lundi 30 mai 2011

Like two strangers turning into dust




Et bien. Encore une fois, côliss.

Comment mettre un baromètre crédible à notre vie lorsqu'on n'est pas capable de nous-mêmes croire en notre valeur, même cloîtrés dans un des coins de notre conscience, verrou à double tour dans un bunker perdu en Sibérie? J'essaie de me monter une histoire ou je suis quelqu'un de bien, qui en vaut la peine, alors que dans les faits, je ne vaut pas une pichenotte dans une butte de sable. Je finirai ma vie à Montréal, études à l'UQAM, condo à Rosemont, si ça se trouve, j'aurai un chat qui s'appelera Kitty parce que j'aurai pas eu d'autres idées le soir ou on me l'a donné, je réussirai à payer mon loyer et je posséderai assez de revenu pour acheter le pétrole (qui sera pourtant très cher) pour me rendre dans un bureau pas trop moche au centre-ville, tous les matins. Fiston s'appelera Liam, comme prévu. Je serai malheureuse, mais pas trop, pour ne pas tomber dans aucune extrême. Look at me, I am old, but I'm happy... Mon cul qu't'es heureux, oui.

D'ou venait l'Empire Byzantin ? De Byzance, s't'affaire.

Il n'y aura pas de solution ailleurs. Il n'y aura pas de solution nulle part. Je traine dans mes valises mon insécurité, mon mal de vivre et mon poison contagieux de désespoir périodique (1/3 = 0,3 périodique, Emmanuelle = espoir.Désespoir périodique). Sa cruauté, sa malveillance et sa volonté de dominer toute vie. Geekie? Présente.

Il ne me dérange pas de changer, de demeurer, d'exister, de me perdre, toujours et encore... Mais reste le point d'interrogation, suspendu au-dessus de ma tête comme une épée de Damoclès prête à me trancher les mémoires, les réflexions et les ruminations. Et je suis fatiguée de voir sa courbe qui me nargue, cette serpe parfaite prête à m'aggriper le cou et capable de me trainer dans les bas-fonds de mes expérimentations pour en trouver la source, cette faucille tranchante épousant l'arc de ma gorge d'une exactitude décimale...

Le point d'interrogation ne semble pas avoir de réponse, ni même de question qui le précède pour justifier sa présence. Il est là, pendu, immobile dans le vide intersidéral de mon questionnement, me dévisage ou m'ignore, mais toujours, il est là à m'attendre, à patienter jusqu'au moment ou sa présence devient tellement dérangeante qu'elle m'obsède, et que toutes les paroles, tous les actes, toutes les couleurs du vent, ne sont que déclinaisons d'une de ses facettes.

Et bien qu'il soit discernable à un moment ou l'autre dans les destins d'autrui, la population mondiale ne semble pas lui accorder une importance capitale. Comme la mort. Elle est là, mais tant qu'ils sont capables de ne pas trop y réfléchir, elle n'est pas lancinante, elle est un pixel dans un tableau numérique.

C'est moi qui est folle, ou quoi ?

J'entend son rire se répercuter contre les paroies de mes cavités auditives; "Oui!" Hi. Hi. Hi.

"Je sais que je suis pas normale... Je le sais. Et je sais que ça dérange personne sauf moi." Minor disturbance. Passez votre chemin, badauds, Emmanuelle redevient folle. C'est une constante presque aussi récurente que le passage des saisons. Et nous qui croyions que tout ça s'était réglé avec une petite bouteille de comprimés, une fois par moi, bonheur d'occasion! Pourquoi, Bonheur d'occasion ? Je ne sais pas. Je ne me souvenais même plus de l'histoire de Gabrielle Roy, ça m'est passé par la tête, voilà tout, je ne me souviens de rien d'autre que d'anecdotes troublantes sur la vie de dictateurs déchus, c'est creep, je sais, caliss, laissez-moi ruminer mon aliénation en paix (je veux dire non ne me laissez pas toute seule j'ai vraiment trop peur de moi-même quand je suis dans les confins de mes terreurs de cendre, "j'ai peur de ce que je suis avec ou sans toi" et de tout ce que cette petitesse inflige à ma grandeur décadente).

Lorsque tu jetteras les carcasses des bouquets de mes vieilles parenthèses existentielles, souviens-toi qu'un jour, tu as voulu voir fleurir mes sourires.

Zone de turbulence mentale, veuillez attacher vos ceintures- ou prendre votre parachute, puisque les risques d'écrasement sont, pour une enième fois, considérables.

Dans ma tête, les crashs sont trop fréquents pour être investigués comme Paris-Rio. C'est peut-être pour ça qu'il y en a autant; on ne fait que compter les morts et se réjouir des quelques survivants sans se soucier des défaillances cycliques du moteur.

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