vendredi 30 septembre 2011

I've given all I can and it's not enough

Tout ça, c'est du blabla de plaies ouvertes sur mon âme.
Pas besoin de lire.
Tout le monde a déjà lu ça à quelque part, et ce n'est pertinent que pour le pleurer soi-même.
Je suis avalée par ton absence que tu ne souhaites pas plus que moi.

C'est mes doigts dans les cheveux ras de ta nuque. C'est la caresse olfactive de ton coton ouaté, le gris, que tu me prêtes lorsqu'il fait froid et que, comme d'habitude, je n'ai rien pour me couvrir, parce que je n'aime pas porter de trop lourdes charges, à 40 minutes d'autobus-métro-marche. C'est tes yeux bleu blanc rouge. C'est la musique de Y., qui emplit le minuscule cocon de vie commune et qui fait vibrer les murs jusqu'aux petites heures du matin, plus hautes que les étoiles qui brillent au bout des joints qu'on allume en continuité et desquels je me plains, à défaut. C'est ta façon de protester, très poliment, contre mes frustrations, toujours en douceur, sans vexer personne. C'est les bouteilles d'Arizona. C'est le grain de beauté dans ton cou. C'est la seule RBC à des mille à la ronde. C'est ces marches, je ne sais pas combien il y en a, que je montais prestement, sur la pointe des pieds, pour arriver plus vite. C'est des jolis compliments sur un corps discordant, étrange, auquel tu as réussi à trouver des beautés. C'est un bracelet bénigne et des brownies pour s'excuser. C'est trois mois seulement, dont deux à me lever tous les matins dans les mêmes draps, à 3 heures de l'après midi, confortable. C'est embrasser quelqu'un sans avoir peur. C'est être accepté dans ses plus infimes défauts, ne pas avoir besoin de se travestir. C'est apprendre à faire confiance. C'est embrasser dans le cou sans vouloir baiser, juste pour effleurer des lèvres une parcelle de toi. C'est ton adresse facile à retenir. C'est avoir le droit de débarquer, en plein milieu de la nuit, saoule comme dix, et que tu ne dormirais pas encore, que tu me serrerais. C'est m'accrocher à ton bras, après avoir lâché les deux hommes à qui je m'étais agrippée pour survivre, et que tu sois le premier à tenir ma main aussi. C'est que tu m'as prouvé que tu tenais à moi. C'est ta vulnérabilité, toute nouvelle, qui tord les larmes hors de mes yeux. C'est que pour une fois, je veux aider quelqu'un qui m'aide aussi. C'est que tu en vaut la peine. C'est que tu es mon été en entier. C'est les sushis Parc/Saint-Joseph avec ta soeur, le Mikasa où on n'est jamais allé, finalement. C'est Deep Blue Soul et ton t-shirt bleu. C'est les paradoxes qui composent ta personnalité, tes talents en mathématiques et ton intérêt journalistique, ta passion maladive pour le weed. C'est que tout le monde t'adore. C'est le bouclier dénonciateur dans ton placard. C'est ta prononciation en anglais. C'est de te dévoiler doucement. C'est l'admiration que tu portes à ta mère. C'est ta facilité à prendre la vie comme elle vient, et à m'apprendre à le faire. C'est toutes ces chansons que tu connais et que tu me fais découvrir. C'est le sport. C'est une vie commune avec des compromis. C'est aller faire l'épicerie en tenant quelqu'un par la main. C'est arriver une autre fois en retard et que tu ne te faches pas. C'est être avec A. et C. à perdre du temps. C'est jouer aux cartes quand on est trop finis. C'est le jeu des devinettes. C'est me lancer dans ma piscine. C'est regarder un film et ne rien y comprendre. C'est que tu me prennes par la taille, par derrière. C'est faire le pingouin. C'est se sentir aimée dans tous les recoins de son corps, dans la façon dont on prononce les mots. C'est sapristi, quel homme. C'est que je n'ai pas honte de toi. C'est que je commence à avoir peur de te perdre et que je sois capable de te faire confiance quand tu me dis que tu ne me laisserais pas parce que je suis dérangée. C'est la guerre des pouces. C'est la culture de ta soeur. C'est la stabilité. C'est tes draps bleu marins. C'est ta patte de lit qui flanche. C'est la maison de tes grands-parents, et la tienne, tiens. C'est Gérard et Ginette, et que je ne t'ai jamais fais le dessin. C'est que pour toi, je ne suis pas une malade mentale, juste quelqu'un d'instable, peut-être, mais de normal. C'est ta situation familiale et les bougies lancées sur les murs, auxquelles tu as survécu malgré tout. C'est Ophélie et le tattoo de ta soeur. C'est te faire annuler une sortie, au début, collés contre le mur de l'entrée. C'est ton cellulaire de marde. C'est l'indien. C'est t'attendre au Second Cup. C'est une vie nouvelle en laquelle je croyais, et que je voulais croire, et que je me laissais croire, en sachant que ça pourrait faire mal, mais en me disant que ça en vaudrait le coup.
C'est la première fois que je me suis fait aimer comme du monde. C'est tout ce qui n'existe plus.

3 commentaires:

  1. Tu me croiras pas, ça m'a foutu la chiale.

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  2. La chiale : les larmes.
    De doux et mélancoliques sanglots.

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  3. Ce n'est pas moi qui t'ai fait pleurer, c'est E.
    Tout comme il m'a eue, c'est lui le tireur.

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