mercredi 25 mai 2011

Pulk/Pull Revolving Doors



"Siiiii tu n'étaiiiis pas lààààà, commennnt pourraaaaiiis-jeeee vivreeeeeee ?"

Très, bien, MERCI (putain de tabarnack de merde).




Il y avait un monstre caché dans sa question, qui déchirait toute forme de compliment pour ne laisser que l'inquisition loqueteuse derrière ces mots si bénignes si on ne les recousait pas pour se représenter la loque de perquisition, d'inquiétude condescendante.

Il pense surement que je n'y décelle rien, de ses petits jeux de passe-passe à la con, ces parties de marelle simplement tracées contre le bitum pour s'assurer qu,en sautant, je ne dévoile pas le reflet d'un pistolet, ces sauts à la corde pour s'assurer que je ne boite pas, risquant de m'effondrer.

Parfois, je rêverais de lui cracher au visage qu'il n'y comprend rien, malgré le cliché grotesque pour son conformisme qui dégouline de cette accusation enfantine. Mais lui sussurer, au moins une fois, qu'il est loin, si loin en arrière des dédalles de ma conscience... Il se frappe aux cul-de-sac en croyant avoir trouvé les raccourcis à mes neurones, pendant que, des kilomètres à l'avant, je lui reproche son assurance injustifiée en des notes anonymes. La vie est ainsi absurde (La vie et les conteurs d'histoire. La vie et les mangeurs de femmes.).

Peut-être lui lancerais-je ce dédain pour lui entailler la confiance d'une bonne coche de honte, qu'il ne fasse pas semblant qu'il puisse aider pour quoi que ce soit, qu'il ne feigne pas de deviner de quelconques maux sous mes phrases les plus dévouées. Peut-être le ferais-je, au contraire, pour moi, pour me libérer quelques minutes de ce fardeau de rancune qu'il me pose sur les épaules en m'étouffant de cet encadrement.

Je sais que je suis un bibelot de verre. Je le sais, merdre! Je l'ai assez répété, cette comptine douloureuse, cette prédisposition génétique à la dépression, aux ascensions et aux chutes vertigineuses coupant le souffle et accentuant le pouls à un rythme grisant par son angoisse, je l'ai assez chanté dans les nuits d'encre de mes songes suicidaires, je connais ses notes pas coeur, ses portées sont gravées dans mon ancéphale. Mais vous ne faisiez pas attention à ne pas me bardasser contre les murs de béton du monde avant de vous appercevoir que je voulais moi-même recevoir un coup, un coup atrocement trop fort, qui m'aurait fendu en milliers d'éclats de cristal - ou peut-être vous bandiez vous les yeux. Je n'en sais rien, pour être honnête, je n'avais pas la force de le voir, je devais m'être crevée le regard pour ne pas appercevoir toute l'horreur de ce monde égrotant. Mais ce que je sais, c'est que vous ne vous oposiez pas à mes douleurs tant qu'elles ne vous affectaient pas de trop près, que vous ne pleuriez pas mes désastres. Jusqu'au jour ou je me suis frappée, peut-être plus violemment qu'à l'habitude, et qu'une rainure de verre cassé m'a lézardée l'existence.

Je crois que ce qui vous dérangeait le plus, c'est que vous craigniez qu'en m'éclatant contre les pavés de vos consciences, les miettes tranchantes de mon âme déchue vous couperaient. Sinon, pourquoi avoir paniqué simplement à ce moment là? Aucun changement à l'habitude: ce n'est pas la première fois que je pleure, ce n'est pas la première fois que je vomis dans une gouttière, c'est seulement la première fois que vous devez vous habiller à minuit pour me déposer à l'hôpital.

Et maintenant, je vais mieux. Fantastique, n'est-ce pas? Je ne veux plus me faire sauter, dynamitée par mes envies destructrices. Non, merci! Même si elles sont encore là, à fleur de peau, au bout des doigts, tout juste sous l'épiderme. WARNING. Ne pas frotter, ne pas retourner, ne pas secouer: douleur dessous.

Âme fragile à l'intérieur de ce paquet de peau diaphane, os de verre sous ce plastique bosselé. Si on ne réveille pas une souris qui dort, imaginez un croque-mitaine carburant aux tourments... On le met sous sédatif, plutôt! 300 mg par jour, may have side effects.

...Je n'expose plus ma douleur en vitrine; possiblement parce que je ne la trouve plus belle. Je n'y vois qu'une tenacité pathétique à s'accrocher à mes entrailles comme un vers intestinal. Maudit poux de destin.

Quelques fois, quand elle revient, je la transcris sur des pages, parce que parfois, mise sur papier, avec de belles lettres, des mots justes, j'y retrouve son confort magnifique, sa différence ennîvrante. Je m'y mire de nouveau, et je me demande pourquoi je l'ai laissé partir. Comme un amant qu'on a aimé jusqu'à la dernière molécule de son corps, et qui s'est sauvé après qu'on lui ait offert une greffe de notre coeur 1 ; quand on le croise au détour d'une autoroute de destins humains, on se dit qu'on aimerait bien avoir continué un bout de chemin avec lui 2. Mais on sait aussi qu'on a bien fait de se jetter par la fenêtre, car son réservoir d'essence coule et il allume son briquet sans cesse pour rallumer ses micro-cheminées à destruction massive. L'explosion n'est jamais bien loin quand on joue avec le feu.

Bref, je vais mieux, surement. Je n'écris pas seulement pour me vider les tripes sous vos yeux myopes 3 ; J'écris pour exister ailleurs qu'au centre de ma propre existence. Je crée d'autres vies, dans les chambres numéro 22, 18 ou dans le couloir central, dans l'appartement, 4 heure du matin, Kym je t'aime moi non plus. Et plus elles sont réalistes, plus je les chéris et je les paufine.

Je sais, ça a l'air drôlement naze, mais je suis peut-être un peu geek sur les bords (j'veux dire, quand j'étais mioche, j'adorais le Seigneur des Anneaux. Faut un ADN spécial pour ça quand t'es une gamine). Mais ça me fascine, et ça m'occupe totalement quand j'ai envie de déverser le goudron de mes ruminations contre mes poignets scarifiés de maux inexpiables, ou inexpiés.

Alors ne viens pas, n'oses jamais, jamais, putain, m'as-tu compris, n'oses JAMAIS me voler ces univers dans ma tête. Ne me fais pas l'offense de croire décoder mon essence dans mes lignes fictives, ce serait trop facile. Ne tente même pas de penser à m'enlever le désir de prendre le clavier qui débourre mes suicides inexistants.

Car tu n'as rien nettoyé dans mon esprit, pas le jardin, pas les cachettes de bouteilles échoes vidées solo, pas un centième de ma peine; Ce que je dois à la vie, je le dois à un comprimé et à des bourgeons de passion, d'imagination, qui fleurissent de temps en temps dans mon cerveau et qui, assortis, peuvent confectionner de jolis bouquets dont le parfum exclusif me saoule assez pour oublier la grisaille carabinée de l'univers ambiant.
Je ne te dois rien, absolument rien, sinon un repentir d'erreurs et de déception vaporeuse.



1. Tiens, tiens! Référence? Ben non, pauvre naz, je te l'aurais pas donné en greffe, mon coeur, c'était un sacrifice humain en bonne et due forme, maya, du sang et une fiesta sur une pyramide. Pas de médecine qui se mette le nez là-dedans.

2. Je commence à ressembler à Grand Corps Malade, y'a quelque chose qui cloche.

3. Car ça fait un bout de temps que vous lisez ce texte, et l'ordinateur tue les yeux. Je vous ai tué les yeux (ris en silence de cette victoire subtile. Himmler dans mon cerveau.).

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