dimanche 8 janvier 2012

Ces bois que l'on dit de justice et qui pousse dans les supplices



Solange

Claire, la beauté de mon crime devait racheter la pauvreté de mon chagrin. Après, j'aurais mis le feu.

Les bonnes, Jean Genet-----------


Je n'ai rien trouvé d'assez beau pour l'y sacrifier, je n'ai pas pleuré devant assez d'autels pour y immoler les grâces de mon existence. Je n'ai jugé digne de mort que ces nobles songes d'espoir et d'avenir de nacre, et encore, je les ai assassiné sans aucune prestance, je les ai prestement étranglés des ténèbres trop populeuses de mes neurones, noyées dans le sang d'encre de mes angoisses cycliques, hâtivement mis en terre, gauchement enrubannés dans leurs linceuls de carton mouillé, des poignées de fumier lâchées contre leurs corps déjà grêlés par des vers affamés. Parait-il qu'on en trouve à la pelle, de l'espoir.

Quelques paroles indignes échappées des cordes tendues dans ma gorge, quelques mots volatiles qui se sont envolés hors de la cage de chair, et ceux-là, je les regrette, oh, ils auraient dus rester derrière les barreaux de calcium de ma bouche, ce sourire tordu des heures, peut-être même des âges. Je ne sais plus combien d'hivers ont défilés devant mes yeux aveugles des beautés du monde, j'ignore le nombre de saisons qui déjà se succèdent pour laisser place à une autre... Le temps est mièvre, subjectif, incontrôlable et j'ai horreur de ses aiguilles, j'ai horreur de sa course qui lentement nous poussent tous vers la fosse commune. On ne peut reculer; la seule liberté tient dans la façon de franchir la distance fatale; la tentation de quelques enjambées précoces, qui nous permettrait de se jeter tête première pour affronter le gouffre et s'y briser le cou.

Certains parcourent le No Man's Land les yeux bandés de satin blanc, confortablement postés dans des trônes de quartz portés par des esclaves malheureux... À un certain point, qu'importe, puisque rendu à l'abîme, ils s'effondreront au même rythme?

Vaines, vaines réflexions...

1 commentaire:

  1. Tu es poussière et tu retourna poussière.. Drôle de pensée tirée d'un livre qui devrait expliqué que nous sommes plus qu'insignifiant.

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