jeudi 23 février 2012

Society, have mercy on me, I hope you're not angry if I disagree.


On emmerde une dernière fois la société, puis on revend son poster du Che.
J'ai vomi dans mes Cornflakes


Ça n'a aucun lien avec ma propre opinion. C'est en réponse à des observations hors de tout sentiment partisan.
Je n'en sais rien. Je ne suis qu'une imbécile avec des ambitions titanesques de papiers journaux, flambées à la moindre étincelle de friction des engrenages rouillés de briquets entre les doigts d'enfant, lavées de ses idées aux plus subtiles larmes qui se dépose contre ses caractères en vagues du même rythme morne et seul. Qu'importe mon opinion quand on ne veut entendre que l'écho de ses propres réflexions, lorsqu'on n'est pas prêt à réaliser la grandeur du monde, l'absence de barrières... Je ne vous demande pas d'approuver, même pas d'admettre une quelconque vérité dans le discours de mensonge que vos consciences vous dictent, je vous demande d'écouter, quelques minutes au moins, je vous en prie, que quelques secondes, elles vaudraient l'éternité pour moi... Je vous demande de reconnaître l'existence de divergences de positions, je vous demande un peu de merci pour cette race humaine déjà si éprouvée par son incompréhension chronique, et, égoïstement, je souhaite que vous me donniez un peu d'espoir, une lumière pour ne pas me perdre dans la dérision de cette tour de Babel que constitue cette société démembrées en membres disparates saignant pourtant le même sang.
La caverne de Platon... C'est la caverne de Platon, tout ça...
Dactylographier des idéaux pour les voir morcelés par la base bafouée de la démocratie? Je ne sais pas si ça en vaut la peine, c'est plutôt dur d'en être certaine.
La rencontre de quelques solitudes dans cette foule grenat, quelque part entre la tyrannie et l'évolution, est-elle possible? Et en vaut-elle la peine?
On erre dans ces flots de corps étrangers et d'esprits dissociés, sans être moins seuls.
Je suis désolée, si désolée de ne voir à travers ces cornées glacées d'émotion, laquée de nos intempéries adolescentes, qu'une quête éperdue d'identité commune, essoufflée, traumatisée à la simple perspective de peut-être ne pas s'associer à quelque chose. Quitte à n'être que des songes au vent, suivant les brises éphémères de souffles vites hors d'haleine... On serait n'importe quoi, tant qu'on sera moins seuls...
Je suis désabusée de tout ce qui nous entoure, particulièrement de l'imperméabilité des coeurs, bien au chaud dans leurs cages de fer, malgré les averses de douleurs qui alentours font fondre les fondations de nos réseaux communautaires.
* * *

Je ne m'en étais pas rendue compte si souvent, mais il est bien vrai qu'on n'accepte pas la maladie mentale; ce n'est pas qu'on lapide les souffrants, qu'on les insulte et qu'on les juge. Non, c'est bien davantage qu'on refuse d'admettre que quoi que ce soit de leur être ne fonctionne pas. On veut les juger sur le même modèle que le nôtre, on croit qu'ils peuvent se recroqueviller dans le moule pourtant bien confortable de notre réalité, quand le leur a besoin pour se modeler de beaucoup de temps, de crises et d'accalmie, de circonférences âpres et multicolores... De patience, surtout, probablement.
Peut-être a-t-on raison, qui sait, peut-être ne sommes-nous qu'une armée de lâches, les armes déjà baissées avant d'avoir vraiment pu tâter de la lame la gorge de la vie... Mais je crois davantage que le problème réside dans le fait que la majorité des gens marchent au pas avec le joyau qu'est l'existence, alors qu'elle m'éprouve et m'afflige, me tord et me pourfend de ses réalités douloureuses sans qu'elles n'aient de nom, de corps ou même de sens. Je pleure pour une rose comme pour une orchidée. Même mes songes sont dagues contre les battements ténus de mon coeur, hématomes rapiécées du fil d'or des sourires de la fragilité humaine.
La vérité, cette ligne de craie tracée contre le bitum de notre réalité, est bien facilement effaçable; je ne sais pas si je suis faible, si honteusement fragile et dédiée à sa fin parce que j'ai moi-même arraché les pages du volume portant mon nom, ou si vous êtes simplement trop fermés d'esprit pour accepter cette fatalité - certes corrigeable à coup de comprimés polychromes, oui, je le dis au moins. Faute d'évidence, je me lacérerai. Rien de nouveau, capitaine.

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