vendredi 12 août 2011

T'oublies or not t'oublies, les ombres d'opaline...

Notre nirvana déchiré par cette attente éternelle de perdition mutuelle, on se contentera d'aller se griller quelques cheminées à perte en bordures des autoroutes.


Imagines-toi une aube de printemps. Les corolles raidies par le gel de l'hiver qui se languit, leurs petites jupes diaphanes de pastels en suspens dans l'immobilité enivrante du mois d'Avril, laissent graduellement les paillettes ambrées du jour naissant se poser dans les gouttes fondant contre leurs courbes duveteuses. Les fleurs pâles des cerisiers ouvrent tendrement leurs lèvres de douces et fragiles pétales au lavis de quartz rosâtres, comme le soleil étend sa première étreinte d'or contre les pavés frais de calmes rues résidentielles. Les ombres qui enlaçaient les reliefs morbides de la nuit se fanent contre la révolution quotidienne de cette sphère azurée sur laquelle on s'affranchit graduellement de la caresse de Morphée, la comptine incertaine d'oiseaux de verre se dissout dans l'atmosphère glacée des cinq heures du matin, et dans le murmure lent, lascif d'existences s'éveillant à la caresse du jour nouveau, la nuit blanche passée à errer aux carrefours des âmes perdues apparait comme une inspiration longuement retenue à l'orée des poumons, sur laquelle on a respiré à petits coups d'espoirs. Les pigments liliales des découpes du paysage donne une teinte rêveuse aux tableaux caravagesques de nos vies profanes à chasser la routine d'un bout à l'autre des lignes de métro, d'une altitude à l'autre de tours à bureaux.
Je découperai dans l'esthétique morne et opalescente de ces aurores esseulées quelques lueurs vagues où déceler, à la lisière de mes rêveries enfantines, le galbe estompé de ta mémoire chatoyante.

1 commentaire:

  1. c'est un bout du monde dans lequel on s'évade. Une douce traversée vers des cieux encore endormis.

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