vendredi 16 décembre 2011

Zombie.

La noblesse, vieille riche dont l'orgueil avait tarrit sa curiosité du monde extérieur, dont la renommée avait tant attendue l'éternel des acclamations à son égard que la poussière l'avait lentement recouverte, femme vétuste qui n'avait pas voulu se lancer dans les excursions hasardeuses du nouveau monde par peur d'y perdre la face ou le Nord, s'était retrouvée devant le portrait décevant de sa décrépitude.
Les joyaux de son époque, quelques lambeaux de terre grapillés et étriqués au gré des révolutions, s'étaient soudain ternis du filtre suranné des trésors perdus, détrôné à l'ordre des hiérarchies de richesses. À sa gorge à la peau s'affaissant pendait un sceau à présent vide de sens, qu'un témoignage de plus de son révolu.
Devant ce reflet pathétique que lui renvoyait la glace, pourtant si fidèle à sa réelle façade fade et désertée de toute source de la beauté juvénile que l'espérance et l'ambition, elle rouspétait, elle refusait. Ces rainures nivelant son front n'étaient pas les manifestations du passage des âges contre sa peau sèche, mais bien les marques d'un miroir strié qu'il faudrait changer; ce teint n'était pas réellement si gris, il était simplement reflété dans une glace teintée; même ces os qu'on voyait poindre sous sa peau mince comme du papier de soie, prête à se fendre sous la pression de la terre, ne prouvaient en rien sa déchéance, simplement la blancheur d'albâtre qu'elle prêtait à sa peau. Néanmoins, elle n'osait ouvrir la bouche, de peur d'y compter ses dents.
Et, la main contre son épaule comme appui pour s'élever, démontrant sans même le savoir sa nouvelle suprématie sous le squelette croulant de son antérieure parenté, la jeune bourgeoisie se penchait pour admirer la beauté de sa domination nouvelle.
Une autre ère s'ouvrait.

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