lundi 1 août 2011

And when the animal hunger runs deep I know I'm never gonna get to sleep.

Pourquoi n'as-tu pas appelé cette fois? On se serait marré, d'un bout à l'autre de nos neurones écervelées, d'un univers à l'autre de débridé et d'Atlantiques bafoués par une ligne téléphonique suspendue au-dessus du précipice de tout ce qui devrait nous séparer et qui ne fait que me bâillonné un peu plus à ta personnalité romanesque, à tes expressions non conventionnelles, à ton sourire de prédateur et à tes petits plaisirs aventuriers, libertins, jeunes et prétentieux. Tu es tellement beau quand tu es en contrôle, je suis capable de reconstituer ce léger plissement aux commissures de tes lèvres qui rayonne d'une confiance en soi justifiée par tes accomplissements interminables.
Je t'imagine glisser hors du tourbillon de l'amusement, vers les tornades des fosses nasales, vers les vraies soirées branchées des sous-sol de Paris, là où on ne peut veiller jusqu'à sept heures du matin sans s'agenouiller à quatre pattes devant la cuvette pour s'enligner quelques 90 dollars aux dix minutes, une paille de métal coincée dans la narine, quelques astres nous embrumant le ciel de nos divagations mentales. Les bulles du champagne, les supernovas de nos encéphales, tout tombe, très cher, tout dégringole éventuellement pour nous laisser seul dans les décombres de nos fuites de juvénilité dorée, et il fait froid lorsque les aubes européennes se délestent de leurs étoiles factices.
Déraciner les boutons de costards neufs afin de niveler de nos ongles la peau douce des torses, suivre la courbe presque convexe des cuisses étriquées de mannequins sous-alimentée en soulevant les robes de paillette et de strass de pimbêches imbibées de 40% pour lequel ces imbéciles en Dolce&Gabbana ont dépensés plus qu'une semaine au salaire minimum... Tout pour goûter à la perdition exquise, cette seconde de folie totale, trois dimensions, où on perd le contrôle et où on accepte de tomber assez bas pour baiser avec un inconnu dans une toilette publique au parquet de marbre, aux miroirs astiqués aux quinze minutes où des gosses de riche ont taggé au rouge à lèvres des comptines anarchistes qui ne leur sied pas.
Je te veux couleur irisée, je te désire rouge Chanel, grenat charnel, les labours de mes ongles dans le filigrane serré de tes deltoïdes et de mes envies vives et non motivées épousant les pulsions lascives de ton corps pourtant loin d'être parfait. Je te veux dans ce décor apocalyptique de capitalisme excessif, truqué, je te veux les yeux bandés devant la disgrâce du monde, je te veux sans savoir que tu me maquilles d'autres traits, dans l'ignorance la plus totale, dans le noir de suie des nuits égarées au revers de notre peur du vide. Je te veux presque dans son dos, ou pire, quelle horreur, je brûle de te posséder devant son expression épouvanté, atterrée par l'abjecte de celle qu'il croyait aimer. Je suis un monstre, un monstre de regards innocents sous un éventail de cils composant ces yeux de biche, un monstre de fragments de poupée brisée rabibochée pour lui donner une taille mince moulée du cellophane couleur porcelaine qui fait son charme et sa laideur. Je me suis fait recomposer le temps d'un baiser, pour les quelques heures, le peu de semaines qu'il faut pour prendre quelqu'un au piège du jeu des amours inutiles et de l'attachement univoque.
Quelle fourberie... Je sais que je serai celle qui te laissera, de peur que tu ne prennes tes jambes à ton cou.
Je ne sais pas si je suis réellement aussi manipulatrice que le laisse paraître le cheminement de mes neurones, mais quelque chose m'apparait clair: je serai en traque de l'interdit de tes lèvres dès le moment où je te détaillerai à travers le verre d'une boisson alcoolisée.

2 commentaires:

  1. (avoir le courage de ses maux).

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  2. La force de dire, d'agir, d'envoyer notre coeur par satellites, de savoir ce qu'on doit faire ou non, accepter. "Tes larmes sont les plus belles choses de ce monde".

    (Ne sois pas jalouse, regarde-toi)

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