lundi 21 mai 2012

Clandestino


Bye-bye Montréal.
Cocaïne eyes, Monsieur, les nazis et Ganesh vont me manquer.
Ma vie est une farce, ces jours-ci.

mardi 15 mai 2012

Je suis prêt à vous procurer les moules!



À un certain point, je crois qu'on arrête tout simplement de vouloir exister.

Il n'y a plus de consistance aux choses. Tout n'est qu'une vague déclinaison de quelque chose qu'on a déjà vu, palpé, senti, et on est lasse de tout, même du rien.
On se lève un matin, Ou soulève lentement nos paupières, sans trop en souffrir, j'imagine, mais sans en avoir envie non plus... Il n'y a plus rien à voir. On dévisage les raies de lumière mornes qui strient notre plafond en des lignes d'une parfaite platitude, glissant leurs longs et maigres doigts de soleil entre les pales des stores de notre fenêtre, pour illuminer une pièce aux teintes et aux mémoires moroses qui serait plus belle peinte d'encre. On ne veut pas se lever pour saluer l'existence qu'on a trainé jusqu'au pied de ce lit confortable mais froid, tout comme on ne veut pas rester dans son étreinte molle. Tout n'est que déclinaison de la même fastidiosité existentielle latente.
Les seuls éléments de l'univers qui font éprouver une sensation plus ou moins réaliste, ce sont la fumée asphyxiante d'une cigarette coincée dans les poumons, les lames de rasoir accotées contre la peau, la brûlure de l'alcool au fond de la gorge et les baisers violents dans le cou... Peut-être le goût d'un café noir qui inonde la bouche. Je ne sais plus. Même ces bénignes parcelles d'apocalypse se fondent au profane de l'existence, finissent par nous priver de leur promesse d'électrochocs.
- Stop -
Ah, et puis, non, je divague, bien sur qu'à un certain point on se sent revivre, on aime se faire jeter de l'eau dans le visage, prendre un verre ou deux mais pas quatorze, . Mais ça manque de couleur.
Je vous déteste, je me déteste, je déteste.
Un corps, ça vaut 22 piastres, comme a dit André Sauvé. Le mien en vaut surement un ou deux dollars de moins, si on lui soustrait le foie que je martyrise depuis quelques années et les lambeaux de peau que j'écorche hors de son enveloppe scellée.
JE NE SUIS QU'UN SCAPHANDRE DE CHAIR ENFERMÉE DE LOURDES ET DOULOUREUSES LAIDEURS.
Je me demande ce que ça ferait à la e-sphère si j'arrêtais d'exister. Pouf. Plus un texte sur ces toiles de pixels. Une phrase inachevée, image figée de ma vie. Et vous ne sauriez jamais ce qui est arrivé.
Cocaine eyes, cocaine eyes, je ne pourrais pas être plus personnelle que ça: j'haïs exister.
- Stop -
Je n'ai pas le droit d'imposer la lourde charge de ma réhabilitation à personne... Et pourtant, je voudrais que quelqu'un la porte, parce que je suis tellement, tellement épuisée.
Avant même qu'elle ait doucement refermé la serrure, je pleurais déjà, et à un certain point, je crois que j'aurais voulu qu'elle le remarque. Horreur, j'aurais voulu lui gâcher sa journée en entier, simplement pour me prouver que guérir mes plaies ouvertes en valait la peine.
Mais il est stupide d'en demander autant, parce que je sais qu'au fond, ce qui importe, ce n'est pas mon bonheur, c'est que je sois en vie ou non; on s'en fout, des sourires, tant que je respire. Moi je sais que Leonard sera plus heureux maintenant que Virginia parle aux poissons, avec ses petits mythes de Sisyphe dans les poches et son beau papier à lettre bleu. Peut-être ne s'en donnera-t-il tout simplement pas le droit.
Et moi je pense au texte que j'avais reçu, celui sur une belle grande feuille, qui disait qu'il lui manquait un organe avant que je naisse, et je me demande si on est capable de vivre sans sa fille si certains parviennent à s'accomplir sans leurs jambes.
Petite maman, j'aimerais tant que tu sois capable de devenir une Chantal Petitclerc des âmes.



Aujourd'hui, j'ai ouvert les portes charnelles de mes douleurs par les dénivelés acérés des clefs de mon passé.  Ça fait mal et du bien.

samedi 12 mai 2012

lundi 7 mai 2012

Quand je couche mon corps, tête pointant le Nord...


(EILLE, TCHEK ÇA, ON PEUT METTRE LES PHOTOS SUR LE CÔTÉS!)
J'en ai plein mon casque mais s'pas encore l'overdose, aidez-moé, aidez-moé.
Nous sommes habitants de la terre, il y a des milliers de frontières; quelqu'un existe dans l'univers pour quelqu'un d'autre et c'est la guerre.
(c'est tellement bon, beau et touchant, la chanson québécoise)


Je suis fatiguée, fatiguée, fatiguée.
J'aimerais juste pouvoir me reposer serrée à quelqu'un, mais je suis incapable de demander quoi que ce soit de qui que se soit parce que je suis traumatisée des relations humaines pour une raison x.
Je suis tellement tannée de souffrir. Vous devez en avoir une petite idée, si vous lisez ces conneries depuis un bout de temps.
J'ai peur de ce que pense Cocaïne Eyes, , ces inconnus avec qui je vais partir aux confins de l'Amérique, et mon propre cerveau lui-même, qui ne me fait pas vraiment part de ses motifs secrets.
J'ai des flashback du 26 août (top d'une colline, boire dans une bouteille dans du papier brun, parler, parler), du lendemain (parler, parler, me reposer dans tes bras alors que les disques vinyles de mes pupilles mangeaient mes yeux), de je ne sais quel jour d'avril. J'ai des projections, aussi, et je ne sais pas dire si elles sont heureuses ou pas. Il faudrait attendre Sanguinet Sherbrooke pour la sérénité des unions libres... Ou pas. Criss, je sais pas.
Et puis ensuite j'ai des flashbacks des draps bleus marins, des matins avec le fruit et les yogourts, de dessiner à trois heures du matin dans les sofas dans une étreinte confortable, de tout le reste, et je m'ennuie, et je me trouve d'un pathétisme sans borne d'en vouloir à l'existence humaine pour quelque chose d'aussi bénigne.
Et puis ensuite j'ai mal, haha.
Je suis tellement tannée de pas être capable d'exister simplement.

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Si je réussis à passer le cap des 20 ans (ou même juste mon été, si on veut se donner des objectifs réalistes), je me promet d'essayer de faire:
- Une demande en arts plastiques, caline de bine.
- Une signature au bas de la page qui atteste notre possession du Goulag (l'antre hypothétique d'Emmanuelle l'utopie heureuse et d'une personne géniale).
- Un film à thématique polychrome où il y aura une scène où de la peinture d'un bleu royal pleuvra - un gros plan de la joue, du nez et du début de l'arcade sourcilière tournés vers un ciel irréel, une autre de 10 minutes totalement hors focus, une où le sang s'écoulant d'une plaie formera des chevaux et autres fantaisies, une où l'ombre d'une fillette recroquevillée qui se relèvera pour serrer l'enfant dans ses bras, un monologue sur le Jardin de verre et des cloportes dans les coins d'un bunker mental de béton. Ça s'appellera quelque chose comme "Quelques saisons avec Ana". Et dans la bande annonce, ce sera Pointant le Nord de Pierre Lapointe.
- Une pièce de théâtre où les personnages se feront éclabousser de couleurs (encore symboliques, esti que j'aime ça ces patentes là de peinture et de couleurs) à mesure qu'elle avancera. Cela commencera par un mariage, en cinq minute, le fiancé se sera pendu, et la mariée, qui décidera de se marier quand même avec le mort (yeah, yeah, c'est saint) finira par descendre tout le monde au revolver (avec des balles de peinture noir qui vont gicler partout) au son d'une marche nuptiale dont l'orgue donnera plutôt une atmosphère de marche funèbre. La dernière balle, qu'elle se fichera dans le crâne, sera dorée ou argent.
- Un documentaire, peut-être avec des gens de Revivre, je n'en sais rien, mais où je poserai plein de jolies questions à des estropiés de la vie tellement touchants par leur fragilité, en projetant des vidéos qui correspondraient aux images qu'ils associeraient à leur maladie.
- Un dessin, surement aux crayons de bois banaux, d'un homme et une femme nus assis dans une Cadillac rouge fonçant droit sur un mur aux graffitis dont le sens me viendra surement plus tard. Génération C, que ça s'appellera.
- Une rédaction sur le fait que la Chine reproduit le modèle colonial des années 1850. Et que le FMI et la BM en font de même, tiens.
- Un ballon en origami.
- Une boule de barbelé nommée "Mon Mythe de Sisyphe à moi, Albert". Je ne saurais imaginer Sisyphe heureux, désolée.
- Des études en sexologie, peut-être bien (ironie, ironie...).
- Des expériences sensorielles particulières sur comment l'éclairage (rouge, bleu, violet, vert, black light... J'en ai pas encore d'autres qui m'évoquent quelque chose en particulier), la musique (I Feel You de Depeche Mode, du Marilyn Manson, du Vivaldi, Echoes de Pink Floyd, et 2000 autres), le toucher (du satin sur les yeux, un glaçon le long de la colonne) peuvent influencer notre attitude dans une scène. C'est purement pour mon plaisir, y'a pas de grosse étude derrière ça.
- Une glace pour un mioche inconnu dans un parc (à donner à la maman d'abord pour pas avoir l'air d'une pédophile creepy).
- Une robe de mariée au dégradé blanc à un rose pâle de fleurs de cerisier, en petits pétales de taffetas impressionnistes et magnifiques.
- Une marque de sac à dos qui ont du bon sang pour le dos et qui sont tout de même beaux qui s'appellerait "Les Tordus".
- Un bar qui s'appellerait "Le Cannibale" et dont tous les drinks porteraient les noms de personnes appropriées aux saveurs. Le Charles Manson, il serait hardcore en cimonaque.
- Un essai philosophique sur le fait que ce qui dicte les comportements humains les plus horribles, c'est leur sentiment d'absence de pouvoir face au déroulement de la vie; l'amour, la mort, "pi toute", comme Dédé l'a dit.
- Quelques romans.
- Un sourire.
- Un effort.

UN BEN GROS COPYRIGHT SUR TOUTES CES NIAISERIES LÀ. Le sourire en particulier.


J'aimerais tellement vouloir vivre.

jeudi 3 mai 2012

Trois temps de mots froissés, quelques notes, et tous mes regrets...


C'est une chanson en souvenir,
Pour ne pas s'oublier sans rien dire,
S'oublier sans rien dire...


J'écoute du Carla Bruni, oui.
Eeeeeeeh boy!
Je suis une romantique éperdue. Ou peut-être son contraire.

mardi 1 mai 2012

Tout ces trucs imprudents, tout cela c'est ton style.


Insomnie, insomnie, ces heures blanches où je perd le fil pour que ne reste de mes pensées que les méandres de ma folie...


"Je sais que si ces pixels restent statiques, c'est que tu ne désires pas répondre à mes interrogations, ouverture anodine à des confessions plus lourdes; peut-être me connais-tu encore un peu, peut-être devines-tu derrière cette candeur feinte la réelle sévérité de cette requête tue depuis longtemps...Ou peut-être n'as-tu simplement pas envie de m'adresser la parole, comme avec l'autre. Je ne pourrais vraiment t'en blâmer, je suis un aimant à désagréments et tu en es bien conscient.
J'aimerais respecter ton choix au silence, je te jure, j'aimerais être capable de simplement prendre ton mutisme comme réponse satisfaisante, mais je ne sais y trouver assez de densité pour le gouffre qui a englouti ces derniers mois.
Ne crois pas que je suis encore aussi éprise que je le fus; je t'aimais, oui, et je me remémore avec émotion toutes les motivations qui justifiaient cet attachement, en sachant que je t'aimerais probablement encore autant si tu m'en avais donné la chance... Mais ne nous faisons pas d'illusions non plus, n'idéalisons pas les dorures de nos amours, je n'ai pas la naïveté de croire en ton retour et pour cette raison, je suis pratiquement stoïque face à l'indémodable du départ de tes sourires.
Et puis, je crois que j'ai envie d'être avec lui. D'essayer, au moins, un peu, simplement voir. Le fait que ce soit si compliqué me prouve au moins que je tiens à lui...
Parce que j'aime toutes ces connaissances hétéroclites qui ponctuent son quotidien. J'aime son attitude un brin cocky. J'aime ses expressions. J'aime le paradoxe de sa simplicité d'être et de sa difficulté d'avoir vécu.
Mais tu as laissé tellement de doute en moi avec cette fuite trop preste pour que j'assimile l'injustice de l'éphémère de mon bonheur, tu as abandonné tant de constructions dans les terres nouvelles de mes paisibles campagnes émotionnelles, tant de squelettes d'institutions grandioses négligées jusqu'à les détailler devenir ruines inutilisables sans faire un quelconque effort pour atténuer leur détérioration... Que je ne peux pas avoir cette maturité.Je suis égoïste de vouloir te faire chier pour dissiper la brume qui hante mes synapses?, et bien oui, il faudra s'y faire, parce que les cases vides de sens sont au nombre de dix milles, attendant tes mots, patientant pour tes réponses.
Et j'aurais besoin de savoir. Parce que je ne suis plus capable de faire face à ce dilemme mental constant qui se matérialise à tous les angles des regards qu'on pose sur moi, ce conflit où dans la forteresse de mon crâne se confronte la peur d'avoir tant chéri une relation qui n'était en fait qu'une chimère pour me voiler les yeux de satin et la frustration d'avoir possiblement été considérée trop faible pour avaler cette vérité crue. J'ai besoin de réponses. Surement sont-elles résolues pour toi... Mais pour moi, elles sont laissées en suspens, mobile de points d'interrogation qui hante de sa chanson presque inaudible ces nuits d'insomnie où je pleure de ne pas comprendre. J'ai besoin de regarder au-delà de ton âme, à travers ces yeux que j'ai chéri dans la lune de miel de mon âge adulte, et d'y lire une vérité, inébranlable, véridique, toutes ces choses que je sais que tu gardes en toi pour ne pas froisser personne ou pour ne pas te lasser toi-même...
Je ne souhaite pas y détailler mon portrait auréolé de ton affection. Je suis avoir renoncé à canoniser mes mémoires dans ton imaginaire. Je me considère comme un coup de vent dans le paysage paisible de tes étés amoureux, un doux murmure à travers les branches tendues de tes bras attendant une étreinte ou la fatigue, qui sait... Je fus le profane qui a redoré un instant l'éclat de tes vertus, mais rien de plus en somme. Car bien que consciente de l'étendue gigantesque qui sépare la valeur que je te porte et celle que j'ai représenté pour toi, je ne cesserai jamais de louanger ta perfection; ce n'est pas de l'amour, mais ce serait mentir à ma propre mémoire.
Non, non, je ne souhaite mirer dans tes yeux que la simple vérité sur  tout ce qui s'est passé, les pigments que tu aurais utilisé pour peindre l'imbroglio de ces quelques mois, et la dernière phrase apposée pour conclure le chapitre qui m'étais accordé dans ta vie, couche sur les nobles pages de ton roman d'existence, de cette écriture chancelante qui a tracé notre histoire à demi-mots.
Comme je l'ai déjà dis: "Ce n'est pas si long, ce n'est qu'une année [...] Divulgue-moi la dernière phrase de notre roman. Je te promet de ne pas pleurer - sauf si elle ne me concerne en rien." 22 mai 2011.