mercredi 8 février 2012

Come on you people and set me free


Écoutes. Je suis plus capable. Plus, plus, plus capable. J'ai oublié la saveur des mots, ils ne sont que cendre irritant mes papilles gustatives, vestiges d'un incendie trop preste, aux fumées désinhibitantes et aux souvenirs éparses dans des vapes de Peter Jacksons.
Je voudrais éclabousser du goudron de mes songes ce coffre-fort mental où chaque jour le monde me passe à la roue. On n'en parle plus. Un cadavre étendu d'une odeur pestilentielle dans les catacombes de mes souffrances. On s'en fout. Allez, laissez moi redevenir des herbes comme celles qu'on aime bien fumer. Des blocs LEGO à démonter.
Lacérez-moi, je veux voir perler le sang, je veux la bastonnette, fumons un pétard à Singapour, non je ne suis pas sadomasochiste, je suis douloureuse, je suis Hiroshima, je suis une catastrophe naturelle sans aide humanitaire, un Tsunami au Japon, un Ave Maria qui fausse dans une église d'Amérique Latine, une chanson folklorique fredonnée par un alcoolique dans un bordel de Nouvel Orléan, je suis, je suis, je suis, je ne suis rien que quelques syllabes à murmurer dans le creux du cou de la nuit et à oublier en fermant les yeux. Quand vous soulèverez vos paupières, demain matin, demain, dès l'aube, vous ne m'aurez plus en tête, et c'est très bien.
Tout le monde a abandonné ma réhabilitation, de toute façon. On n'y croit plus, alors qu'on arrête de tourner en rond et qu'on me saute à la gorge, je l'offre à vos crocs d'indifférence, à vous de sucer la jugulaire de mes espoirs, car oui je le veux. Pas de riz dans les cheveux, que quelques flocons de l'hiver des corps.
Je vous déteste tous, tellement, tellement, tellement, de m'aimer d'une manière si mièvrement égoïste, sans l'ombre d'assez de gestes ou de mots (il n'y en a pas de justes) pour me sortir de mes limbes émotionnelles. Vous ne réussirez pas à me faire aimer l'existence, putain, j'ai essayé, je me suis épuisée à trouver un semblant de valeurs à travers les pages carbonisées de mon destin et je n'y ai trouvé que quelques gouttes d'acide pour les yeux - verres de contact noir. On veut que je vive pour soi-même. Que je souffre, que je me charcute le corps ou l'âme, oh, putain, c'est triste, mais ça ne change pas grand chose dans votre vie, avouons le. Avouons que je ne suis qu'une belle décoration à garder.
Avouons que vous n'avez pas mes intérêts à coeur pour deux cents; mes intérêts sont écrits au fond d'une fosse depuis presque dix ans déjà.

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