lundi 16 janvier 2012

In the cold light of morning



Dans tout ce lourd chagrin je vous traine aussi.

De corroder mon cœur, il n’en a pas assez…

Quelle douleur folle que de mourir aimé!

Je ne peux déserter la guerre de la vie.


Souvenez-vous de moi alors que je souris

Afin de panser vos épuisantes pensées;

Faites de moi ces gouttes de rosée nacrées

Qui rendent poétiques un mirage de pluie.


Obsession rampante qui m'empêtre les synapses, monstre innommable qui refait surface, maintenant, peut-être toujours... Je ne sais pas, je ne sais plus, mais l'apocalypse fait rage et dommages dans ma tête, en ce moment, l'apocalypse avec tout ce qu'elle a de plus humain, de plus horrible.

Je prierais à genoux pour avoir la force de me lever lorsque l'aurore lance ses dards de lumière à travers les rideaux de ma fenêtre, lorsque l'hiver tisse ses dentelles de givre aux coins des vitres et alors que lentement, la ville se réveille dans le froid qui gifle les visages matinaux. L'or des beaux matins n'est plus joyau assez rentable pour que j'étire mes doigts pour le frôler; j risquerais d'y perdre le souffle, gardé si précieusement, dans la nuit noire ou blanche, entre mes doigts violets frigorifiés, crispés autour de cette expiration minuscule qu'est mon espoir en la beauté et le bonheur potentiel de l'existence... Si j'ouvrais cette cloison d'os et de chaire, pourtant, je pourrais confirmer que sa douce chaleur s'est extirpé de mes doigts, malgré toute mon assiduité à y resserrer les barreaux, malgré toute l'âme que j'y ai mis... On ne peut garder le souffle d'un concept aussi abstrait.

Alors j'échappe à la création de l'homme et me terre dans les dédales de mon encéphale pour y chercher un minotaure que j'incarne, pour trouver dans la noirceur une cape qui me cacherait mieux que ce masque impersonnel qu'on méprend probablement pour une stupidité sourde, une solitude à ne pas exposer au grand jour.

La solitude. Concept abstrait de souffrance au singulier, forme instable qui évolue pour nous ronger l'âme, la trouant comme les vers graduellement mangent les cadavres de ceux qu'on a aimé, un cancer d'existence qui jamais vraiment n'est éradiqué, peu importe tous les traitements, peu importe tous les efforts... Peut-être que la solitude est un état d'esprit, comme l'optimisme. Ou encore, la conscience du tombeau effrayant que constitue notre crâne où on finit par enterrer rêves idéalistes et propositions de vies futures dorées, heureuses.

Être heureux, c'est être généralement satisfait de sa situation, peu importe quels sont les critères qui représentent notre propre Eldorado, et peu importe les miettes de terre, certes désagréables mais bien dérisoires, qui ponctuent notre parcours sur un chemin pavé.

À genou, à genou, et continues de supplier l'inexistant de t'accorder les quelques grâces d'une tête moins seule, moins sonnée par ses antécédents, moins engourdie par ces comprimés d'un bleu azur qui tente de convertir l'anthracite des cumulonimbus de son intérieur en cette teinte de conte de fées et de bonbons aphrodisiaques! À genou, à genou, et peut-être collée au sol, et peut-être six pieds sous terre... À genou... À genou...

Donnez-nous aujourd'hui notre fin quotidienne.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire