mardi 26 juin 2012

I just wanted you to know that baby you're the best







Kiss me hard before you go 
Summertime sadness 
I just wanted you to know 
That baby you're the best 








Monsieur, auriez-vous l'obligeance de me dire pourquoi nos chemins se sont séparés il y a quelques neuf mois de maintenant? Je ne dis habituellement jamais ces imbécilités, mais ne voyez-vous pas que nous serions parfaits ensemble?
Je délire. Je suis redevenue folle. En fait, ma démence ne me quitte jamais pour longtemps, à en croire mes déboires virtuels... Mais bon Dieu que vous êtes parfait, cher, je n'en reviendrai jamais, vous êtes un ange, un ange qui n'appartient plus à mon paradis factice, certes, mais un ange que je croise au détour des chemins et qui toujours m'éblouit par sa pureté camouflée sous la poussière des cigarettes.
Parler de votre antre... Quelle douleur extatique! Je voyais devant mes yeux grands ouverts. Je serais morte pour me voir accorder une nuit entre vos murs de cellophane, à me laisser bercer par les rythmes changeants aléatoirement de Y., à parler de cuisine et de littérature avec votre soeurette, à vous détailler tirer sur la tige de votre joint avec l'air détaché de ceux qui savent vivre simplement... Rien d'autre. Sans baisers et sans sentiments, simplement afin de revisiter les ruines de mon bonheur sublimé.
Je me meures en souriant béatement, en ce moment, aux souvenirs de ces vestiges ensevelis sous les poussières du temps dans vos mémoires.
Ce soir, il y a un an jour pour jour, j'aurais joins mes lèvres aux vôtres dans une étreinte sans nom et sans désir de continuité. Vous m'auriez appelé quelques jours plus tard, j'aurais accepté de vous voir, nous nous serions rencontrés, nous aurions mangés des Lucky Charms dans un bol de céréale gigantesque, nous nous serions embrassés et nous n'aurions pas confondu nos épidermes.
Cette année, vous partez dans deux jours pour le continent ancestral, je ne sais pas pourquoi vous avez déguerpi si tôt (CE DOIT ÊTRE UNE FEMME! CE DOIT ÊTRE UNE FEMME!) et je me démène à essayer de me convaincre de ne pas vouloir vous voir.
Je vire cinglée en écoutant A Tribe Called Red.
Et que deviendra mon été maintenant que tout le monde fuit, ou que tout le monde s'occupe de morpions dans des baraques de camps de vacances? Moi et mes envies de perdition, moi et mon envie de disparaître dans les goulots, moi et mon envie de n'exister que passé le crépuscule...
Je ne sais pas si je m'apprécie autrement qu'en monstre de la nuit, mais en tout cas, sous les éclats des stroboscopes, je suis habitée d'une fièvre d'exister à laquelle je ne peux pas résister, et qui, en m'assaillant, me procure une confiance en moi d'une excessivité démesurée qui rend difficile sa négation. En existant comme si cette nuit était la dernière et la seule qu'il me soit donné de goûter, je me sens vivre. J'engouffre un verre après l'autre, cul sec, un bateau-bateau, deux bateaux-bateaux, trois bateaux-bateaux... Je me plais à séduire des inconnus et que ça fonctionne, j'en retire la satisfaction d'être cette fille étrange et survoltée qu'on croise au détour d'un chemin et qui s'évanouit, qu'on verra par surprise dans les pages pierres tombales des journaux populaires, dans quelques années...
PUTAIN DE MERDE.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire