mercredi 29 juin 2011

I wish I was special, you're so fucking special

J'espère ton nom à tous les détours de regard tout en sachant que je n'en ferais rien.
Ma vie est ainsi absurde, que veux-tu, je suis un objet écervelé, mais non pas dépourvu de cœur
.



Me calciner le cœur jusqu'à oublier les mots volatiles qui y ont fleuris, pour oublier les traits sculptés dans sa chaire tendre comme l'acajou, que j'aurais pourtant pu méprendre, pendant quelques secondes, quelques millions de parcelles d'éternité, pour le marbre des regards indifférents.
J'ai réellement songé avoir oublié comment tenir à quelqu'un, oublié la douceur des empreintes digitales qui ballaient la peau, oublié la couleur du chagrin quand on se mire dans le reflet de notre manque. Oublié comment aimer, si je l'ai déjà appris. Poupée de porcelaine désarticulée qui déboule les escaliers de verre du fragile château de cartes que représente ses émotions, j'ai fais des paris trop tôt, j'ai caché l'as de cœur au détour d'un regard, j'ai misé des sommes astronomiques en me disant que les étoiles de tes iris ne valaient pas une poussière de tous ces demi-mots. Tu te lèves de la table et je me retrouve seule avec tant d'engagements factices, tant de tentatives d'extirper de tes lèvres autre chose que ces mensonges pesés et ces vérités divulguées au compte-goutte... Je finis solo; je ne vaut même pas la peine d'une bataille pour ce qu'on y a laissé, peut-être parce que tu n'as jamais placé une seule carte à mes yeux découverts.
Pupilles nues comme le monde flagellé de nos enfances solitude. Je ne les écartèle plus pour me faire croire en la beauté de ces ruelles poisseuses, je ne travestis plus les rues en rêves de néon et les autoroutes en balises de bitum pour les âmes cherchant un échappatoire aux prisons d'acier de leurs bloc-appartements.
Le chaos, je l'aurais renié jusqu'à la chute de cet équilibre si durement acquis à coup de prestes traits de pinceaux pour dissimuler ton portrait. La fenêtre de Magritte, tu vois? Ce qui importe, c'est le complet, pas ce qu'il y a derrière la pomme; ce qui importe, c'est le rideau de fer entre nos mentalités mystérieuses, pas la consistance du désir noyé sous le filtre alcoolique des bouteilles bosselées.
Qu'importe la couleur des peaux, qu'importe les cicatrices qu'on y a gravé, les coups de couteau contre les muscles tendus de nos mémoires, qu'importe la trace des lèvres au creux d'une clavicule. Qu'importe le nom tatoué à ces nuits insomniaques, quand l'aube dissipe ses caractères pour en tracer de nouveaux. Les crépuscules peuvent bien se fondre aux lavis de mon oubli, tu vois poindre le jour à travers le vide de tes émotions alors que je me cache aux premiers rayons. La clarté du futur des autres me brûle, peut-être me suis-je mépris de la force du tien.
Méprises-moi un peu plus violemment, dactylographies contre mes côtes, à longs glissements de lames de rasoir, ces insultes sous-entendues par la prestance d'adieux muets. Récites une seule fois les paragraphes subtiles et touchants de ta vie, et je te promet que n'y figurant pas, j'oserai la douleur de l'autodafé. Je déploierai la lame d'une bougie frôlant mes veines bouillant de toi, puis mettant le feu à mes espoirs de papier de soie, je tenterai de t'oublier dans mon émoi.
Oui, très cher, je viens de déraper en m'avouant que j'étais parvenue à maintenir le cap uniquement en ignorant la lueur de ton phare. Phare d'abandon. On fait naufrage contre les récifs entourant son enceinte, peu importe la clarté de sa lanterne dans la nuit.
"Ne demeures jamais, Nathanaël." Je voudrais bien, monsieur.
Posologie, cher déserteur ?
"Du temps, mademoiselle, du temps."

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