samedi 14 mai 2011

I could corrupt you, it would be easy









Bon. Je ne suis pas fan de Foglia d'habitude, je trouve qu'il a une opinion basée sur la réfutation de l'opinion des autres peu importe ce que celui-ci est, mais là... LÀ...



Ça me fait penser aux Chants de Maldoror. Avant qu'il vire fou et qu'il fourre des requins.







"[...] J'ai commencé par croire que 6 millions de Juifs avaient été éliminés par Himmler, Eichmann et quelques autres monstres. J'ai commencé par croire aux monstres. Oui, oui, il y a un lien avec ma chronique précédente. Ténu, mais je m'en fous, j'y pense depuis le début.



J'ai d'abord cru aux monstres, puis j'ai rapidement compris que ces monstres-là fonctionnaient à l'intérieur d'un système, d'une idéologie: le nazisme.



Sauf que de savoir cela ne répondait pas à la question: comment est-ce possible?



Comment a-t-on pu laisser faire cela? On ne tue pas 6 millions de personnes en catimini. C'est une opération qui requiert une logistique, du personnel. Les Allemands de la rue ne pouvaient pas ne pas le voir, ne pas le savoir.



[...] Comment est-ce possible? Toujours pas de réponse, mais on s'entend bien? Cette réponse ne peut pas être: parce que c'était un Allemand. Surgit alors une question dérangeante: aurais-je pu être ce fonctionnaire?



C'est facile de n'être pas Himmler, de n'être pas Eichmann. Mais aurais-pu être ce fonctionnaire, à Berlin, dans son bureau du commissariat des affaires pénitentiaires? Compter 2700 portons moins 340, cela nous fait 2360 portions, demain on attend un train de Hongrie qui en amènera 1700 nouveaux, 10% de pertes en chemin comme d'habitude, disons 1500...



[...] Soudainement, j'ai été fasciné par ça. Je le suis toujours. Très exactement par ça: par la minceur de la cloison entre Eichmann et moi, entre un héros et un trou-du-cul, entre le cocu ordinaire et le cocu qui tue ses enfants, entre un monstre qui dort et un monstre qui tue.



[...] Les monstres servent au moins à cela, à nous dire que nous n'en sommes pas.



[...] Le hasard m'a fait le contemporain de l'horreur des horreurs. Quand j'y pense, je ne vois pas des monstres, des tueurs d'enfants, des bourreaux, des SS dans leurs longues capotes de toile. Quand j'y pense, je vois un employé des chemins de fer d'une petite gare dans le bout de Cracovie qui passe le balai sur le quai désert. Un train et arrivé de Hongrie tout à l'heure, sont descendus des wagons à bestiaux des gens qui se serraient les uns contre les autres, des soldats les attendaient qui leur criaient des ordres. Ils les ont rassemblés et emmenés aux douches.



Le quai est maintenant désert. L'employé des chemins de fer pousse dans sa pelle avec son balai des bandages, des chiffons et un soulier d'enfant.



Quand je pense à un monstre, je pense à lui. Il est toute l'humanité ordinaire, vous, moi et le Dr Turcotte aussi."







PS. J'ai commencé un dessin avec d'une tour de Babel avec des Oussama et des Mr Assange dedans et j'trouverais ça bien chouette si leurs visages étaient pas surdimensionnés comparativement à la dite tour (je sais que ça vous passionne de savoir ça!).

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