lundi 7 mai 2012

Quand je couche mon corps, tête pointant le Nord...


(EILLE, TCHEK ÇA, ON PEUT METTRE LES PHOTOS SUR LE CÔTÉS!)
J'en ai plein mon casque mais s'pas encore l'overdose, aidez-moé, aidez-moé.
Nous sommes habitants de la terre, il y a des milliers de frontières; quelqu'un existe dans l'univers pour quelqu'un d'autre et c'est la guerre.
(c'est tellement bon, beau et touchant, la chanson québécoise)


Je suis fatiguée, fatiguée, fatiguée.
J'aimerais juste pouvoir me reposer serrée à quelqu'un, mais je suis incapable de demander quoi que ce soit de qui que se soit parce que je suis traumatisée des relations humaines pour une raison x.
Je suis tellement tannée de souffrir. Vous devez en avoir une petite idée, si vous lisez ces conneries depuis un bout de temps.
J'ai peur de ce que pense Cocaïne Eyes, , ces inconnus avec qui je vais partir aux confins de l'Amérique, et mon propre cerveau lui-même, qui ne me fait pas vraiment part de ses motifs secrets.
J'ai des flashback du 26 août (top d'une colline, boire dans une bouteille dans du papier brun, parler, parler), du lendemain (parler, parler, me reposer dans tes bras alors que les disques vinyles de mes pupilles mangeaient mes yeux), de je ne sais quel jour d'avril. J'ai des projections, aussi, et je ne sais pas dire si elles sont heureuses ou pas. Il faudrait attendre Sanguinet Sherbrooke pour la sérénité des unions libres... Ou pas. Criss, je sais pas.
Et puis ensuite j'ai des flashbacks des draps bleus marins, des matins avec le fruit et les yogourts, de dessiner à trois heures du matin dans les sofas dans une étreinte confortable, de tout le reste, et je m'ennuie, et je me trouve d'un pathétisme sans borne d'en vouloir à l'existence humaine pour quelque chose d'aussi bénigne.
Et puis ensuite j'ai mal, haha.
Je suis tellement tannée de pas être capable d'exister simplement.

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Si je réussis à passer le cap des 20 ans (ou même juste mon été, si on veut se donner des objectifs réalistes), je me promet d'essayer de faire:
- Une demande en arts plastiques, caline de bine.
- Une signature au bas de la page qui atteste notre possession du Goulag (l'antre hypothétique d'Emmanuelle l'utopie heureuse et d'une personne géniale).
- Un film à thématique polychrome où il y aura une scène où de la peinture d'un bleu royal pleuvra - un gros plan de la joue, du nez et du début de l'arcade sourcilière tournés vers un ciel irréel, une autre de 10 minutes totalement hors focus, une où le sang s'écoulant d'une plaie formera des chevaux et autres fantaisies, une où l'ombre d'une fillette recroquevillée qui se relèvera pour serrer l'enfant dans ses bras, un monologue sur le Jardin de verre et des cloportes dans les coins d'un bunker mental de béton. Ça s'appellera quelque chose comme "Quelques saisons avec Ana". Et dans la bande annonce, ce sera Pointant le Nord de Pierre Lapointe.
- Une pièce de théâtre où les personnages se feront éclabousser de couleurs (encore symboliques, esti que j'aime ça ces patentes là de peinture et de couleurs) à mesure qu'elle avancera. Cela commencera par un mariage, en cinq minute, le fiancé se sera pendu, et la mariée, qui décidera de se marier quand même avec le mort (yeah, yeah, c'est saint) finira par descendre tout le monde au revolver (avec des balles de peinture noir qui vont gicler partout) au son d'une marche nuptiale dont l'orgue donnera plutôt une atmosphère de marche funèbre. La dernière balle, qu'elle se fichera dans le crâne, sera dorée ou argent.
- Un documentaire, peut-être avec des gens de Revivre, je n'en sais rien, mais où je poserai plein de jolies questions à des estropiés de la vie tellement touchants par leur fragilité, en projetant des vidéos qui correspondraient aux images qu'ils associeraient à leur maladie.
- Un dessin, surement aux crayons de bois banaux, d'un homme et une femme nus assis dans une Cadillac rouge fonçant droit sur un mur aux graffitis dont le sens me viendra surement plus tard. Génération C, que ça s'appellera.
- Une rédaction sur le fait que la Chine reproduit le modèle colonial des années 1850. Et que le FMI et la BM en font de même, tiens.
- Un ballon en origami.
- Une boule de barbelé nommée "Mon Mythe de Sisyphe à moi, Albert". Je ne saurais imaginer Sisyphe heureux, désolée.
- Des études en sexologie, peut-être bien (ironie, ironie...).
- Des expériences sensorielles particulières sur comment l'éclairage (rouge, bleu, violet, vert, black light... J'en ai pas encore d'autres qui m'évoquent quelque chose en particulier), la musique (I Feel You de Depeche Mode, du Marilyn Manson, du Vivaldi, Echoes de Pink Floyd, et 2000 autres), le toucher (du satin sur les yeux, un glaçon le long de la colonne) peuvent influencer notre attitude dans une scène. C'est purement pour mon plaisir, y'a pas de grosse étude derrière ça.
- Une glace pour un mioche inconnu dans un parc (à donner à la maman d'abord pour pas avoir l'air d'une pédophile creepy).
- Une robe de mariée au dégradé blanc à un rose pâle de fleurs de cerisier, en petits pétales de taffetas impressionnistes et magnifiques.
- Une marque de sac à dos qui ont du bon sang pour le dos et qui sont tout de même beaux qui s'appellerait "Les Tordus".
- Un bar qui s'appellerait "Le Cannibale" et dont tous les drinks porteraient les noms de personnes appropriées aux saveurs. Le Charles Manson, il serait hardcore en cimonaque.
- Un essai philosophique sur le fait que ce qui dicte les comportements humains les plus horribles, c'est leur sentiment d'absence de pouvoir face au déroulement de la vie; l'amour, la mort, "pi toute", comme Dédé l'a dit.
- Quelques romans.
- Un sourire.
- Un effort.

UN BEN GROS COPYRIGHT SUR TOUTES CES NIAISERIES LÀ. Le sourire en particulier.


J'aimerais tellement vouloir vivre.

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