mardi 9 août 2011

Shine the headlights, straight into my eyes; like the roadkill, I'm paralyzed, you see through my disguise

Essayons d'analyser ce frisson d'extase qui parcourt mon échine à la vue de ce nom parmi tant d'autres. (...) Est-ce la volupté du mystère à demi transparent, tel un tcharchaf flottant, derrière lequel, au passage, la chair et le regard que l'on est seul à connaitre vous adressent un sourire invisible au reste du monde?
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Je le répète catégoriquement, nous ne sommes pas des tueurs. Les poètes ne tuent point. Ne me hais pas, ma pauvre Charlotte, dans ton paradis éternel, dans ton éternelle alchimie de caoutchouc et d'asphalte, de métal et de pierre - mais pas d'eau, grâce à Dieu, pas d'eau!
Lolita, Nabokov

J'ai voulu t'y écraser. Broyer ta mémoire entre ces lèvres qui se languissaient des miennes, lacérer ton portrait en accotant mes dents contre ses trapèzes tendus, démolir ces réminiscences dans une étreinte gauche et dénudée de toute puérilité, de cette gêne embourbante qui trop souvent nous contraint à asphyxier notre désir et à dompter nos envies impulsives, libertines. J'ai noyé dans mon trop plein de toi une conduite débridée de défoncée qui n'a rien à perdre, dans ces larmes dégringolant du plus profond de mon coeur pour remplir la crevasse qui nous sépare à présent et que tu creuses de chaque comptine sadique susurrée à mon oreille ou gueulée au monde.
Tu m'aimes pianissimo, avoues le, en catimini, caché des yeux d'autrui, tu m'aimes pour la façon dont je te regarde, pour ces crises qui te prouve que je ne pourrais me passer de toi si tu m'en donnais la chance, tu m'aimes pour ton reflet dans mes prunelles laquées de larmes...
Mais pourtant, je me réveille avec des meurtrissures d'attachement d'autant plus béantes, qui gémissent en silence devant le flegme de tes regards détournés, et les lames de ta mâchoire imprégnées à ma peau, et les dagues de cette indifférence au creux de tes pupilles, et l'empreinte imprécise de cette emprise illogique que tu as sur mes humeurs, me compriment l'âme aux dimensions d'un dé à coudre. Je me morfond, je me meure, et tu m'assènes des gifles psychiques à coup de phrases cassantes sans conséquences mais me prouvant l'étendu du dégoût que je devrais éprouver envers toi et que je ne réussis qu'à manifester dans des crises de jalousie enfantines.
Lolita, enfant capricieuse qui mènera à la perte de celui qui la chérit, gamine qui se fera prendre à son propre jeu, fillette flétrie avant l'âge par des conduites fanfaronnes dont elle ne connait pas la portée. Lolita, Lolita, si j'avais su...
Un germe de cerisier au fond de mon ventre. Possibilité de bourgeons écarlates. Je t'aime, mais pas assez pour ça, tellement pas assez pour ce sacrifice humain et mental sur l'autel de ma mon naissant équilibre psychique et émotionnel... Une tragédie à la fois, s'il vous plait, s'il vous plait, je ne pourrais pas survivre...
À dans une semaine pour dévisager l'angoisse de mon existence dans l'attente de mon bain de sang.

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