mardi 4 octobre 2011

Change my pitch up, smack my bitch up


"Tu crois connaître quelque chose à ma folie ?"

"Où elle puise sa source."



Tous les hommes que j'ai aimé étaient des aimants à perdition, moins un. Et maintenant il est parti, et j'ai envie de me greffer de nouveau à ma démence, pour ressentir son épiderme rêche, papier sablé contre la peau de souvenirs aux mailles douces comme du satin, si douces que je veux les déchirer, n'en faire que lambeaux d'écumes dans lesquels moucher mes maux. Souiller ta belle mémoire, mon amour, ma déchirure, ou plutôt, mon aiguille, ces yeux d'or fondu, de saphirs incandescents... Ah, que de valeurs dans ces mines de confiance que représentent tes iris, que d'espoir de creuser assez loin pour dénicher le trésor de ce qui m'échappe de moi-même... Mais les carrières de l'attachement qu'on peut ressentir pour moi se sont épuisées, trop tôt, ou trop tard pour que je puisse sauver mon espérance, écrasée sous les ruines d'une relation guillotinée. Qu'on sorte la nitroglicérine, qu'on dynamite cette saineté mentale! J'en ai marre, je suis faite pour me foutre en l'air, pas pour croire en l'avenir! Et que ça saute, qu'il y ait des explosions, des tonnerres dans l'écho vide de mon manque mental!

Et moi je crois qu'il n'y a pas de sens à cette existence, que du brouillard dans lequel on se perd, cris, hurlements de foules extatiques sur l'ecstasie, ongles dans la chaire, lèvres contre le verre fendu d'une coupe de vin pourpre, celui de tes veines. Que devrais-je vous expliquer pour comprendre une seconde tous les croque-mitaines qui grandissent et se déforment au creux de mon crâne?

J'ai un appétit pour la destruction, que voulez-vous, peu importe les guitares ou les synthétiseurs dans mes oreilles, j'ai un désir lancinant de me lancer dans le vide, une envie irrévencieuse d'étrangler tous les jours qui se lèvent pour ne rester qu'entre les bras cadavériques des nuits où tout est permis. Ces ténèbres qui m'ont servis d'amantes, ces crépuscules aux teintes nébuleuses où, tirant sur la gorge d'une cigarette, on embrume nos songes de la facticité de nos idées.

J'ai menti. Je les comprend, ces ex-connaissances qui se sont perdues dans le brouillard des tranchées d'étoiles de nuits d'insomnie, d'aubes de perdition. À cinq heures du matin, quand poinde le jour, on oublie l'essence de son nom pour se dilluer dans la futilité de nos existences.

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