lundi 30 janvier 2012

Minefields


La foule était rouge, rouge sang, rouge agressif, rouge excessif, rouge carnassier, des rires muets comme on en voit dans les films, tus par le vacarme trop dense des haut-parleurs qui crachaient de multiples musiques pour faire bouger les corps et se lier les langues, éventuellement, quelque part entre les limbes et un Blue Lagoon, quelque part à mi chemin entre la diagonale de ton destin et du mien, une salle pleine, pleine, sans aucun échappatoire à soi-même... Il y a tant de gens qu'on en oublie la foule. Et bien non, je ne l'ai pas oublié, et la place de chaque vie qui prenait de l'expansion face à ma petitesse bénigne, à ce corps discordant dans tant d'accords floués par leur clameur, et tout petit, tout petit, les mots, plus aucun sens, plus rien d'autre que ces sourires pastiches et un sentiment en forme de lame de rasoir qui me lacérait les entrailles et le coeur.
Alors j'ai commencé à pleurer.
Et tout a empiré.

vendredi 27 janvier 2012

Clean



Toutes ces déclinaisons de diplômes que j'aurais pu incarner avec tant de prestance, tous ces futurs dorés qui s'offraient à mes prunelles envieuses comme un visionnement précoce d'une existence enfin sensée dans ce sempiternel empire du dérisoire, tous se dérobent à mes mains tendues, les tendons crispés de mon espérance dévoilant toute la force avec laquelle j'aurais voulu saisir ma vie, enfin, l'avoir entre les doigts, peut-être pour la couver, peut-être pour la fendre, brutalement, comme on rompt le cou des poulets. Tchak tchak, on n'en parle plus. Mais bien évidemment, je n'ai pas pu.
C,est qu'elle glisse toujours hors de mon emprise. À l'instant même où je crois la maitriser, lui donner la trajectoire souhaitée, elle me rappelle avec un sourire sournois que je n'ai jamais vraiment eut les reines sur ses galops, bien que je les aies appréciés; et maintenant, le destrier sur lequel je croyais représenter ma force nouvellement acquise se cabre et me révèle l'étendue des armées mentales contre lesquelles je devrais me battre. Et je n'y arriverai pas, très chers, je n'y arriverai pas.
Oh, milles excuses, oh, pardieu, je vous ai menti! Peut-être pourrais-je survivre dans une monotonie dosée à une fréquence de métronome. Je ne me souviendrais pas de l'ardeur d'une passion, des frissons électrisants qui accompagnent la curiosité maladive qui s'éveille envers un sujet, de l'intensité d'être allumé, de comprendre, d'exister à travers mots et culture.
Je vivrais de ma quête de connaissances. J'en demanderais toujours, encore. S'il m'était possible de n'être qu'un manuscrit interminable à remplir (Times New Roman, caractère 8, simple interligne) de notions théoriques et pratiques, de recherches et d'exemples, d'hypothèses et de tableaux, je dirais adieu à tous ceux que j'aime, que j'adore, et qui me le rendent probablement bien, et je m'enfermerais. Je suis certaine que j'en retirerais le plus grand soulagement.
Mais ces rêves de savoir sont invariablement liés à la pression sociale, aux standards, à ceux que je me dresse et à ceux que tous les autres nous pousse au fond de la gueule, au temps qui file et qui presse et qui peu à peu respire notre air jusqu'à l'asphyxie de toute forme d'optimisme visionnaire face à ce chemin de charbon qui s'étend sous mes pieds nus, tachés des cendres d'espoirs calcinés depuis si longtemps et laissés trainés à l'abandon, poussières de geais marquant les traces des errances perpétuelles, adolescences maudites, filou... Tabarnack.
Je ne crois plus à rien: moi, vous, eux, le futur, ce que je me souviens ou que j'invente de mon passé, les amours (déçus ou comblés), les amitiés authentiques, les belles phrases qui ont un jour glissé hors de mes doigts, la réalité subjuguante de la drogue, être gris sous la pluie, être sobre dans toutes les situations qu'on a effacé par le filtre flou de notre dépendance, les épingles enfoncées dans la chaire pour ressentir quelque chose d'autre que la douleur lancinante qui nous compresse l'âme de toute part, tout, tout, tout, je vous dis, n'a plus rien de réel, de tangible, et je me morfonds de toute cette facticité dans laquelle je continue pourtant de tournoyer, l'estomac au bord des lèvres.
Mon coeur ne me semble être qu'angoisse et mal de vivre. Je le sens peser contre mes dents, compressé contre mon palais, si dense et chaud qu'il doit bien y avoir quelque chose possiblement percevable pour le monde extérieur... Mais en entrouvrant mes lèvres, aucun des maux qui se tissent en phrases pouvant dicter ma condition ne s'échappent; il n'y a que les paroles inintelligibles, non importantes, qui trouvent leur chemin vers le monde extérieur, et je meurs, oh, je meurs tellement, et pour un motif si vil et douloureux qu'il justifie à jamais mon statut de monstre; je veux qu'on comprenne ce qui brûle, ce qui me torture, je veux être une boîte de Pandore que la curiosité d'autrui entrouvre légèrement pour y goutter des prunelles quelques étincelles d'interdit... Je veux, je veux, je veux, je ne veux plus être seule, je n'en peux plus, mais il n'y a personne avec qui je puisse être chez moi.
Quand à l'Ouest s'étirent des lavis de vives teintes, oh, des nappes brillantes et subtiles de couleurs pastel, et que l'astre prend congé de nos atrocités, là, là, quelques secondes, j'existerais peut-être.
J'aurais aimé que quelqu'un, un de ces connards ailés, tiens, vienne doucement se déposer devant mon petit corps rose de bébé, avant de m'expulser sur la "Planète Bleue" (maudit nom pour une boule de déchets dont la seule parcelle de la teinte de notre Ciel, c'est des antres à typhons, cyclones et autres croque-mitaines météorologique) et que, de sa voix mélodieuse, il me chuchote au tympan tout neuf: "Il faudrait simplement que tu signes au bas de la page ici pour dire que tu acceptes les termes et conditions de la vie humaine." Et moi je l'aurais regardé et avec toute la crédibilité qu'il est possible de concentrer dans un bambin, j'aurais dis NON. Et tout se serrait dissiper dans un nuage fin de poussière d'étoile, et je n'aurais été qu'une âme perdue dans les limbes sans qu'elle n'ait conscience de ses divagations psychiques.
Mais on ne demande jamais aux gens s'ils veulent vraiment se taper tout le chemin; le taux de participation serait bien trop faible, probablement.

dimanche 22 janvier 2012

Escape!, Philip Glass



"Everything has gone from me but the certainty of your goodness."

Virginia Wolfe, The Hours

Ce film... Je ne me lasserai jamais de sa beauté douloureusement réaliste, de son poétisme d'une apocalypse muette qui se confronte à la banalité magnifique des éléments qui font de l'existence humaine ce qu'elle est.

lundi 16 janvier 2012

Les jeux interdits


Je vous déteste tellement, mais tellement de m'aimer...
Parce que vous me forcez par la douleur qui vous tuerait à ne pas mourir, moi.
Et pendant ce temps, vous continuez, heureux, et moi je souffre et pleure.
Je vous en supplie...

In the cold light of morning



Dans tout ce lourd chagrin je vous traine aussi.

De corroder mon cœur, il n’en a pas assez…

Quelle douleur folle que de mourir aimé!

Je ne peux déserter la guerre de la vie.


Souvenez-vous de moi alors que je souris

Afin de panser vos épuisantes pensées;

Faites de moi ces gouttes de rosée nacrées

Qui rendent poétiques un mirage de pluie.


Obsession rampante qui m'empêtre les synapses, monstre innommable qui refait surface, maintenant, peut-être toujours... Je ne sais pas, je ne sais plus, mais l'apocalypse fait rage et dommages dans ma tête, en ce moment, l'apocalypse avec tout ce qu'elle a de plus humain, de plus horrible.

Je prierais à genoux pour avoir la force de me lever lorsque l'aurore lance ses dards de lumière à travers les rideaux de ma fenêtre, lorsque l'hiver tisse ses dentelles de givre aux coins des vitres et alors que lentement, la ville se réveille dans le froid qui gifle les visages matinaux. L'or des beaux matins n'est plus joyau assez rentable pour que j'étire mes doigts pour le frôler; j risquerais d'y perdre le souffle, gardé si précieusement, dans la nuit noire ou blanche, entre mes doigts violets frigorifiés, crispés autour de cette expiration minuscule qu'est mon espoir en la beauté et le bonheur potentiel de l'existence... Si j'ouvrais cette cloison d'os et de chaire, pourtant, je pourrais confirmer que sa douce chaleur s'est extirpé de mes doigts, malgré toute mon assiduité à y resserrer les barreaux, malgré toute l'âme que j'y ai mis... On ne peut garder le souffle d'un concept aussi abstrait.

Alors j'échappe à la création de l'homme et me terre dans les dédales de mon encéphale pour y chercher un minotaure que j'incarne, pour trouver dans la noirceur une cape qui me cacherait mieux que ce masque impersonnel qu'on méprend probablement pour une stupidité sourde, une solitude à ne pas exposer au grand jour.

La solitude. Concept abstrait de souffrance au singulier, forme instable qui évolue pour nous ronger l'âme, la trouant comme les vers graduellement mangent les cadavres de ceux qu'on a aimé, un cancer d'existence qui jamais vraiment n'est éradiqué, peu importe tous les traitements, peu importe tous les efforts... Peut-être que la solitude est un état d'esprit, comme l'optimisme. Ou encore, la conscience du tombeau effrayant que constitue notre crâne où on finit par enterrer rêves idéalistes et propositions de vies futures dorées, heureuses.

Être heureux, c'est être généralement satisfait de sa situation, peu importe quels sont les critères qui représentent notre propre Eldorado, et peu importe les miettes de terre, certes désagréables mais bien dérisoires, qui ponctuent notre parcours sur un chemin pavé.

À genou, à genou, et continues de supplier l'inexistant de t'accorder les quelques grâces d'une tête moins seule, moins sonnée par ses antécédents, moins engourdie par ces comprimés d'un bleu azur qui tente de convertir l'anthracite des cumulonimbus de son intérieur en cette teinte de conte de fées et de bonbons aphrodisiaques! À genou, à genou, et peut-être collée au sol, et peut-être six pieds sous terre... À genou... À genou...

Donnez-nous aujourd'hui notre fin quotidienne.

vendredi 13 janvier 2012

The fabric of dreams is ripped apart...



"Well, you see, Willard, in this war, things get confused out there. Power, ideals, the old morality, and practical military necessity. But out there with these natives, it must be a temptation to be God. Because there's a conflict in every human heart, between the rational and irration, between good and evil. And good does not always triumph. Sometimes, the dark side overcomes what Lincoln called the better angels of our nature."

"And what would his people back home want if they ever learned just how far from them he'd really gone? He broke from them, and then he broke from himself. I'd never seen a man so broken up and ripped apart."

"Have you ever considered any real freedoms? Freedoms from the opinion of others... even the opinions of yourself?"

Apocalypse Now


Tout déchirer. Qu'il ne reste que des lambeaux dont on ne peut plus reconstituer le casse-tête humain.
Des rubans de satin, dans les cheveux, autour des cuisses, has been the loneliest experience of my life, boire un peu plus, un peu moins, des goulots, du culot, oublies-moi, on arrache les pétales des bégonias, un à un, et on y trouve des terminaisons nerveuses.
J'ai prêché le dieu de la consommation avec ma matriarche pour quelques paires de bottes inutiles. Nous sommes des sujets aveugles, endoctrinés par la propagande alentours, déjà destinés à un univers factice projeté par les projecteurs technologiques dont nous ignorons le plus important de la conception; mais il ne sert à rien de s'en rendre compte. I'll take the blue pill.
"Je prendrai ton âme, au complet, pour la panser de ses traumatismes, je prendrai tout, sur mes épaules, sur cette colonne d'os chancelante, crois-moi, l'acceptation complète des échardes sous tes ongles qui te font pleurer quand tu te griffes pour te souvenir de celui qui les a enfoncé là, des chocs post-traumatiques, tout, tout, jusqu'à ce que tu sois aussi serein que tu le désires, jusqu'à ce que les bouteilles ne soient plus nécessaires."
Les assassins de l'assassin sont aussi des assassins.
Craque ton allumette, tires ta cigarette, puis sur la gâchette.

mercredi 11 janvier 2012

Well I've been down so goddamn long that it feels like up to me...

Je ne me souvenais pas qu'il était possible d'aller aussi mal.
Thank God, the earth's a forgiving place; I was quickly reminded.


...Voyons le bon côté des choses: je serai ratée, en bonne et due forme, et pourrai me plaindre avec des mots médiocres pour détailler une existence gaspillée, bâclée. Avec théâtralité, sur mon lit de mort, je me dirai que ça n'a pas valu la peine, et personne ne s'en souviendra.
Je suis à moi-même une oeuvre tragique et anonyme.

dimanche 8 janvier 2012

Ni Dieu Ni Maître




Je délire des bulles de mousseux
Pas des poèmes, que des lignes désordonnées pour de dentelle orner mes songes fatigués
Gah


Peu de tes mots auraient suffis pour border mon oubli
Trop tard, trop peu, peut-être
Jamais le galimatias des corps ne pourra effacer notre errance.

C'est comme ça, sans compromis comme il n'y avait pas de promesses,
Comme nous avons liés nos langues mais jamais nos esprits,
Comme deux pièces de casse-têtes différents qui tentent de s'emboîter;
Elles ne font que se briser.

C'était à demi-mot, mais pas à demi-maux,
Un navire, probablement, la voile en flamme,
Il s'était levé pour des horizons plus azures mais n'a pu que se fondre dans la boue violette des esprits putréfiés

Pourquoi encore la mort, toujours, la Mort, elle hante,
Toujours
Elle ne s'arrête même pas pour respirer, des petits sacs rosés qui font office de poumons
Se gonflent et se dégonflent comme la toile de notre vaisseau de malheur, peut-être ont-ils eut le même respirateur

On finit tous à la grande croix, c'est bien connu
Elle nous toise froidement, doctorat, planète fric,
Avant de nous planter un tube à la gorge;
Notre dernière bouffée d'humanité nous a été volée

Le printemps sublimé
Souviens-t'en
Un jour peut-être s'aimer
Pas maintenant.

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J'ai longtemps voulu être sacerdoce
Le mouvement des âmes entravées par le fanatisme déglinguées d'époques pourtant davantage contemporaines
À un rythme où les machines se perdent, où va-t-on chercher le temps d'être malheureux?

Je suis d'une douleur différente, probablement
Lessiver mes noires pensées, si vous voulez, si vous pouvez
Pouvez-vous?
Jamais encore vous ne m'avez donné plus belles fleurs que ces orchidées regroupées dans mes mains en un bouquet d'adieu
De l'orme, de l'orme, comme c'est joli!
Une petite maison d'orme, toute petite, où je dormirai enfin paisiblement sans comprimés
Merci, merci!
Adieu, maintenant.

Ces bois que l'on dit de justice et qui pousse dans les supplices



Solange

Claire, la beauté de mon crime devait racheter la pauvreté de mon chagrin. Après, j'aurais mis le feu.

Les bonnes, Jean Genet-----------


Je n'ai rien trouvé d'assez beau pour l'y sacrifier, je n'ai pas pleuré devant assez d'autels pour y immoler les grâces de mon existence. Je n'ai jugé digne de mort que ces nobles songes d'espoir et d'avenir de nacre, et encore, je les ai assassiné sans aucune prestance, je les ai prestement étranglés des ténèbres trop populeuses de mes neurones, noyées dans le sang d'encre de mes angoisses cycliques, hâtivement mis en terre, gauchement enrubannés dans leurs linceuls de carton mouillé, des poignées de fumier lâchées contre leurs corps déjà grêlés par des vers affamés. Parait-il qu'on en trouve à la pelle, de l'espoir.

Quelques paroles indignes échappées des cordes tendues dans ma gorge, quelques mots volatiles qui se sont envolés hors de la cage de chair, et ceux-là, je les regrette, oh, ils auraient dus rester derrière les barreaux de calcium de ma bouche, ce sourire tordu des heures, peut-être même des âges. Je ne sais plus combien d'hivers ont défilés devant mes yeux aveugles des beautés du monde, j'ignore le nombre de saisons qui déjà se succèdent pour laisser place à une autre... Le temps est mièvre, subjectif, incontrôlable et j'ai horreur de ses aiguilles, j'ai horreur de sa course qui lentement nous poussent tous vers la fosse commune. On ne peut reculer; la seule liberté tient dans la façon de franchir la distance fatale; la tentation de quelques enjambées précoces, qui nous permettrait de se jeter tête première pour affronter le gouffre et s'y briser le cou.

Certains parcourent le No Man's Land les yeux bandés de satin blanc, confortablement postés dans des trônes de quartz portés par des esclaves malheureux... À un certain point, qu'importe, puisque rendu à l'abîme, ils s'effondreront au même rythme?

Vaines, vaines réflexions...

samedi 7 janvier 2012

George's Waltz

photo: thesartorialist.com


Elle révèle la dureté d'un timide qui, soudain, préfère s'éclipser, disparaitre en lui-même comme on s'enferme dans un sous-marin. Et c'est alors le vide. Le trou. Les autres cessent d'exister. Il n'a plus d'âge. Cette expérience terrible lui a révélé ce que sera son monde: aller jusqu'à la perte de soi, sa propre destruction et, dans la chute, se régénérer par l'envie de beauté, unique antidote à ce "mortel ennui" que chante au même instant Gainsbourg.

"La beauté? Aucun intérêt. Ce qui compte, c'est la séduction, le choc. Ce qu'on ressent. C'est purement subjectif. Personnellement, je suis plus sensible au geste qu'au regard, à la silhouette ou à toute autre chose."

"Le mot séduction a remplacé le mot élégance. C'est une façon de vivre plus que de s'habiller..."

Yves Saint Laurent aime être admiré, aimé. Ce qu'il aime dans l'amour, c'est son impossibilité. Comme la Vilaine Lulu, il n'a qu'un ennemi: lui-même.

Mais cet idéal de simplicité ne peut le nourrir. Ce qu'il aime par-dessus tout, c'est s'exposer au danger. Car le Bel Indifférent construit une destinée, ce moi pour lequel il finira par vivre, ce dieu auquel il sacrifiera sa vie: Saint Laurent. Il ne redoute rien tant que le calme: dans le calme, il retombe. C'est l'autre partie de lui-même. Il lui faut des excitants, des vertiges, du théâtre, des échappées belles. Il ne vit que secoué par l'oubli, le choc, la surprise, l'excès. (...) Il n'a d'autre désir que de tout éprouver. Comme s'il avait mêlé le sang d'une blessure secrète à celui d'une génération.
Yves Saint Laurent, Laurence Benaïm

jeudi 5 janvier 2012

Tell Me What to Swallow


Ton silence est comme une lame sur la gorge.
Sabica Fenez, Petite Armoire à Coutellerie


Toute la chanson me pénètre, des notes qui franchissent les barrières de la peau via les pores pour posséder un être asservi aux portées musicales, toutes différentes à une hauteur de tympan variant, et il y a encore quelques percussions qui ébranlent plus que d'autres... Tous les bruits sont des symphonies à l'humanité dans toute sa normalité; des caisses enregistreuses qui sonnent, les pas des gens et le froissement de leurs vêtements, la neige qui crisse sous nos bottes aux semelles de caoutchouc...
Et maintenant, il est tout dépouillé, le son; la chanson est minimaliste, elle aurait un sofa Mis Van Der Roe dans un salon blanc muni d'une TV hd plasma 72' pouce. Ce sont toujours ceux qui peuvent se permettre le baroque qui se convertissent en adeptes du minimaliste.
J'écris au présent quand je ne suis pas présente. C'est une drôle de niaiserie.
Je vois plein de poulets. J'ai envie de pleurer.
Je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime je t'aime. Beaucoup. Oublies pas, dis? Ah, j'oubliais, déjà fait. Allez, le cancre génie, va effacer la leçon (ou la tentative de réponse) de la nue elle sur le tableau noir.
"Devrais-je te supplier en majuscule?", comme Sabica Fenez dans Petite Armoire à Coutellerie. Mais non, mais non, je blague. Enfin, non. Peut-être pas. Juste pas dans le néant. Crime, tout mais pas le néant. Tout, tout, tout, les insultes, le goudron, les plumes, tout, tout, ma tête sous la langue tranchante de la guillotine, tout, tout, tout, les pieux, tout, mais pas le néant de tes lèvres apprivoisées.
Bercée par les portées. Caliss. C'est vraiment la mer, dans ma tête, à la nuit. Peux-tu te téléporter dans mon rêve? C'est malsain, malsain, malsain. Je suis désolée, ex-luciole, je suis désolée, désolée de ne plus occuper tes songes et de t'en vouloir.
Je raconte n'importe quoi. Mais en apesanteur.

Psyche - Massive Attack
Biscuit - Portishead
Tell me What to Swallow - Crystal Castles
...Dead.

lundi 2 janvier 2012

Narayan


Oh, vraiment, les gens les plus touchants sont ceux qui ont le plus souffert de leur invariable nature profonde.

"Je joue avec les gens, t'en fais pas." Sourire.