jeudi 28 juillet 2011

Soundtrack du site web d'Albert Watson



J'ai pas envie d'être aimée. J'veux dire, pas comme ça, pas comme tu réussis à le faire avec une exactitude qui ferait frémir un métronome, pas comme tu réussis à me faire sentir bien quand je m'égare le corps et l'âme au creux de tes trapèzes, pas comme tu parviens à délester le poids de son portrait, pas de la perfection qui te caractérise et qui m'effraie, me terrorise, me traumatise.
Tu es un ange, je le pense, vraiment. Mais n'as-tu pas entendu ce que j'ai fais au dernier qui est venu à ma rencontre? Putain, je suis névrosée, mon amour. Je sais pas comment te dire ça, mais mes neurones sont dysfonctionnelles, elles se permettent des envolées à des milles au-dessus de ta tête, elles explosent en feux d'artifice arc-en-ciel et font gémir d'émotion les plus bornés, et puis ensuite je pique une plonge et je finis sous les pavés, six pieds sous terre, à brailler une existence que je me suis moi-même bâtie à coup de frappes et de blitz et paf le roi est tombé. J'ai toujours préféré le cavalier.
Je recommence;
Je sais pas comment te dire ça, mais parfois, il y a des mondes qui éclosent dans ma tête, des univers incongrus qui se juxtaposent à l'image qui défile devant mes yeux, je sais que tu vas me penser folle, je sais que tu comprends pas mais attend attend cinq secondes s'il-te-plait juste le temps de t'expliquer je suis pas droguée je te promet, il y a des univers, donc, je disais, et je ne sais plus comment dissocier les deux, tu vois, je n'existe plus, et toi non plus, et cette boîte de conserve que nous prenons pour un lit non plus, ce n'est que des méandres, des taches d'encre colorées qu'on interprète pour donner un sens à ces lignes qui se défilent pour faire bouger les scenettes de notre cervelet, des taches Rorschach un peu tu comprends, mais à la fin, ce n'est pas réel, rien n'est réel, putain, putain, putain, et j'ai peur, tellement peur, peur que tu partes, peur qu'il revienne, peur que tout se dérobe et que je ne sois laissée que toute seule, seule seule seule dans le milieu des vents et des tempêtes de mes marées sentimentales s'il te plait reste juste un peu plus longtemps passe tes empreintes digitales contre mes côtes et tout ira mieux laisse-moi te donner un peu de bonheur en canne laisse-moi essayer de te donner une raison d'aimer ce corps ingrat que je trimbale pour empaqueter mon âme psychotique mais je t'en pris, je t'en prie, ne me laisse pas seule, je t'aime peut-être.

jeudi 21 juillet 2011

One week of danger, it's not very wrong...

Difficile de dire, mon amour, si j'aime tes yeux bleu blanc rouge ou la sérénité de nos trop longues étreintes. Mais dans cette conversation d'un bout à l'autre de l'Atlantique, quelques secondes, j'ai oublié ton nom. J'ai souhaité l'effacer, quelle honte, quelle honte, enfermez moi dans un goulag, mieux, dans une miche de pain.
J'ai eu envie de toi, beaucoup, mais pas seulement toi épiderme, toi cheveux, toi cerveaux mathématique, toi en entier putain de merde.
Puis, j'ai eu envie de la liberté du vent dans les cheveux pêle-mêle, j'ai eu envie des bières froides sur le bord de la plage, des drinks, du champagne, de l'alcool et de la raréfaction des sentiments somnambules, j'ai eu envie de ton mode de vie et de tes histoires, j'ai eu envie d'être quelqu'un et j'ai eu envie de ne pas te dire en quoi consistait mon été à moi ("apprendre à aimer"), alors je ne te l'ai pas dit, haha.

"Plus de bon sexe que toi, nia nia nia. Mais pas de foulards, H."

jeudi 14 juillet 2011

King Volcano, Bauhaus

"Toujours j'ai été comme un chien qui rapporte quelque chose à quelqu'un, d'ailleurs, et ma seule ambition était de recevoir en retour des caresses, des encouragements, des éloges, ça c'est un bon chien un bon chien-chien.
[...]
Comme un chien qui veut toujours plus de caresses, je me postais devant les gens jusqu'à ce qu'ils remarquent ma présence, parfois cela pouvait prendre du temps, et je prenais mon regard de bon chien, de bonne volonté, de loyauté éternelle, d'imploration innocente, et parfois j'obtenais les caresses désirées, mais je n'en avais jamais assez, les gens se lassent vite.
[...]
Dès l'âge de treize ans, j'avais plein d'hommes dans ma vie et sur moi, partout, tous les jours, certains avaient l'air épris, mais je n'en étais pas certaine parce qu'on peut facilement me duper, c'est vrai, et ma soeur me méprisait d'avoir autant de relations, toutes sexuelles, mais c'étaient les seules relations avec lesquelles j'étais à l'aise, alors je m'engageais sexuellement auprès de tout le monde, j'ignorais que c'était méprisable, je ne me sentais pas détournée non plus, j'avais plutôt l'impression de détourner les hommes de leur trajectoire et de leur âge mûr, parfois malgré eux, et comme je voulais du bien à tout le monde j'étais persuadée que tout le monde me voulait du bien.
Pareille aux verres que je souhaitais toujours pleins je me voulais toujours pleine, pleine des hommes, sans eux j'avais froid, j'étais gelée, j'aurais voulu les emprisonner, les séquestrer en moi pour garder leur chaleur. Même l'abondance n'est jamais assez abondante, j'essayais d'expliquer ma béance infinie, certains hommes le prenaient mal, surtout quand je leur disais que je les aimais, dans le bon sens du terme, ce qui était pourtant vrai."
La concordance des temps


Nos existences de drogués.
Un monde différent. Où les gens ne pleurent pas, mais où ils rient en jouant aux cartes, autour de la table minuscule d'un appartement, avec des joints qui s'allument, qui s'allument, ne s'éteignent pas, et ce n'est pas grave, ce n'est pas pour s'agrandir le monde et pour s'y perdre comme on perd le nord sud est ouest cacophonie de coeurs concentriques.
Une existence de perdition qui ne se rend nul part.
"Qu'est-ce que vous faisiez sur le toit?" On ne baisait pas, mesdames et messieurs.
Le lion de Lyon. Tu me fais chier.
J'aime le son de ta voix et tes cheveux emmêlés quand tu te réveilles. J'aime la couleur de ton rire et le sourire de tes doigts quand ils raient mes côtes de striures émotionnelles douces qui ne me déchirent pas l'âme de questionnements.
"Je sais que tu vas décall. Mais c'est pas grave, c'est comprenable." "Qui vivra verra. Tu crois pas que je voudrais que tu restes à la fin?" "Non." Pas de réponse. Ça ne m'a pas charcuté le bonheur, juste un peu entaché la plénitude du moment.
On serait plus heureux si on ne tentait pas de faire l'amour, je crois. Peut-être qu'on a juste tous deux besoin d'une piscine où noyer notre besoin de faire plaisir, de faire aimer, d'être aimer, et tout ce grabuge du passé noir de suie. Ces souvenirs ébène et ces relations dépravées.
Il a peur qu'on le laisse? Quoi?
M'kay.
C'est vrai.
Suis-je en train de retomber amoureuse? Non, je suis en train de chasser son spectre de mon cerveau, et c'est très bien.

dimanche 10 juillet 2011

With all your lies, you're still very lovable

Go find another lover... To bring a- to string along...



Les matins liliales sont mornes et esseulées dans l'exigu de mes songes fatigués.
Du bout des pupilles, je cherche élément auquel m'accrocher, un attachement optique aux contours flous où me perdre, faute de trouver le sommeil dans les dédales de mes pensées schizophrènes. Je te cherche même perdue au fond des carcasses des pins, formes squelettiques s'étirant en hauts spectres de dense masse totale, je te cherche dans les paroles impromptues et incompréhensibles des eaux, malgré les murmures de Doncaster, je te cherche dans les vers aléatoires qui passent en boucle dans les colimaçons de mes tympans, depuis quatre heure ce matin. Je te cherche, je ne te trouve que difficilement. Tu me manques, peut-être, mais tu es trop loin pour que je le saches avec toute l'exactitude douloureuse de la privation.
Ce sevrage forcé est possiblement chose positive, puisque j'oublie que je t'aime. Oh, ne nous faisons pas d'idées, je sais bien que je ne t'efface pas de ma mémoire aussi facilement, ce serait trop beau, mais je ne réfléchis pas continuellement à ta présence à mes cotés, à moins qu'un élément ne soit là pour me le rappeler - il y en a beaucoup, cependant.
Les rues qu'on détaille, lorsque le soleil poinde à la limite de leurs fins, reclus derrière un filtre de mal de vivre sourd, presque négligeable s'il n'y avait cette insomnie lancinante qui s'insinue dans les craques de notre santé mentale, ont une étrange teinte de déjà vu à travers mon regard épuisé par les crépuscules noires et les aurores blanches. J'ai trop senti sous mes doigts l'ossature cabossée des squelettes de douloureuses mémoires lors de ces heures matinales où le fond de l'air est à sa température la plus pétrifiante, où les cafés nettoient leurs glaces, où les amants s'endorment enfin, épuisés par leurs ébats interminables, et où les âmes en peine déambulent lentement, déboulent des boulevards vers les banlieues pour retrouver le supposé confort de leurs couvertures étriquées. Dans ces réconforts de laine, ces couvres-lit bon marché, ils pourront enfin digérer l'alcool ingéré et les erreurs accumulées, les peines collées à la peau et les baisers grafignés contre l'épiderme par des lèvres gercées de sourires contrefaits par les cheminées de Marie Jeanne et les circonférences pastel, fusil jaune ou bouches rosées.
Dans ces aurores opalescentes, je retrouve la beauté du spectre d'une perdition qui s'est dissipée dans le coma de mon autodestruction.

samedi 9 juillet 2011

Des armes, et des poètes de service à la gâchette, pour mettre le feu aux dernières cigarettes



La petite fille aux allumettes était une véritable pyromane dans la froideur irrémédiable de ses nuits psychiques.

Une cigarette au coin du bec, l'enfant attendait qu'une portière claque et qu'un monsieur sur qui jeter son mal de vivre lui propose une autre clope, puis des bonbons à lécher, une sucette à faire. Un monsieur aussi sale que son cerveau taché de la poussière d'étoiles qui lui tourbillonnait trop souvent au fond des fosses nasales, un monsieur à détester en pleine légitimité et à adorer en catimini pour les billets verts glissés sous la dentelle, un visage pour cette douleur lancinante lui tiraillant les neurones.

Elle avait tant mal de ne pas pouvoir consacrer à l'instant son eucharistie, tant qu'elle vacillait, tant que ses ongles clivés peinturés de noir s'accrochaient dans les mailles de ses bas résilles.

Comment une fillette se retrouve-t-elle en vulgaires vêtements de pute à faire le trottoir et à attendre son avènement? Lorsque, par mégarde peut-être, elle a décliné toutes les facettes grossières du mot femme en tentant de concrétiser un conte de fées renversé à l'envers.

Elle aimait bien les teintes pastels de ses anciens rêves réels, ceux au creux de couvertures douillettes et chaudes, ceux couchés dans une chambre rose bonbon mobile d'oiseaux et veilleuse d'ivoire, mais la consistance des délires postiches s'avère tellement plus particulière, bosselée, rugueuse, douloureuse quand ils se frottent aux frontières du vrai monde, douce à en rougir... Un noeud coulant de satin ébène qu'on glisse sensuellement contre notre trachée et qu'on sert pour sentir encore plus fort la servitude de notre corps face à cette sensation pratiquement organique de désir d'asphyxie... Juste à point, lorsque nos poumons sont contraints de saper les dernières lames d'oxygène, le dernières larmes d'existence hors de notre trachée comprimée, le noeud se relâche insensiblement, et accorde quelques minutes de souffrante durée qui sont encore plus planantes pour le répit chronométré qu'elles concèdent.

On ne se sauve pas de la mortification fatale lorsqu'on idolâtre les divinités nées de nos excès indélébiles; entrer en contact avec le suprême se coud à l'expérience d'hallucinations à coup de poudre de verre.

Alors elle chassait à présent ses cauchemars au fond des bouteilles de verre remplies de fées, elle déambulait dans les labyrinthes de sa conscience dont les murailles n'apparaissaient qu'une fois les circonférences acidulées engouffrées, elle se perdait dans la prière des DJs de sous-sol miteux où les adeptes prêchent et pêchent, s'illuminait du sacré sauvage des stroboscopes lui découpant le corps de leurs lamelles aux aigres lueurs. Elle avait déniché son propre culte dans le testament de sa perte, et pratiquait sa débauche avec une soif fervente d'exil de ce corps flagellé par un rythme déboîté.

...Elle est morte à l'aurore, le train à conte de fées à moitié pénétré dans le creux du coude, ses yeux bleus du ciel fixant l'infini d'un paradis conventionnel en lequel elle n'avait jamais cru. Six heures du matin, une pipe trop tard, trois petits tours et puis s'en va.


* * *


Où s'est donc dérobé Décembre dans ces cendres d'attachement que ballait le vent? Il me semble que le Printemps a tardé et que Juin ne fait que commencer, alors que le dégel de mes neurones a été pratiquement instantané, quelques journées et puis passé, sans qu'on puisse se consoler de la plus belle des mélancolies, celle de l'immobilité presque tremblante menaçant de casser sous nos pas incertains. Une rivière aux rives brodées de givre sur laquelle on esquisse quelques enjambées avant d'entendre un craquement ténu, celui d'une allumette pour nous éclairer dans la pénombre des nuits d'hiver, et nous voilà sur la rue, à chercher pareil flot de douleur sereine dans la marée de gens qui déambulent sur les boulevards commerciaux des temps nouveaux.

Les Temps Modernes. Des années, quelques millions de secondes de découverte, un rythme exponentielle qui nous a aspiré sans prévenir dans les méandres d'un matérialisme qui ne sait se défaire d'une certaine nostalgie de l'allégresse qu'on avait d'exister pour autre chose que ses PCs, avant que n'explose le moteur des aiguilles des montres, avant que des ailes ne poussent aux Ford T, avant que tu ne m'aimes pas.

J'ai moi aussi, petite fille, besoin de quelques incendies physiques pour me perdre loin de l'encrier morbide de ces crépuscules mentaux où des monstres se dévoilent sous les lames grisâtres des lampadaires urbains, où la vitesse des filaments de lumière s'étirant aux carrefours des autoroutes effraie par sa vivacité. Culte de l'accélération, de la célérité, de la promptitude. Pas le temps d'ériger des statues à ce qui est en train de mourir, nous sommes une société kleenex ordonnée.

Je quémande quelques heures de désordre, de sons trop intenses à me fendiller les tympans, de contacts violents sortis de l'immensité de mon vide. Je demande à me sentir de nouveau médiocre, il me semble que les mots s'enfilaient aisément sur le fil d'or de mes songes écrivains, il me semble que je recueillais autant de larmes que de compliments dans les bassins de douleur dans lesquels je me mirais pour détailler mes cicatrices à ces yeux suivant les pixels de ma plume. Je demande à souffrir pour être belle sur papier!

Bis, bis... Je voudrais être éclaboussée de ton dégoût de moi, encrassée de ton indifférence morbide, souillée de cet univoque désordonné qui emmêle mes songes et empêtre mes mots usuellement si faciles à dompter pour les coucher en de beaux vers sur les feuilles blanches de mes automnes mentaux. Il y a trop longtemps que le monde se meurt au fond de ma tête, quand il bourgeonne selon vos bouches dupliquées.

Crise d'épilepsie de toi, puis catatonie de l'univers entier. Tu as un poids titanesque dans ma perception des murs et des toits, des murmures et des Toi. Des plaines et des voies ferrées, des plaintes et de la voix Ferré. Chaque instant n'est qu'un second moment où, tes traits suspendus au-dessus des scènes qui défilent devant mes yeux comme une épée de Damocles, tu menaces de détruire toute la beauté de cette minute de ta vie par ton absence.

Et ce n'est pas comme si les secondes passées à tes côtés s'avéraient bien plus profitables... Qu'un éventail de sourires hypocrites, de remarques criardes et de discours au détour de ruelles. Mais si je pouvais me shooter ces instants malsains droit au coeur, crois-moi, je frôlerais l'overdose.

Qu'importe la fin selon l'intensité du voyage? Que du fond du caniveau de mes veines s'écoulent tes mots équivoques, que je leur prête une beauté éphémère qui me permettra de durer le temps d'un séjour au pays des merveilles, acide de tes émotions bouillant dans les artères de mon corps qui ne désire que toi, solution basique à l'impromptu de tes baisers. Et que brûle dans ces vaisseaux de nerfs éparpillés dans la cage de mes sentiments le poison de ton factice, le temps d'un au revoir. J'aurai au moins goûté la couleur de ta face cachée, j'aurai léché la saveur d'appartenir et de posséder réellement. Et que se défilent les heures à attendre les feux d'artifice de notre fin, que se dérobe la nano-seconde avant ton dos en contre-jour, que la Faux dévalise le fort de mes souvenirs futurs si je n'ai pu y savourer la douceur de tes yeux.

L'homme au chapeau blond que nuit.



mercredi 6 juillet 2011

Je t'aimais bien, tu sais.


J'ai pas envie j'ai pas envie j'ai pas envie j'ai pas envie j'ai pas envie j'ai pas envie, pas en vie.


Je t'ai presque aimé, hier soir, c'était curieux, à force de prétendre, on en vient à désirer vraiment connaître les arrêtes des bassins, les lames des omoplates, les striures de nos ongles dans la chaire d'un dos tendu. C'est un mensonge, évident, presque honteux, presque ridicule tellement, pour moi, sa plaisanterie est tatouée sur chaque facette de son prisme de couleurs médiocres.
Je penses à lui et ça ne me fait pas grand chose parce qu'il est si loin, peut-être est-il temps de changer de cap, hissez les voiles, charger le phoque de tempête et qu'on ne parle plus des rives calmes de tes flancs doryphores.
Je t'aimais bien, tu sais...
Je suis incapable d'écrire quelque chose qui a de l'allure.

dimanche 3 juillet 2011

Black hole sun, won't you come, and wash away the rain...




Ça recommence, s'en est presque drôle. La valse sentimentale, et les pas qui se succèdent mais ne se ressemblent pas, vos couples qui s'éloignez et revenez, vous dansez toujours en gracieux mouvements qui s'écartent, s'enfuient, m'abandonnent, je ne sais jamais si tous ces traumatismes sont intentionnels ou non, je n'arrive pas à déterminer si votre départ est paqueté, prévu et ma course effrénée sur le quai pour vous rattraper, calculée pour être un quart d'heure trop tard. Valsez, valsez, allez, vous verrez, je ne serai pas capable de suivre votre rythme, et je me perdrai ailleurs, ce n'est pas si grave, vous méritez mieux que ces gauches mouvements tentant d'imiter le bonheur d'être libre. Je ne suis pas libre.

Je ne veux pas de tes bras autour de ma taille, ni de tes lèvres dans mon cou, ni même de tes yeux fixés dans les miens. Je veux ses bouteilles et son oubli, je veux son sourire et ma condition mentale rétablie.

Alors, c'est la fin? La vraie de vraie? Ça aura pratiquement été beau. Jusqu'à la dernière minute ou tu as dû prononcer ton dédain avec toute l'exactitude qui est propre à ton ton de voix. Non mais, tout de même, tu n'aurais pas pu me laisser vivre dans ma bulle de contes de fées névrosés, tu n'aurais pas pu m'accorder le port des lunettes en forme de coeur? Elles sont cassées...

Je suis un peu redondante dans mes sujets de déblatérations, vous ne trouvez pas ? L'amour, la guerre, la haine, la douleur, bis, bis, barre périodique, année 1.1413...

Mutter. Une berceuse pour psychopathes aux coeurs brisés, crimes passionnels et roses jetées à la poubelle. Orchidées qui pourissent au fond de leurs ventricules, funérailles dans les dédales des neurones - les leurs. J'oublie parfois qui je suis, je n'oublie jamais vos visages dégoûtés. Les marques aux cuisses, la cicatrice à la hanche, le ciseau, tchac tchac, Trent Reznor.
I just want something I can never have...

Ce n'est pas de ta faute, ni de la tienne, ni de la tienne...

J'écris pour ne pas avoir mal de l'absurdité de toutes ces comptines enfantines qui jouent en boucle, à retardement dans ma tête.

vendredi 1 juillet 2011

Tomorrow's only a kettle

Caliss. 1, 2? Tralala.

But not like tonight






J'ai passé les trente minutes les plus anxiogènes depuis une décennie dans un banal véhicule au service de la ville, à me demander en boucle comment j'allais survivre à cette soirée, à me faire assaillir les neurones de spasmes de mon hippocampe rematérialisant devant mes pupilles grandes ouvertes mes mémoires de toi, qui s'enfuient déjà et que j'ai misère à retenir.

Je voudrais les garder pour me souvenir d'autre chose que de l'amer goût sous ma langue qui me colle à l'âme, le souffre collé à mes dents pour me remémorer inlassablement que j'ai touché de trop près l'Enfer, du bout de mes lèvres gercées par les respirations essoufflées, puis à pleine bouche pour ne pas en oublier la saveur.

Trente minutes, bref, à me questionner sans répit. Un seul point d'interrogation qui revenait toujours ("Comment vais-je réussir à passer quelques heures sans flancher?"), et qui s'est graduellement transformé en une certitude fataliste que je ne pouvais me décoller de l'encéphale: je ne réussirai pas à passer quelques heures sans flancher.

Chaque éventualité qui se formait entre mes deux oreilles me ramenait à ton portrait. Au fait que j'aurais bien pu essayer de l'aimer de tout mon coeur, avec toute la force de mon âme, mais que ce n'aurait jamais été les bons traits, jamais la bonne intonation, la bonne insistance... Jamais, point. Je ne pouvais que me représenter un rematch de vingt mois auparavant, où les mots viendraient directement nous empêtrer dans de sales histoires d'investissement émotionnel, et où la mésentente chronique le forcerait finalement à lâcher prise.

J'ai pleuré dans un wagon de métro, putain, j'ai essayé d'essuyer les quelques larmes qui perlaient au coin de mes yeux en songeant à la poudre bronze qui les teinteraient de reflets dorés alors que la dernière chose que je voulais, c'était une illusion de glamour dans ces billes de désespoir et de désoeuvrement.

Dans quoi est-ce que je m'embarque, caliss...

Et puis je suis arrivée. Et je n'ai pas éclaté en sanglot. On s'est lancés dans un flot de conversations, de sorte que je ne pouvais faire autrement que me laisser porter par celui-ci sans me soucier de la hauteur des vagues. J'ai oublié la noyade tant appréhendée, j'ai ignoré les menaces de la tempête. Elle n'existait possiblement même plus; pas là-bas en tout cas. Un cocon de nouvelle vie qu'il m'a expliqué bien en détails et qui est jolie.

Et quand je l'ai embrassé, miracle!, ce n'était pas toi non plus, mais bien lui, peut-être pas avec toute l'envie que je t'ai déjà portée, mais avec une quiétude insoupçonnée, reposante pour les quotidiennes délibérations interminables qui m'assaillent sur ton cas. Et je n'ai pas eu besoin qu'il dégrafe la dentelle pour qu'il me porte un regard, et il n'a pas eut besoin de le faire pour terminer la soirée. Et il ne m'a pas jeté dehors à 5 heures du matin. Miracle, non ?

J'ai oublié, avec toi et tous les autres, ce que ça signifie, le respect. Je ne peux pas vraiment t'en vouloir de toute façon, je n'en mérite pas, j'agis jarretelles et rouge à lèvres grenat, on ne s'aime pas, tralala. Mais parfois, j'aurais eu envie de pressentir autre chose que du mépris sur le bout de ta langue, tu vois. Tes excuses sont lestées d'obligations, et j'ignore s'il s'agit d'un autre masque. Je suis ton lui pour moi, tu es mon elle pour toi.

Le rythme des choses.

Notre rythme, c'est une valse à mille temps grossière, dans un sous-sol où on sent l'apocalypse de l'urgence peser et presser, alors que lui laisse la chamade des coeurs déterminer les pas.

Ainsi donc, je ne pouvais en rien t'imaginer en lui parce que ça n'a rien à voir. Tu me méprises et il m'apprécie, c'est comme ça, les visages ne s'interchangent pas dans ces conditions-là. Ça fait un bien immense, t'as pas idée.

Pas que je crois que ce soit particulièrement moi qu'il veuille... Peut-être bien qu'on est dans la même situation; un beau galimatias de songes trop empêtrés pour qu'on veuille les démêler. Alors on tisse avec un nouveau fil émotionnel une fresque pour cacher le désastre, à deux, avec d'adroites broderies de simplicité et de sourires à demi-mot, en prenant bien soin que l'autre ne s'aperçoive pas que l'ancienne murale n'a pas été détruite dans l'incendie, comme nous le promettons avec une duplication de sincérité effrayante - on se croit un peu, je crois. Et qui sait, on pourra peut-être s'envelopper avec tant d'adresse qu'on oubliera même qu'il y a déjà eu un autre portrait caché derrière le nouveau.

Dans ces conditions-là, je veux bien essayer de tomber amoureuse.

'Pas que tu en aies quelque chose à foutre de toute façon, de l'autre côté du monde...