Stetson. Je me souviens que quand on m'a fait entendre sa musique disjonctée pour la première fois, j'étais gelée par-dessus les étoiles, dans ton appartement. Tu devais fumer, j'imagine - parce que quand est-ce que tu ne fumais pas, dites-moi... -, rire, l'air absent, et A., qui avait les cheveux je ne sais quelle couleur à cette époque, blonds, je crois, jubilais. D. devait être là, aussi, à quelque part. Je crois que S. aussi.
Tout ça me manque terriblement, même en dénaturant toutes vos personnalités fantasques... Les visages n'importent plus beaucoup, un an plus tard. C'est un portrait flou, au goût indistinct, désordre gustatif indéfini où se chevauchent le sucre de tes lèvres, l'acidité des Amaretto Sours, l'amer du révolu et le sel de mes larmes évaporées par le soleil de néon des nuits blanches écoulées loin de ce monde de perfection trop belle pour durer.
C'est tellement compliqué, maintenant. Il faut soit que je réussisse à réconcilier mon arbre généalogique avec l'individu qui a taillé quelques uns de mes bourgeons de félicité, il y a quelques années, soit que je renonce à lui et que j'aille tarir mes larmes dans les bras de cet homme étrange qui me comprend et qui m'admire mais que je crains. Ou que je reste seule au monde. Wilson.
Je nous déteste. Et pourtant, je m'en fou tellement, à un certain point... Je suis blasée de tout, même de l'amour. Même les plus chouettes souvenirs, ça t'a une de ces gueules...
J'aime me mirer dans les reflets des verres troubles, j'aime lécher les coulisses de vin qui glissent le long des courbes des coupes trop pleines, j'aime caler mes drinks, j'aime boire, boire, boire jusqu'à en oublier mon nom. Et ce soir, je me saoulerai des rivières de vodka, je virerais mes veines en fleuves d'alcool où noyer toute cette confusion qui ne trouve de réponse nul part. Je laisserai la tequila engloutir mes pensées les plus profanes et j'immergerai ma conscience prudente sous ces océans estivaux que sont les verres du Saint-Sulpice.

1 commentaire:

  1. Parfois, quand tout semble impossible, il faut simplement prendre un peu de recul et aller dans la direction qu'on ressent vraiment.

    Don't focus on where you're trying to be, focus on where you're trying to go.

    RépondreSupprimer