dimanche 11 mars 2012

So nobody ever told you baby how it was gonna be


Exactement?
Putain.
Je ne me comprend pas non plus, ma chérie. Tu as toutes les raisons de me détester en ce moment. J'ai lentement égrainé le sucre de notre attachement jusqu'à n'en laisser que des miettes avariées, pendant que tu tentais de récolter ces parcelles d'or à présent bonnes pour la benne à ordure. Mais mon Dieu, si tu savais comme je regrette mon incapacité, en ce moment, ou ma paresse, ou ma maladresse, mon inaptitude à déceler les moments où il faut sprinter par rapport à ceux où il est permis de traîner... Juste comme nous pensions réussir à recouvre les pans déchirés des peluches. Willy. Tu me manques tellement, en ce moment, ça a aucun bon sang, avec tout ce que ça implique, avec tout ce pour quoi on a souffert.
Toi aussi. Toi toi toi. Toujours été là. Toujours. Désolée de t'avoir fais souffrir, il y a si longtemps, j'en ai presque oublié la dette que j'avais envers toi, et que je continues d'augmenter en me pendant à ton cou lorsque ma colonne flanche. Je t'aime comme on aime son frère, putain, plus, peut-être. Tu es un être d'une perfection graduée, et c'est un honneur que de faire partie de ta vie. J'espère qu'un jour, toutes ces aveugles vont se rendre compte de ce qu'elles ont manquées.
Et toi, je devrais te garder à distance. Je suis brouillée dès la seconde où j'envisage ta présence à long terme, je suis complètement foutue quand je me penche sur la question Steve. Je ne peux pas m'empêcher d'essayer de trouver les indices de cet attachement loufoque ou nécessaire, je n'en sais plus rien à propos de ce qu'on est ou était... Je ne sais pas t'accorder ma confiance, et je n'arrive pas à comprendre comment, en te méprisant d'un point de vue extérieur, je réussis à t'adorer personnellement.
Mais je sais que je ne suis pas prête aux crises, et j'ai bien peur que tu sois un déclencheur à émotions trop puissant pour ce que je peux communément endurer.
Pi toé, caliss de tabarnack que tu me manques, ça a pas d'ostie d'allure.
Mes deuils de relation - toutes catégories confondues - durent des années. C'est intense.
Mon malheur repose sur mes épaules, oui, je crois, je le tiens dans mes mains et en construit les fondations, mais à tâtons, sans le vouloir; je me retrouve avec un géant de fer qui me toise et m'écrase... Je suis l'unique artisane de mon suicide. Quelle ironie que de vouloir désirer vivre dans de telles circonstances...
Oh, si les efforts que je mets dans une tentative de bonheur, réel, tangible, pouvaient être exposés... J'aimerais qu'on sache toute l'énergie que je mets pour nager à contre-courant des vagues de mon ADN. À moins que ma vision du vrai monument de ma dépression paresseuse ne me soit renvoyée comme les engrenages rouillés de ma tentative d'épanouissement, à moins que je sois vraiment dolorescentrique.
Ma définition du bonheur est d'abord gestaltiste; un ensemble de petits riens qui créent une mosaïque généralement souriante; le rire d'un bébé et le satin de ta peau, le vent dans les cheveux et la nourriture indienne. Peut-être regarde-je simplement le dessin de trop loin, de sorte que ces points de félicité sont perdues dans la lourde nappe de velours de jais qu'est mon univers entier. Diluer des pigments de fleurs dans un encrier, ça ne le rend pas multicolore...


Sur l'espace décisionnel d'exister, je tangue vers la gauche, funambule aux larmes cristallines.

2 commentaires:

  1. Tant de fin, de commencements; de la morts et surtout tant de vie.. Je suis comme toujours assez dégoutté par l'acceptation de ce concept et ébloui par les merveilles de ta complexité.

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  2. Tout le monde n'a pas ton talent pour l'écriture. De mon côté, j'ai à peine le talent nécessaire pour interpréter mes propres sentiments. Je tente alors de laisser sortir les mots comme ils arrivent; brute et authentiques..

    Ce n'est pas toi qui me dégoutte. C'est un concept; ma vision vis-à-vis ce qui pourrait être la mortalité. De la simple mort d'un sentiment à la mort complète d'un individu. Accepter de laisser mourir pour pouvoir recommencer à vivre.. En bout de ligne, j'exprimais ma jalousie.

    Peu importe l'apparence que peut me donner cette foutu nostalgie.

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