mardi 25 octobre 2011

Notre-Dame de Paris


Les arches des cathédrales de nos amours se sont écrasés sous le poids du temps et des obligations; ces horloges qui filent et le doute qui gruge chaque fondation du coeur ont minés mon espoir de ton retour, lancinant, dérangeant, torturant, et je souhaiterais presque avoir été agenouillée sous les plafonds charitables de notre relation lorsque tu l'as abattu du souffle de ton départ.
Dans le creux des ruines, peut-être crois-je entendre les échos perdus des chants louangeant mon bonheur trépassé, ou est-ce ma folie qui susurre ses symphonies univocales dans l'attente inutile de la réponse de ta voix ? J'ai perdu dans ces décombres la futile confiance en ma valeur. Il ne me sert à rien d'écumer mes pleurs pour y rechercher bribes d'assurance: je n'en valu jamais le coup, je n'ai fait que me projeter illusions et m'orner de fausses perles d'allégresse.
J'ai perçu à tord un signe de ton attachement dans la lumière d'espérance traversant les vitraux de ton coeur et illuminant de leur lueur les lieux de mon culte. J'ai cru déceller dans les couleurs des fondations l'intensité de ton émoi alors qu'elle ne disaient en fait que la vivacité, la vigeur de ma propre dilection, puisque je suis celle qui a coulé les rayons dans ces tableaux de verre.
Les fresques de cette relation éclaire me semblent à présent n'illustrer que des bribes de mon besoin de toi; je n'y vois plus tes bras, je n'y sens plus ta voix. Que quelques danses vides de mon manque d'affection dont j'ai trouvé les rythmes dans les méandres quotidiens de ton nom.
Ophélie, Ophélie, jumelle de douleur de la littérature, fragile cicatrice étirée dans un corps, comme le malheur a façonné ton coeur pour n'en laisser que les dépouillements d'une amertume qui se falsifie carapace.
Je ne le répète que trop, tu étais la charge suffisante qui créait un équilibre précaire sur la balance de ma saineté, mon bien-être; envolé, voilà que le désarroi pèse plus lourd que tous ces puérils accomplissements qui ne me donnent en somme pas assez d'inspiration vers les pages futures du roman de mon existence pour désirer en achever l'écriture. Où est la plume? Elle doit s'être enfuie avec tes soupirs et ne me laisse pour écrire que les traits grossiers de mes empreintes digitales, qui ne réussit en rien à traduire le poétisme minimaliste de mon déclin.
Je ne suis que voyelles incohérentes.
Je ne suis plus curieuse de mon avenir. J'aimerais, vraiment, y voir les perspectives auréolées de jours plus nacrés, mais je n'y trouve que la teinte neutre d'un gris de nuages ne délestant pas leurs larmes contre les pavés fatigués des villes centenaires. Même les édifices s'affaiblissent; ils gémissent en des craquements de métal le poids de leurs obligations.
Ces cités de verre dans lesquelles on se perd, elles sont aussi fragiles que nos consciences.
Âmes de souffre, vous vous embrasez à la moindre étincelle en nuages de passion qui impressionnent par leur preste beauté si vite dévorée par l'atmosphère, sans souhaiter imposer aux consciences un souvenir plus durable qu'une seconde de micro étoile. On vous oublie si vite, une fois la chaleur passée... Consciences d'allumettes, ne vous laissez pas flamber dans la nuit noire par désir de donner une quelconque fièvre aux solitudes lunaires.
Nous sommes tous dédiés à être oubliés, et même ces mots seront bien vite vidés de toute valeur ultérieure.

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