jeudi 14 juillet 2011

King Volcano, Bauhaus

"Toujours j'ai été comme un chien qui rapporte quelque chose à quelqu'un, d'ailleurs, et ma seule ambition était de recevoir en retour des caresses, des encouragements, des éloges, ça c'est un bon chien un bon chien-chien.
[...]
Comme un chien qui veut toujours plus de caresses, je me postais devant les gens jusqu'à ce qu'ils remarquent ma présence, parfois cela pouvait prendre du temps, et je prenais mon regard de bon chien, de bonne volonté, de loyauté éternelle, d'imploration innocente, et parfois j'obtenais les caresses désirées, mais je n'en avais jamais assez, les gens se lassent vite.
[...]
Dès l'âge de treize ans, j'avais plein d'hommes dans ma vie et sur moi, partout, tous les jours, certains avaient l'air épris, mais je n'en étais pas certaine parce qu'on peut facilement me duper, c'est vrai, et ma soeur me méprisait d'avoir autant de relations, toutes sexuelles, mais c'étaient les seules relations avec lesquelles j'étais à l'aise, alors je m'engageais sexuellement auprès de tout le monde, j'ignorais que c'était méprisable, je ne me sentais pas détournée non plus, j'avais plutôt l'impression de détourner les hommes de leur trajectoire et de leur âge mûr, parfois malgré eux, et comme je voulais du bien à tout le monde j'étais persuadée que tout le monde me voulait du bien.
Pareille aux verres que je souhaitais toujours pleins je me voulais toujours pleine, pleine des hommes, sans eux j'avais froid, j'étais gelée, j'aurais voulu les emprisonner, les séquestrer en moi pour garder leur chaleur. Même l'abondance n'est jamais assez abondante, j'essayais d'expliquer ma béance infinie, certains hommes le prenaient mal, surtout quand je leur disais que je les aimais, dans le bon sens du terme, ce qui était pourtant vrai."
La concordance des temps


Nos existences de drogués.
Un monde différent. Où les gens ne pleurent pas, mais où ils rient en jouant aux cartes, autour de la table minuscule d'un appartement, avec des joints qui s'allument, qui s'allument, ne s'éteignent pas, et ce n'est pas grave, ce n'est pas pour s'agrandir le monde et pour s'y perdre comme on perd le nord sud est ouest cacophonie de coeurs concentriques.
Une existence de perdition qui ne se rend nul part.
"Qu'est-ce que vous faisiez sur le toit?" On ne baisait pas, mesdames et messieurs.
Le lion de Lyon. Tu me fais chier.
J'aime le son de ta voix et tes cheveux emmêlés quand tu te réveilles. J'aime la couleur de ton rire et le sourire de tes doigts quand ils raient mes côtes de striures émotionnelles douces qui ne me déchirent pas l'âme de questionnements.
"Je sais que tu vas décall. Mais c'est pas grave, c'est comprenable." "Qui vivra verra. Tu crois pas que je voudrais que tu restes à la fin?" "Non." Pas de réponse. Ça ne m'a pas charcuté le bonheur, juste un peu entaché la plénitude du moment.
On serait plus heureux si on ne tentait pas de faire l'amour, je crois. Peut-être qu'on a juste tous deux besoin d'une piscine où noyer notre besoin de faire plaisir, de faire aimer, d'être aimer, et tout ce grabuge du passé noir de suie. Ces souvenirs ébène et ces relations dépravées.
Il a peur qu'on le laisse? Quoi?
M'kay.
C'est vrai.
Suis-je en train de retomber amoureuse? Non, je suis en train de chasser son spectre de mon cerveau, et c'est très bien.

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