mercredi 4 avril 2012

In Love and in Justice




Je t'en veux un peu, ex-croquemitaine, d'avoir ainsi révélé une tentation d'une milli-seconde, d'avoir tenté de frictionner des synapses rouillés et abandonnés sous prétexte qu'ils étaient embourbés dans les marécages de l'anis... Je t'en veux de ne pas accorder plus de valeur à notre amitié pour souhaiter la souiller dans une étreinte aussi dénuée de sens.
Je relis quelques vieilles pensées dispersées sur des pages pixelisées, ça et là, et j'ai peine à comprendre le changement aussi radical dans mes désirs. C'est la compréhension de ton âme, j'imagine. Tu n'es plus le géant de fer que tu avais inconsciemment bâti dans mon imaginaire. Tu es d'autant plus touchant, entendons-nous, je t'apprécies davantage, d'une manière exponentielle, mais non pas fascinée et prise au dépourvu par la perfection émotionnelle que je te prêtais. Et je n'ai plus envie des miracles de Dionysos pour me faire goûter aux pommes rouges; en fait, j'aurais davantage besoin de trancher la tête de tous les reptiles de cette putain de planète pour sentir que je suis paisible.
Je ne te veux pas. C'est ridicule jusqu'à un certain point, mais je n'ai plus envie de tout ce flafla. Je m'en fous si tu peux concilier amitié et libertinage. Moi non. Un amant doit soit être justifié dans le cadre d'une relation véritable, soit être strictement voué à l'assouvissement d'un désir primaire et pathétique, sinon, mon équilibre mental se trouve complètement déréglé, je perd mes repaires et j'ai des goûts de plomb en dessous de la langue (pour avoir manger les balles que je souhaiterais planter dans la tête de tous ceux dont la tapisserie mentale présente une scène uniforme, magnifique, alors que mes fils sont empêtrés en une pièce à la limite de l'abstraction, composée de teintes acidulées et saturées).
C'est à peine possible, à quel point le fil de mes pensées s'emmêle facilement. Je ne parviendrai jamais à tisser de l'élégance distinguée de mes pairs le Damas excentrique de leurs attentes; déjà trop de tressages ont été bâclés pour me donner le temps de respirer, déjà trop de cordes sont élimées pour qu'elles s'étreignent sans se casser.
Tu n'as pas réveillée le monstre Ana, mais elle s'est retournée dans son sommeil, a soupiré longuement... puis s'est de nouveau plongée dans l'assoupissement profond de la plénitude. Oh qu'on a eut peur! Le temple de ma stabilité a tangué sur ses échasses.
- Les gens ne comprennent pas qu'on puisse ne pas souhaiter être en relation. Il faudrait que je leur fasse un exposé de l'historique de mes déluges mentaux lorsque les sentiments inondent mes neurones. Peut-être se diraient-ils alors que trois bouteilles de comprimés calées à la vodka, ça ne vaut pas vraiment quatre ou cinq baisers.
Mais non, mais non, je délire, j'exagère, une page internet est un outil si accessible pour exagérer ses génocides mentaux, la définition de génocide dans l'imaginaire est trop large (crachons nos cours de politique à ces yeux blasés qui défilent sur ces imbéciles syllabes adulescentes sans chercher à comprendre leur sens [je ne vous en veux pas, moi non plus je ne cherche pas à comprendre mon sens]: un génocide doit être une extermination physique planifiée par les autorités en place, motivée uniquement par la haine d'un groupe particulier).
L'épiderme de mes mémoires n'est qu'un prétexte hâtivement bâclé pour justifier les scarifications de mon âme.
J'ai des images mentales récurrentes; la bipolarité, c'est quelqu'un perdu en haute mer, submergé par une vague gigantesque qui s'abat contre son crâne innocent et dont les courants contraires le poussent lentement vers le fond. Il n'y a plus d'air, l'eau est un encrier opaque de bourbe, si bien qu'à la mi-chemin de la descente, on n'a plus la force de se débattre et de tenter de pointer la proue de son espoir vers la lumière floue morcelée en éclats de lueurs disparates... Et finalement, lorsqu'on est aveugle de l'or des cieux, enfermé dans l'obscurité ambiante et convaincu que cette, fois, on y laisse sa peau, le bout des orteils touche le fond, et on a à peine la force de donner une brève et faible poussée, dernière tentative de secours. Et lentement, on s'élève de nouveau, graduellement, de plus en plus vite, sans efforts, l'azur devient plus claire, jusqu'à ce qu'on arrive enfin à la surface. L'oxygène qui entre soudainement dans le corps est à la fois une salvation et une douleur trop intense causée par le changement drastique. On respire. On respire. Puis, une nouvelle vague vous martèle.
PS. J'ai l'impression que tout le monde m'a oublié et je me résous à la fin face à cette perspective potentiellement véridique.
Ben non coliss tu délires tabarnack qu'est-ce que tu fais sacrament t'es folle ciboire envoye souris cimonaque.
En ce moment, au lieu de geindre sur mon incompréhension de moi-même et des autres, je devrais être en train d'effectuer un plan de dissertation philosophique sur le thème: "L'indignation sauvera-t-elle l'humanité?" 'Peux-tu te dire qu'en ce moment, je m'en contre-fou? La question primaire, nécessaire du moment est: "me sauverai-je de ma propre catastrophe?"


La caresse de l'archet de tes sourires effacés coulant contre les cordes de satin de la musique de nos âmes ne couvre pas le raffuts de notre différence.

2 commentaires:

  1. "Lutter contre toi était dur tu sais, une putain de bataille. Mais maintenant, c'est avec moi que je me bats et rien n'à jamais été aussi meurtrier. Je suis ma guerre, tu ne peux rien contre ça".

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  2. Je sais pas quoi dire c'est si bien écris .Tu as un tel dont .Tu sais je pense qu'au fur et a mesure la bipolarité s'en vas petit à petit .Je pense qu'elle s'en va quant on grandit ou qu'on est prête à être un adulte .Moi c'est ce qui m 'est arrivée .courage (l)

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