samedi 11 juin 2011

Emmenez-moi, au bout de la terre...

Je ne suis pas humaine. Plus, en tout cas.




"Qu'est-il arrivé?"

La question qui passe en boucle dans ma tête avec le goût de bile qui me remonte de la gorge. Étendue sur mon matelas, corps en sueur d'un cauchemar alcoolique duquel je ne me souviens plus, perle de perte aux tempes, je cherche, je cherche, je cherche, au plus profond de ma tête, ce qui s'est passé, j'essaie de démêler les fils confus de mes souvenirs.

Tequila shots ! Et moi qui avait bien commencé. Never again. Je n'y comprend rien. Il y a de gros trous noirs qui aspirent mes souvenirs, les plus atroces, je crois, j'imagine. J'ai peur de demander lundi la question qui me brûle la langue. Peut-être restera-t-elle à me calciner les mots, je ne veux même pas savoir.

Pas savoir pourquoi je me noie toujours dans l'alcool pour ne pas étouffer de ma douleur; tant qu'on tient la souffrance à distance, je suis capable d'être décente, de ne pas trop boire, d'être un peu pompette et heureuse, mais ça s'arrête là, mais du moment ou j'ai mal, ah, là par exemple, il me faut satier cette envie de destruction par mille et une façons, que ce soit les corps, les coeurs ou les embouteillages et pillules. Putain.

Pas savoir aussi pourquoi j'étrique mes amitiés avec ces excès imbéciles que je regrette par la suite. Pas savoir pourquoi je me fais mal pour avoir moins mal ailleurs. On perd plus de sang à essayer de se concentrer sur une coupure qu'on s'est soi-même infligé pour ne pas regarder l'hémoragie que la vie nous a ouvert aux sentiments.

Je me suis passée le commentaire que ça finirait mal, ce soir, quand je ressentais le besoin d'écouter Love and Caring pour me détruire les tympans. What is this, Arnold. Boui boui japonais ? Quand les bars ferment et que les marins, regagnent leur bord...

C'est naz. Que deux semaines et je trainerai ça pour le reste de ma vie uniquement dans ma tête.

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