lundi 6 février 2012

Everybody's gotta learn sometime

Ich wünschte, es war genug.


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Elle n’entendait qu’en une sourdine diffuse les légers rires de ceux qui l’entouraient. Autant elle ressentait, goûtait, comprenait avec une acuité pénétrante toutes ses sensations internes, autant elle n’avait plus conscience du monde extérieur, nappé d’un épais brouillard que l’intensité de son intérieur masquait.

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C'est toi que j'ai cherchée tout ce temps,

dans ces sous-sols vrombissants et sur ces pistes où je ne dansais pas,
dans une forêt de personnes,
sous les ponts de lumière et les draps de peau, au bout des pieds maquillés qui débordaient de lits en feu,
au fond de ces regards sans promesses,
dans les arrière-cours d'immeubles bancals, par-delà les danseuses esseulées et les barmen ivres,
entre les poubelles vertes et les cabriolets d'argent,
je te cherchais parmi les étoiles brisées et les parfums violets,
dans les mains gelées et les baisers liquoreux, en bas des escaliers branlants,
en haut des ascenseurs lumineux,
dans les bonheurs blêmes et les chances saisies et les mains serrées trop fort,

et à force j'ai dû cessé de te chercher
sous la voûte noire,
sur les bateaux blancs,
dans les échancrures veloutées et les hôtels éteints,
dans les matins mauves et les ciels d'ivoire, parmi les aurores marécageuses,

mon enfance évanouie.
Un roman français, Frédéric Beigbeder

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