dimanche 10 juillet 2011

With all your lies, you're still very lovable

Go find another lover... To bring a- to string along...



Les matins liliales sont mornes et esseulées dans l'exigu de mes songes fatigués.
Du bout des pupilles, je cherche élément auquel m'accrocher, un attachement optique aux contours flous où me perdre, faute de trouver le sommeil dans les dédales de mes pensées schizophrènes. Je te cherche même perdue au fond des carcasses des pins, formes squelettiques s'étirant en hauts spectres de dense masse totale, je te cherche dans les paroles impromptues et incompréhensibles des eaux, malgré les murmures de Doncaster, je te cherche dans les vers aléatoires qui passent en boucle dans les colimaçons de mes tympans, depuis quatre heure ce matin. Je te cherche, je ne te trouve que difficilement. Tu me manques, peut-être, mais tu es trop loin pour que je le saches avec toute l'exactitude douloureuse de la privation.
Ce sevrage forcé est possiblement chose positive, puisque j'oublie que je t'aime. Oh, ne nous faisons pas d'idées, je sais bien que je ne t'efface pas de ma mémoire aussi facilement, ce serait trop beau, mais je ne réfléchis pas continuellement à ta présence à mes cotés, à moins qu'un élément ne soit là pour me le rappeler - il y en a beaucoup, cependant.
Les rues qu'on détaille, lorsque le soleil poinde à la limite de leurs fins, reclus derrière un filtre de mal de vivre sourd, presque négligeable s'il n'y avait cette insomnie lancinante qui s'insinue dans les craques de notre santé mentale, ont une étrange teinte de déjà vu à travers mon regard épuisé par les crépuscules noires et les aurores blanches. J'ai trop senti sous mes doigts l'ossature cabossée des squelettes de douloureuses mémoires lors de ces heures matinales où le fond de l'air est à sa température la plus pétrifiante, où les cafés nettoient leurs glaces, où les amants s'endorment enfin, épuisés par leurs ébats interminables, et où les âmes en peine déambulent lentement, déboulent des boulevards vers les banlieues pour retrouver le supposé confort de leurs couvertures étriquées. Dans ces réconforts de laine, ces couvres-lit bon marché, ils pourront enfin digérer l'alcool ingéré et les erreurs accumulées, les peines collées à la peau et les baisers grafignés contre l'épiderme par des lèvres gercées de sourires contrefaits par les cheminées de Marie Jeanne et les circonférences pastel, fusil jaune ou bouches rosées.
Dans ces aurores opalescentes, je retrouve la beauté du spectre d'une perdition qui s'est dissipée dans le coma de mon autodestruction.

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