mardi 27 septembre 2011

You could have been number one, if you only had the time



Les gens ne savent pas. Ils lisent à travers des tics camouflés un stress injustifié, interprêtent de nos absences momentanées une personnalité lunatique, croient entrevoir des demi-sourires embarassés des soirées bien arrosées qui ont fini dans des draps qu'on répugnait. Ils croient aux erreurs, bien sur, il serait naïf d'apposer l'étiquette du mythe à la plus bénigne malformation du destin humain, mais, malgré tout, malgré tous, ils ont foi en la balance humaine de toute chose. Ils sont apôtres, peut-être sans le savoir, d'une raison philantrope qui gagne sur tout, même sur l'attraction magnétique du chaos sur les âmes les plus fragiles.

Les gens ne savent pas que les monstres se cachent dans les plus jolies robes fleuries. Ils ne savent pas qu'au fond de la cage thoracique de chacun de nous sommeille un cancer d'existence, une gangrène mentale contagieuse pour quiconque a déjà souhaité arrêter le carnage de son mensonge - oh, qu'une miliseconde peut-être, qu'une poussière d'éternité... Mais une poussière que cet ignoble meurtrier a léché de sa langue et de laquelle il s'est délecté. Une maladie dégénérative qui rampe et rôde et se tord pour passer hors des barreaux de sa prison de saineté, clôtures érigées par une société qui s'est crevée les yeux pour ne pas lire les pages déjà rédigées du chapitre de sa fin. Bourgeonnent au sein du plus sincère sourire un croque-mitaine qui vous avalera tout rond.

Une sale folle qui se perd dans les délires de ses neurones trop souvent falsifiées, voilà l'étiquette qu'on m'apposerait avec raison.

Mais bien sur que je suis cinglée! C'est que mon propre cannibal a déjà commencé à me gruger de l'intérieur, tant que j'ai de la difficulté à maintenir le masque, puisque je sais que tôt ou tard, de ses ongles terreux, il arrachera les dernières façades de mon portrait.

Même toi, mon amour, je ne crois pas que tu saisis l'étendue des cauchemars qui peuplent mes nuits lorsque l'encrier du soir dépose sa cape lyrique sur ma vision fatiguée de vouloir croire.

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