samedi 17 décembre 2011

There's nothing left here to worry about, we're on the ground, we're in the clouds, the world is spinning round...

Vieux textes d'il y a deux ans.
J'ai le vertige de Kundera.


Il était deux fois, une fillette aux iris d'argent liquide; une enfant aux prunelles métalliques pleurant des larmes de fer. Son corps était pâle et chaste, ses songes charbonneux et obscènes. Tous les deux étaient raturés de souvenirs de bonbons jaunes à pistolet et de mains aux longs ongles aimant chatouiller la limite de l'innocence de leurs vas-et-viens qu'il "fallait absolument ne pas glisser aux grands".
J'ai longtemps aimé être animal de foire.
Délicatessen.

- - -

Comment en une si belle journée, soleil, abeille, rires, puis-je me sentir si à part, si brisée, par terre? Je la ressens qui revient, elle veut me manger.
Une journée qui ne concorde pas avec mon apocalypse cérébrale, des vers qui ne traduisent pas à quel point le cancer d'existence me ronge, qui ne racontent en rien à quel point j'aurais besoin que tu me serres dans tes bras, doucement que tu m'embrasses sur la joue, qu'il fasse soleil paisible et que je ne sois pas malade, malade de notre histoire gangrenée de l'âme depuis trop longtemps... L'ancien auditorium est calciné, le ciel, bleu, et la nuit de ma profanation d'enfance, j'avais le coeur en morceaux.
J'ai menti. Je le sais à présent. Je ne m'en sortirai jamais. Je crèverai une belle journée d'été. Je ne vous aurai jamais assez dit à quel point je vous aime. À quel point je vous ai aimé. Fascinée par les foetus et les linceuls, par la vie et la mort, mélomane, anorexique, douloureusement entourée, ne méritant pas tant de mains.
Tu m'en veux, pas vrai? Je veux faire l'amour une dernière fois. Trouves moi pour me serrer l'oubli. Fais-moi croire que je n'embrasserai jamais le pistolet et que tu ne m'oublieras pas.
Je t'aime trop gros, je vous chéris trop borgne.

- - -

On essaie de vivre trop vite. On nait, on grandit, on meurt. Les mioches veulent devenir grands, posséder une bagnole, une valise, porter la cravate, arrêter de manger du macaroni, embrasser leur mère sur la bouche... Ces adolescents veulent fumer toute leur vie, mourir jeune, à 27 ans, fauchés, malheureux et idolâtrés comme tous ces modèles révolus qu'on a promu au rang de bêtes de cirque le pistolet braqué à la tempe dans une cage médiatique.
L'adulte veut se faire passer prestement la bague à l'annulaire par le premier des cons s'il peut lui fournir une villa, quelques vacances au soleil et l'engrosser de gosses qui grandiront en l'admirant avec ses propres yeux.
...Et le septagenaire sermonne l'enfant de ne pas prendre son temps, parce qu'en bout de ligne, il a raturé les éléments cruciaux de son bonheur en croyant que l'échelon supérieur serait le meilleur, que le grade supérieur serait celui du bonheur.
On court, on court, mais vers quoi bordel? On s'enfarge et trébuche dans la tombe et on pleurniche lorsque la faucheuse dépose la première pelletée de terre, scandant qu'on est enterrés vivant, pleurnichant notre si peu d'actions finales. la fosse commune du 21ème siècle, c'est le temps, rien d'autre que les aiguilles d'une horloge qui défilent, affolées, et qu'on regarde les sourcils froncés, prétextant leur ralenti. Mais où ça s'arrête, où est-ce que le cadran se révulse?
(...)
Alors prenez votre temps, parce qu'en bout de ligne, c'est tout ce que vous avez.

- - -

N'oublie pas nos génocides d'émotions, ne renies pas nos baisers inachevés. Oublie ce poétisme barbare de jeunesse calcinée par l'ardeur d'un brasier de mémoires enfantines, déjà il s'effrite et les larmes ne coulent plus. Dégustes la chaire de cette éternité diaphane avant que ne pourrisse aussi crument que ton attachement hélas trop court. Tes maux étaient trop faibles pour diriger mon navire de suie, et la coque s'est éventrée délibérément contre les récifs.
Les horloges s'affolent et les coeur se fanent. Déjà les morts s'embrassent et tu m'oublies de ta langue trop commune. Douce embrassade et baisers au creux des reins.

1 commentaire:

  1. C'est peut être mon côté idéaliste mais je crois qu'il ne faut pas trop croire que tout le monde est du genre à oublier et ce, même si l'objet du souvenir nous semble plus important à nous qu'il ne pourrait l'être pour l'autre.

    Toujours courrir vers nulle part alors qu'en partant, on est déjà assis où on a besoin (envie) d'être :)

    RépondreSupprimer