mercredi 29 juin 2011

I wish I was special, you're so fucking special

J'espère ton nom à tous les détours de regard tout en sachant que je n'en ferais rien.
Ma vie est ainsi absurde, que veux-tu, je suis un objet écervelé, mais non pas dépourvu de cœur
.



Me calciner le cœur jusqu'à oublier les mots volatiles qui y ont fleuris, pour oublier les traits sculptés dans sa chaire tendre comme l'acajou, que j'aurais pourtant pu méprendre, pendant quelques secondes, quelques millions de parcelles d'éternité, pour le marbre des regards indifférents.
J'ai réellement songé avoir oublié comment tenir à quelqu'un, oublié la douceur des empreintes digitales qui ballaient la peau, oublié la couleur du chagrin quand on se mire dans le reflet de notre manque. Oublié comment aimer, si je l'ai déjà appris. Poupée de porcelaine désarticulée qui déboule les escaliers de verre du fragile château de cartes que représente ses émotions, j'ai fais des paris trop tôt, j'ai caché l'as de cœur au détour d'un regard, j'ai misé des sommes astronomiques en me disant que les étoiles de tes iris ne valaient pas une poussière de tous ces demi-mots. Tu te lèves de la table et je me retrouve seule avec tant d'engagements factices, tant de tentatives d'extirper de tes lèvres autre chose que ces mensonges pesés et ces vérités divulguées au compte-goutte... Je finis solo; je ne vaut même pas la peine d'une bataille pour ce qu'on y a laissé, peut-être parce que tu n'as jamais placé une seule carte à mes yeux découverts.
Pupilles nues comme le monde flagellé de nos enfances solitude. Je ne les écartèle plus pour me faire croire en la beauté de ces ruelles poisseuses, je ne travestis plus les rues en rêves de néon et les autoroutes en balises de bitum pour les âmes cherchant un échappatoire aux prisons d'acier de leurs bloc-appartements.
Le chaos, je l'aurais renié jusqu'à la chute de cet équilibre si durement acquis à coup de prestes traits de pinceaux pour dissimuler ton portrait. La fenêtre de Magritte, tu vois? Ce qui importe, c'est le complet, pas ce qu'il y a derrière la pomme; ce qui importe, c'est le rideau de fer entre nos mentalités mystérieuses, pas la consistance du désir noyé sous le filtre alcoolique des bouteilles bosselées.
Qu'importe la couleur des peaux, qu'importe les cicatrices qu'on y a gravé, les coups de couteau contre les muscles tendus de nos mémoires, qu'importe la trace des lèvres au creux d'une clavicule. Qu'importe le nom tatoué à ces nuits insomniaques, quand l'aube dissipe ses caractères pour en tracer de nouveaux. Les crépuscules peuvent bien se fondre aux lavis de mon oubli, tu vois poindre le jour à travers le vide de tes émotions alors que je me cache aux premiers rayons. La clarté du futur des autres me brûle, peut-être me suis-je mépris de la force du tien.
Méprises-moi un peu plus violemment, dactylographies contre mes côtes, à longs glissements de lames de rasoir, ces insultes sous-entendues par la prestance d'adieux muets. Récites une seule fois les paragraphes subtiles et touchants de ta vie, et je te promet que n'y figurant pas, j'oserai la douleur de l'autodafé. Je déploierai la lame d'une bougie frôlant mes veines bouillant de toi, puis mettant le feu à mes espoirs de papier de soie, je tenterai de t'oublier dans mon émoi.
Oui, très cher, je viens de déraper en m'avouant que j'étais parvenue à maintenir le cap uniquement en ignorant la lueur de ton phare. Phare d'abandon. On fait naufrage contre les récifs entourant son enceinte, peu importe la clarté de sa lanterne dans la nuit.
"Ne demeures jamais, Nathanaël." Je voudrais bien, monsieur.
Posologie, cher déserteur ?
"Du temps, mademoiselle, du temps."

mardi 28 juin 2011

Do you mind if I take you home tonight, stay another day, if that's ok ?



J'ai eu quelques minutes paisibles, tout simplement sereines, à égrainer des secondes en silence, à épier le rythme de son coeur terminer sa course effrenée et à être à peine consciente de ses doigts balayant mes côtes. Quelques minutes de ce que tu ne possèdes pas. Peut-être quelques heures, je n'en sais rien.

J'ai vécu une micro-éternité du plus près de la perfection affective de ces trois-cent-soixante-cinq jours entre quatre parois aussi minces que le céllophane de mon coeur. Et tu ne le sauras jamais, crois-moi sur parole, car ce serait perdre la partie, et ce, même si je suis l'unique pion sur l'échiquier.

Mais j'ai tout de même un regret lancinant, amer, café dans les yeux, du mercure sous la langue, à savoir que tu n'auras jamais eu la certitude de toute la fascination, l'attachement s'éternisant que je te portes, et que je n'aurai jamais eu la chance de demander s'il était réciproque à un dixième. Je sais que ce n'est pas le cas, mais j'aurais voulu entendre de ta bouche que l'unique facette aimantée de ma personne était la mienne.

Le seul que j'attendais.
Ou le seul que tu osais demander?

Je ne suis pas une salope, ah bon ? Non, je ne fais uniquement que ne pas passer pour une salope, c'est différent. Messing with my head. Do you mind if I take you home tonight? One last time. Machine Gun. T'en fais pas, c'était pas de l'abus. Tu peux dormir en paix.

You do realize this is the last time this happens, right?
Oui.

This could be the last time,this could be the last time, may be the last time, I don't know!

Il était cinq heures du matin. J'ai presque espéré dormir. Il ne faisait plus si froid. Peau contre peau, âmes comme des aimants de même pôles. Peut-être. Je ne sais pas. Il ne faisait plus si froid. J'avais oublié, un peu, je crois, dans le moment. Mais il me semble que j'aurais su. Clashing lies and clashing thighs, clashing chasing changing minds.

J'ai presque espéré dormir, mais comme d'habitude, impossible. J'ai simplement écouté le bruit des existences débauchées autour de nous, qui, étrangement, ont continuées d'exister pendant deux heures trente (je crois que c'était deux heures trente). En tout cas, ce n'était pas longtemps après. Busy night.

Putain, on va se le dire comme c'est; je t'aime en caliss.


Et je sais même pas quand il déguerpit.

dimanche 26 juin 2011

I just want something i can never have

Cette soirée me fait peur, me traumatise, pas de ce que je ferai, mais de ce que je ne ferai pas, et d'à quel point cela fera mal, j'aurai mal de ne pas te posséder, de ne pas te définir, alors qu'il y a tant d'autres victimes sur la liste la liste infernale bien sur que je m'en fout, taratata, rien ne se passe rien ne se crée tout se transforme et c'est très bien merci bonsoir fermeture du rideau lignes de coke en arrière-scène on arrête le tournage on est un hotdog sur un plateau de tournage notre fille a honte de funkytown youpidou j'écris pour agir j'écris pour rien dire oui plutôt je t'aime moi non plus on s'oublie à go? ok go.

mardi 21 juin 2011

Machine Gun.



J'suis conne par moi-même, esti de cave. Ça fait mal à entendre, huh?

C'est certainement pas un ovule qui m'a rendu demême.

dimanche 19 juin 2011

Mesdames et messieurs attention, je vais vous faire une chanson



Démotivée à son paroxysme.

Il me reste 3 examens pour passer mon secondaire. Exit. Bye bye, je m'hérisse de studs ou me révelle de dentelle. Ou les deux. J'ai toujours été d'une ambigüité mélodramatique; mon visage a toujours hésité entre une expression de simplicité satisfaite et une moue de douleur réfléchie, mon coeur, entre une affection inébranlable envers le monde entier et une haine profonde que celle-ci ne soit pas récriproque, ma tête, entre un besoin de décortiquer tous les menus aspects de l'existence humaine en une quête éperdue d'intelligence et la souffrance de ne pas y parvenir dans toute sa complexité, mon futur, entre une envie de planifier jusqu'à la couleur de mes draps pour s'assurer de la perfection de mon avenir et un désir de tout foutre en l'air jusqu'au dernier centimètre carré de ma peau.

Alors putain, là, là, c'est quoi ÇA ?
"C'est votre cerveau, madame."
"Il est bleu."
"C'est qu'il manque de matière première, milady. Les cerveaux ont tendance à changer de couleur pour manifester leur manque de matière première."
"Et qu'a-t-il besoin pour redevenir fonctionnel?"
"Un peu d'amour devrait faire l'affaire."
"Et si je n'en ai pas à ma disposition? Si personne n'est prêt à m'aimer?"
"...Du temps, mademoiselle, du temps."

samedi 18 juin 2011

The angel


Du spleen, beaucoup de sourires fêlés, et quelques gouttes de sueur aux reins.
Vous fûtes un joli carnage, monsieur, une boucherie noir dentelle.
Mais peut-être est-il temps de fermer boutique et de plier bagage. Les articles s'allongent et les respirations s'essouflent.

Our time is running out



Je te veux à l'échéance de ma chute, juste avant de me fendre la nuque contre ton envie unilatérale du plaisir factice et bon marché qui coule dans mes veines. Je te veux pour que le prolapsus de mon coeur en vaille la peine, même si je me doute que ce ne sont que des excuses joliment brodées pour te vouloir, point; le krach ne sera pas plus beau si tu le dores de quelques heures de réelle perdition, il sera simplement, pour un centième de seconde, moins vain. Pour l'éternité en un claquement de doigt où ce que l'autre désir n'est qu'un abstrait composé d'ésotérisme et d'inutilité, ou les mots n'ont plus leur place dans le sifflement des respirations, il y aura un certain sens dans le mot "sans" qui se profile.

Je cours à ma perte et je perds mon souffle à la poursuivre avec tant d'entêtement. Quitte à ne pas pervertir tes neurones d'humanité, tant qu'à ne pas galvaniser un tant soi peu d'émotion, je voudrais te voir t'écraser, je me languis de te voir par terre, ne comprenant pas comment tu te retrouves à mordre la poussière; la surprise de l'impuissance face aux excès affectifs, la confiance en soi trahie, c'est la marque de cette gifle là que j'ai besoin de voir contre la peau de tes sourires inébranlables. Je suis dans la nécessité que tu ne demeures pas tout puissant jusqu'à la fin, que tu ne t'en tires pas aussi brillamment comme tu y parviens toujours.

Quand expirera cette lubie de posséder l'inaccessible? Je ne te voudrais probablement pas si cette convoitise n'était plus clandestine.

Ou peut-être aies-je tord. Je te voudrais encore, à temps plein, à corps et coeurs ouverts, et là est le danger d'accepter le possible dans nos rêves de Montaigues pervertis; il souffre, le plausible, de se voir plus réel qu'il ne l'est. Il a des lunettes en forme de coeur, le plausible, et comme dans ce clip de Manson avec un air de boîte à musique enfantine en trame de fond, mélodie des rêves romantiques de fillettes en jartelles, il se dirige à 160 km/h vers un ravin trop creux pour espérer s'en tirer. Main dans la main, nous tombons dans les méandres de nos espérances, et tant pi si on y laisse notre peau... J'aurais cru à ton attachement passé le rideau de fer de nos existences, peut-être chimérique, avant le claquement sec mais véritable de la guillotine.

Don't break, don't break, my heart... And I won't break your heart shaped glasses...

La mort authentique qui tranche l'onirisme des coeurs spéculateurs. À perte.

...Je désire pouvoir t'avilir, avant la fin, avant de casser, avant de m'admettre qu'il s'agit de plus que d'un des traditionnels tours de passe-passe dont je me suis fatiguée. Tout le monde sait que je triche, que l'As de coeur dans ma manche de dentelle a été gribouillé prestement avant de lancer les paris pour faire croire à mon affection valétudinaire. Je veux te détruire avant de m'avouer que le but premier de ce bombardement était que tu ne lèves pas l'encre de cette bataille imaginaire à savoir qui flanchera. Je suis en guerre avec mes sentiments, tu n'as rien à voir là-dedans, les shrapnels que tu lances ne sont que phrases fortuites perdues dans les vagues de mon champ de mine personnel.

De toute façon, tout le monde sait que je truque mon jeu, et ça ne dérange même pas. La reine de coeur change de roi comme le sien change de chemise Dolce and Gabbana.

Ah, et puis putain...

Je te comprend, ma petite Cécile. Il n'y a rien de beau dans l'amour jumelé au désir, et il brûle tant les doigts d'enflammer les allumettes de l'émoi, qu'on ne peut pas se soustraire de l'incendie une fois que nos mentalités pyromanes sont en possession d'étincelles affectives...

Alors je m'y noierai. Au diable le feu sacré, au diable l'explosion, les entrechocs, au diable tout ce champ lexical de cette croisade, de cet incendie éphémère... Je suis fatiguée de te détester pour ne pas t'aimer... Déguerpis, et vite, même si je ne le veux pas, même si je te supplierai de rester, déguerpis et oublies tout vite si tu t'en es déjà souvenu, oublies tout pour que je sois forcée à l'amnésie sélective.

lundi 13 juin 2011

I was born in a system that doesn't give a fuck about you, nor me, nor the life

- INSÉRER UN MONSTRE ICI -
Je vais vomir. Ou pleurer. Ou les deux.
Impossible. Impossible. Impossible.
Scindée en deux.


Je ne t'aime pas. Mieux; je te déteste. Chaque petite parcelle de ton corps, chaque cellule qui exécute une partie de la besogne pour garder ton sourire carnassier suspendu au-dessus de ces lèvres qui empestent de mots pesés pour faire mal, je la haie du plus profond de mon être.

Je ne me souviens pas.

Je ne me souviens pas, mais je peux très bien imaginer la scène; les même mots, les mêmes soupires pesés, une respiration au creux de la clavicule calculée pour dévoiler, une main qui n'hésite plus désagrafant la dentelle. Je peux bien imaginer mon assassinat - un autre. Aucune honte à tout ce que tu fais, jamais de remords pour tes agissements; j'imagine que je le cherchais, cette fois encore.

Cette fois encore... Aux autres occasions, tu vois, c'était différent. Parce que je savais comment j'en étais venue là. Certaines des motivations n'étaient pas glorieuses, certes, mais je savais qu'à quelque part, oui, je l'avais cherché, que j'avais tenté d'étrangler mon mal de vivre dans des baisers suffocants, que j'avais essayé de flouer son portrait en cernant les arrêtes du tiens... et même que, une fraction de seconde, quelques pilules en moins, je l'avais désiré.

Quelle horreur.

Mais là... . Je ne sais pas pourquoi j'aurais fais ça. Oui, j'ai des peurs à écraser, oui, j'ai des funérailles desquelles je me languis de faire mon deuil, oui, ma maison est lestée de ce mal que je croyais révolu mais qui semble toujours épier du bout des rétines pour me ressaisir et me plonger dans l'acide de mes émotions, et oui, je crois me souvenir que sous les réverbères estivaux, j'ai perçu quelque chose que je voulais voir depuis quelques temps déjà. Mais je ne l'aurais pas fait. Je me serais laissée demeurer nostalgique de l'inaccessible, de l'impossible, de l'inexistant, et tu serais parti dans la nuit noire, et moi dans mon Enfer d'encre. J'aurais rêvé, peut-être, un peu, mais pas de sexe sale et de remords évident.

Bipolaire. C'est un bien drôle de mot, et un terme utilisé à outrance, à toutes les sauces.

Tu es ignoble, ironique, indéfinissable, impossible d'atteinte, indélébile, irrespectueux, indécis, indépendant, illogique, impromptu, irritable... Indescriptible dans toute l'horreur que tu m'inspires, une peur moite et collante comme des souvenirs de goudron dans lesquels je me suis trempée les mains avant de parcourir les pages du roman de mon existence du bout des empreintes digitales. Manipulateur au plus haut point. Dégoûtant, repoussant. Narcissique, aussi. Oh!, tellement narcissique, PUTAIN! Tu possèdes le masque de tout ce que j'ai gravé dans le granit comme les visages de ce que je ne supporterais jamais. Tu possèdes la marque au fer rouge de l'incompréhension et l'absence de compassion, mais elle ne semble pas t'avoir blessé outre mesure lorsqu'on te l'a apposé. Peut-être t'es tu calciné la peau par toi-même, pour prouver au monde que ça ne t'affectait pas une seule seconde.

Et tu veux savoir le pire ? Tu me manqueras quand même atrocement. À en crever.

samedi 11 juin 2011

Emmenez-moi, au bout de la terre...

Je ne suis pas humaine. Plus, en tout cas.




"Qu'est-il arrivé?"

La question qui passe en boucle dans ma tête avec le goût de bile qui me remonte de la gorge. Étendue sur mon matelas, corps en sueur d'un cauchemar alcoolique duquel je ne me souviens plus, perle de perte aux tempes, je cherche, je cherche, je cherche, au plus profond de ma tête, ce qui s'est passé, j'essaie de démêler les fils confus de mes souvenirs.

Tequila shots ! Et moi qui avait bien commencé. Never again. Je n'y comprend rien. Il y a de gros trous noirs qui aspirent mes souvenirs, les plus atroces, je crois, j'imagine. J'ai peur de demander lundi la question qui me brûle la langue. Peut-être restera-t-elle à me calciner les mots, je ne veux même pas savoir.

Pas savoir pourquoi je me noie toujours dans l'alcool pour ne pas étouffer de ma douleur; tant qu'on tient la souffrance à distance, je suis capable d'être décente, de ne pas trop boire, d'être un peu pompette et heureuse, mais ça s'arrête là, mais du moment ou j'ai mal, ah, là par exemple, il me faut satier cette envie de destruction par mille et une façons, que ce soit les corps, les coeurs ou les embouteillages et pillules. Putain.

Pas savoir aussi pourquoi j'étrique mes amitiés avec ces excès imbéciles que je regrette par la suite. Pas savoir pourquoi je me fais mal pour avoir moins mal ailleurs. On perd plus de sang à essayer de se concentrer sur une coupure qu'on s'est soi-même infligé pour ne pas regarder l'hémoragie que la vie nous a ouvert aux sentiments.

Je me suis passée le commentaire que ça finirait mal, ce soir, quand je ressentais le besoin d'écouter Love and Caring pour me détruire les tympans. What is this, Arnold. Boui boui japonais ? Quand les bars ferment et que les marins, regagnent leur bord...

C'est naz. Que deux semaines et je trainerai ça pour le reste de ma vie uniquement dans ma tête.

mardi 7 juin 2011

You know I'm such a fool, for you...



Il me semble que ma vie est une montagne russe, ces temps-ci.
On m'a appelé pour une job et ça me fait chocker plus que sautiller de joie.
Ahhh, et pi merde.
I am the rollercoaster...
J'écouterais bien The Hours pour me suicider un peu... Haha.

dimanche 5 juin 2011

La valse sentimentale (juxtaposée avec Closer de Nine Inch Nails)




Tous ces sourires qui se défilent au profil de nos silences...

Toutes ces douleurs qui ne connaissent ni nom ni visage mais qui se cachent sous le fard de plastiques et de pointillés suivis par un bistouri agile, métallique et froid comme le coeur de celui qui l'embrassera le soir même. Monde de plastiscine, univers aux sentiments métalliques, je t'ai longtemps cherché dans les plaines d'hiver avant de m'appercevoir que nous étions perdus dans les décombres d'une ville de néon sans plus d'allumettes pour nous réchauffer. Alors on a trouvé un petit frère qui avait grandit dans un pot à cause d'un bizarre de papa. Voilà, c'est dit. Le mystère est brisé, j'suis aussi bonne pour dévoiler des intrigues que Marcel Dubé. Voles, l'oie, voles, on te méprendrait pour un paon quand on ne te voit pas et que tu ne cries pas.

Pauvre enfant qui a dégringolé des cieux en complet cravate!

Je t'ai vu tomber du ciel, et peut-être que je t'aimais déjà, mon petit ange de goudron. Mais je n'ai pas eu la force, ni la rapidité de t'attraper avant que tu ne t'écrase les ailes contre les pavés, et que tu ne te fendes les côtes, et que ton corps limpide ne soit réduit à des miettes de pureté.

On les récolta et les décadences juvéniles s'en mirent plein les narines sans se soucier que ces éclats d'os leurs taillant les sinus avaient déjà appartenus à ton coeur miroitant de bonté. On pervertit même les plus blanches roses. Tu as été sacrifié à la laideur du monde, tu as été grimpé du haut de l'échaffaud pour qu'on crache sur la dépouille de quelque chose qui ne nous avait rien fait, d'une figure de proue de la grâce divine qui n'a rien fait pour sauver les misérables existences de misère de notre Terre souillée.

Tu étais si beau qu'on a cru que tu étais tombé du Ciel, même moi, même moi je l'ai cru, alors que tu n'avais fais que te jeter en bas de ta tour à bureau, avec la ferme intention de disparaître. Tu étais trop beau pour ne pas être coupable de cette magnifiscience. On t'a donc dépecé de ton élégance, et tant pi pour toi si tu ne t'étais pas scarifié la peau jusqu'aux os; tu aurais alors été un des nôtres.

samedi 4 juin 2011

You know what I mean

Ces amours alcooliques, faméliques,
Danses chorégraphiées de faux pas
Qui se dévoilent trop tard entre les draps

Ces amours babéliques, bordéliques,
Qu'on traque une fois la nuit noire morte
Qu'on noie dans les bouches des cohortes.

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Tu me manques un peu, beaucoup, passionément, à la folie... Pas du tout.

Mais je me sens mal de te dire de partir; tu as l'air d'aller si mal, avec tes pauvres yeux déchus, tes pauvres formulations mourrantes qui s'étiolent et qui m'auraient menées les larmes aux yeux il y a quelques mois, quel dommage de te voir trépasser alors que je ne rêve que de renaître...

Nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes, pauvre chou. J'en ai plus rien à foutre de tes maux, je te monterais bien toutes les cicatrices que tu m'as laissé contre la peau de mes souvenirs mais ce serait une offrande trop coûteuse que de t'exposer ce coeur que je t'aurais volontier donné et que tu as faillis manger.

Tu ne me dégoûte pas, non, mais tu m'es dérangeant. Je suis indifférente à tout ça, tu m'as forcé à l'être, tu m'as supplié de l'être, de ne rien avoir à en foutre, que je te foute la paix, alors ne te plaint pas de tout ça... Je n'ai pas envie de verser une autre larme devant tes demandes superflues, je n'ai pas envie de sacrifier une seconde seconde à panser tes blessures. Je n'ai pas envie d'entendre parler de toi. Tu es très capable de prendre soin de toi-même, d'ailleurs tu me l'as déjà prouvé, alors s'il-te-plait, acceptes les choses comme elles sont et règles tout ça par toi-même. J'vais pas faire ta vaisselle ni plier ton linge, sacrament.

C'est lui. Lui. C'est à cause de ça que je t'adresse la parole. Tu me ménages les songes. Mais je crois que je m'en tanne, même quand tu es mon unique chapelet contre la solitude.

For the times, they are changing...

I love you, I love you, I love you anyhow...

Love, question mark.
Tu conn'?

vendredi 3 juin 2011

Indian Summer

Waw. Je suis capable d'avoir une âme diaphane.




Je t'aime bien. Je t'aime au terme de la langue où, au lieu d'avaler goulument l'amer d'une relation univoque aussi forte que la vodka qui brûle la trachée, je me délecte du sucre de ton aura. Je me permet de savourer au compte-goutte ta singularité, avec un masque neutre collé au visage, anonyme, souriant de temps en temps derrière ces bonnes manières détachées. Je t'aime du bout de la bouche pour goûter la confiserie subtile de tes humeurs qui laissent une sapidité saccharine à la lisière de ta mâchoire, et non du fond de la gorge, à la cime de l'écoeurement, là où la bile de la nausée sentimentale calcine toute la beauté d'une émotion. Je te frôle de l'extrémité de mes empreintes digitales, t'effleure des terminaisons nerveuses pour ressentir ce manque dérangeant mais pas vraiment douloureux, pour ne pas laisser de striures d'ongles dans le bunker de béton de ton coeur, de ton corps; je m'y briserais, m'y désarticulerais, à vouloir te marquer au fer rouge d'un attachement que je ne souhaite pas concrétiser. Je t'aime à l'avant-première d'une belle apocalypse, au tapis rouge d'un effondrement, sans pénétrer l'amphithéâtre, simplement jolie, grandiose, fardée et jouée de biais- une fausse prestation. Juste à la lisière de la falaise qui surplombe les rochers aux arrêtes aiguisées ou je me trancherais les veines, si j'y sautais, si je m'y lançais comme je m'y suis déjà lancée, comme je m'y suis déjà suicidée avec certitude que cette mort serait la plus grandiose et la plus spéciale que je n'aie jamais vécu (et bien elle ne l'était pas). J'ai les orteilles pointées dans de jolies souliers de ballet au pinacle de la frontière du non retour, la frontière qui délimite plus ou moins clairement le passage vers un manque souffrant, la frontière pointillée tracée aléatoirement sans bien de précision sur nos radars mentaux. On la manque si souvent... Et bien je l'ai trouvé, et je m'y positionne pour pouvoir détailler les paysages grandioses de ta personne sans en ressentir le manque maladif, la dépendance valétudinaire. Lorsque je me sens tressaillir, je m'assoie, me calme, dessine mon ennui de toi ou le trace à coup de longues lettres sans signatures, contre mes murs, contre mes bras, effacés par les vagues de mes marées affectives, attend qu'il passe, et me poste de nouveau. Je sais que tu ne perdureras pas dans mes mémoires, et c'est peut-être ce qui rend la chose si agréable; contrairement à la dernière fois, j'ai la certitude qu'il faudra quelques mois, quelques millénaires d'ennui, peut-être, mais du temps, mademoiselle, uniquement du temps, et pas de suicide, pour t'effacer de mes songes. Tu n'es pas éternel, monsieur. En un sens, ça m'assomme, probablement, mais je me console en me disant que je ne souhaiterais plus repasser par là. Plus jamais.

J'envisage de prendre la décision de ne plus jamais tomber amoureuse. Je sais, je sais, on n'est pas supposée être capable de décider si on désire ou pas dessiner un visage sur tous les moindres gestes qu'on pose en une journée, tracer d'un songe abstrait un nom effervescent dans toutes nos pensées, toutes nos paroles, mais en repensant à tout cela, je trouve tellement plus facile d'aimer de loin... Pas de promesses, de belles paroles, pas de déception. "Je souffre moins à assassiner mes pensées que mes espoirs."; bien sûr que je ne peux plus renier un certain attachement, que je ne peux pas feindre d'ignorer que son souvenir me garde réveillée par moments, mais en sachant que rien ne ressortira de ces étreintes vides via des mots insipides mais comiques, je suis capable de me délecter de cette insipidité, j'arrive à frémir de cette carence en sa présence.

Je te veux, aussi. C'est absurde, à la limite, je t'ai déjà eue. Mais il est dur de se rappeler les rainures imprécises de muscles, la peau tendue contre les clavicules, l'angle d'une mâchoire, la couleur des yeux, une cicatrice aux côtes, savoir ou imaginer chaque parcelle d'unicité d'un corps sans pouvoir se le remémorer des sens. It's the sens of touch.

Je n'ai plus peur de mes émotions, je crois. Au moment présent.

Ce qui me fait peur, ce sont leurs mots. Ses mots. Ils font naître des bourgeons non désirés au creux de mes souvenirs, font des étincelles aux bouts de mes neurotransmetteurs... Je ne veux pas d'espérance, d'optimisme... Je veux le moment présent. Un sourire au bout des doigts et une promesse non dite dans un mensonge qui est loin d'être honteux puisqu'il me rend heureuse.

Oui, je viens d'écrire heureuse. Je le regretterai, je serai contradictoire dans quelques jours, et vous savez quoi? Je m'en foue. En ce moment, je survis.



* (intermède, j'entends un gazouillement de bébé) *




Après avoir souhaité mourir plus qu'on n'a jamais souhaité d'être heureuse, après avoir passé à deux doigts de voir le vrai visage de la Faucheuse, chaque petite parcelle de plaisir donne des ailes (comme c'est drôle qu'on dise "donne des ailes" et "léger comme une plume"!). Chaque soirée ou on ne boit pas, bien ancré dans un confort réel, doux, est une victoire, chaque expiration qui ne repousse pas dans l'atmosphère le tabac de cigarettes bon marché, provoquent les plus beaux feux d'artifice au creux de ma poitrine. C'est kitsch, c'est cheesy, c'est tout ce que je m'amuse à ridiculiser, tout ce que je me suis jurée de ne jamais être... haha.

Mais vous ne pouvez savoir... Vous ne pouvez savoir. En ce moment, la vie vaut la peine d'être vécue, et il est déprimant de se dire qu'il ne s'agit que de la crête d'une vague émotionnelle, même si c'est probablement le cas.

J'étais couchée dans une salle de bain, dévisageant l'évier crasseux dans lequel je venais de vomir, et je continuais à avaler par poignées de dix des comprimés, aidée de gorgées de fort. Je voulais mourir, vraiment, et plus j'en prenais, plus je me disais qu'il fallait que je meure, parce que je n'aurais jamais été capable de regarder en face toutes ces personnes qui venaient me dévisager tour à tour, me demander ce qu'il y avait. Je ne pouvais plus prétendre le trip, je ne pouvais plus prétendre, point, et tous ces inconnus me voyaient dans cette banalité que représentait ma souffrance: je n'étais qu'un point d'interrogation de sang qui errait dans l'immensité de sa perte, avec la ferme intention de trouver le raccourci sens unique vers sa fin, sa rature.

J'avais honte de mourir, je crois. Comme il est si bien décrit dans Girl Interrupted: "Once you've posed that question, it won't go away. I think many people kill themselves simply to stop the debate about whether they will or they won't."

Il est douloureux de se poser la question. Il est douloureux de désirer ardemment la réponse de laquelle la société tente depuis notre plus tendre enfance de nous éloigner, et peut-être pour éradiquer cette peur de notre différence si évidente, on se dit qu’il faudrait le faire, maintenant, maintenant qu’on a le courage, avant de le regretter.

On conçoit les sourires d'autrui comme à travers une vitre bosselée, on ne perçoit des arcs de leur bonheur qu'une bouche grotesque peinturée tout droit dupliquée de la grimace d'un monstre, d'un clown carnavalesque et impersonnel qui ne comprend en rien la complexité déroutante et souffrante de l'existence humaine. La joie n'est qu'un simulacre abstrait à travers nos yeux, toute forme de chant n'est qu'ignoble cri agressant; bonheur n'est que synonyme de mensonge dans ce dictionnaire au champ lexical tournant autour de la Mort. Et on erre à travers le palais des miroirs, se sentant tour à tour gigantesque, prête à écraser ce monde tant méprisé de nos pieds gigantesques, puis, petit être minuscule victime de ses propres yeux qui erre dans une beauté si intense qu'elle fait pleurer de ne pas la posséder.

Ce qui est souffrant dans la splendeur du monde, c'est qu'on ne puisse en rien la posséder. On peut l'effleurer, du bout des doigts, on peut l'admirer, pleurer devant son exactitude et le sentiment d'être absolument à sa place, mais elle est si passagère qu'en croyant la serrer dans ses bras pour en ressentir toutes les nuances, on se retrouve à s'ettouffer. Le bonheur est trop vite parti en fumée. Et quand il veut serrer, son amour il le broie. Mais si la vie est bel et bien un étrange et douloureux divorce, cela veut bien dire qu'on a eut une relation assez magnifique avec elle pour dire "oui je le veux", non?

Alors en réalisant à quel point le monde est beau et éphémère, il faut se rendre à l'évidence: peu importe si tu te retrouveras mangé par les vers demain, peu importe si tu délivres des papillons de sang de tes veines de plastique, tu mourras, oui, mais après avoir goûté quelques gouttes de cette beauté. Elle s'en ira vite. Alors prends en le plus que tu peux, le plus vite possible, quand tu la vois défiler devant toi; peut-être ne sera-t-elle pas là demain, et elle te manquera.

Vivez au jour le jour et essayez de mourir demain, ou après-demain, si vous pouvez tenir le coup. Accrochez-vous aux bouquets de pissenlits et délaissez les fleurs du mal. C'est si beau, le kitsch, quand on sait s'y abandonner.