jeudi 28 juillet 2011

Soundtrack du site web d'Albert Watson



J'ai pas envie d'être aimée. J'veux dire, pas comme ça, pas comme tu réussis à le faire avec une exactitude qui ferait frémir un métronome, pas comme tu réussis à me faire sentir bien quand je m'égare le corps et l'âme au creux de tes trapèzes, pas comme tu parviens à délester le poids de son portrait, pas de la perfection qui te caractérise et qui m'effraie, me terrorise, me traumatise.
Tu es un ange, je le pense, vraiment. Mais n'as-tu pas entendu ce que j'ai fais au dernier qui est venu à ma rencontre? Putain, je suis névrosée, mon amour. Je sais pas comment te dire ça, mais mes neurones sont dysfonctionnelles, elles se permettent des envolées à des milles au-dessus de ta tête, elles explosent en feux d'artifice arc-en-ciel et font gémir d'émotion les plus bornés, et puis ensuite je pique une plonge et je finis sous les pavés, six pieds sous terre, à brailler une existence que je me suis moi-même bâtie à coup de frappes et de blitz et paf le roi est tombé. J'ai toujours préféré le cavalier.
Je recommence;
Je sais pas comment te dire ça, mais parfois, il y a des mondes qui éclosent dans ma tête, des univers incongrus qui se juxtaposent à l'image qui défile devant mes yeux, je sais que tu vas me penser folle, je sais que tu comprends pas mais attend attend cinq secondes s'il-te-plait juste le temps de t'expliquer je suis pas droguée je te promet, il y a des univers, donc, je disais, et je ne sais plus comment dissocier les deux, tu vois, je n'existe plus, et toi non plus, et cette boîte de conserve que nous prenons pour un lit non plus, ce n'est que des méandres, des taches d'encre colorées qu'on interprète pour donner un sens à ces lignes qui se défilent pour faire bouger les scenettes de notre cervelet, des taches Rorschach un peu tu comprends, mais à la fin, ce n'est pas réel, rien n'est réel, putain, putain, putain, et j'ai peur, tellement peur, peur que tu partes, peur qu'il revienne, peur que tout se dérobe et que je ne sois laissée que toute seule, seule seule seule dans le milieu des vents et des tempêtes de mes marées sentimentales s'il te plait reste juste un peu plus longtemps passe tes empreintes digitales contre mes côtes et tout ira mieux laisse-moi te donner un peu de bonheur en canne laisse-moi essayer de te donner une raison d'aimer ce corps ingrat que je trimbale pour empaqueter mon âme psychotique mais je t'en pris, je t'en prie, ne me laisse pas seule, je t'aime peut-être.

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